Nigeria : en neuf ans, les exactions et crimes de Boko Haram ont fait des milliers de morts et de réfugiés

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Le 8 janvier 2018, une opération menée par l'armée nigériane dans les villages de Metele, Tumbun Gini et Tumbun Ndjamenas (région du Lac du Tachad) a permis la neutralisation de 57 membres de la secte terroriste Boko Haram et la saisie de différents armes et engins de combat.
Le 8 janvier 2018, une opération menée par l'armée nigériane dans les villages de Metele, Tumbun Gini et Tumbun Ndjamenas (région du Lac du Tachad) a permis la neutralisation de 57 membres de la secte terroriste Boko Haram et la saisie de différents armes et engins de combat. (Crédits : DR.)
En moins de neuf ans, le groupe terroriste Boko Haram a tué plus de 33 000 personnes dans les attentats perpétrés contre les populations nigérianes. Né dans le nord-est du pays, la secte poursuit ses crimes devenant un mal international affectant outre le Nigeria, le Tchad et le Cameroun, et provoquant la misère dans cette région du Continent.

Le nombre des victimes de la secte terroriste Boko Haram ne cesse de grimper au Nigeria. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement nigérian, ce groupe a tué pas moins de 33 000 personnes depuis 2009. Les autorités nigérianes expliquent que les méthodes de ces forces dissidentes sont évolutives, mais leurs attaques se font désormais par des «missions» suicides impliquant de jeunes kamikazes qui ciblent des points sensibles tels que les mosquées et les marchés.

Pas plus loin que dimanche dernier, la secte a encore frappé dans le village de Kala, en face du camp des personnes déplacées internes (PDI) à Dalori, dans l'État de Borno. Une attaque confirmée par Bello Dambatta, chef de l'équipe d'intervention rapide de l'Agence nationale de gestion des urgences (SEMA) qui a évoqué un bilan d'un mort d'une personne blessée lors de l'attaque.

Face à cette situation, l'armée nigériane semble plus que déterminée. Commandant en chef de l'opération «Lafiya Dole» le général de division Rogers Nicholas a déclaré ce lundi que l'armée nigériane a complètement battu les insurgés de Boko Haram dans le pays. L'officier supérieur qui intervenait dans le cadre de l'inauguration de la mission conjointe militaire nigériano-camerounaise à Maiduguri a ajouté que les troupes de l'opération «Deep Punch II» avaient réussi vendredi dernier à chasser les insurgés du «Camp Zairo», leur zone d'opérations.

«Mes soldats sont au cœur de l'enclave de Boko Haram, le "Camp Zairo". Les vaillantes troupes ont pris le contrôle total de la forêt de Sambisa. Nous avons brisé le cœur et l'âme du groupe de Shekau, prenant le contrôle du camp et de ses environs. Ils sont en fuite et nous les poursuivrons partout où ils iront. Cette fois-ci, il ne pourront pas s'échapper», a souligné le général Nicholas, cité par l'agence APA.

Des conséquences humanitaires qui affectent toute une région

Si Boko Haram est née au Nigeria et y a fait rage pendant de nombreuses années, ses victimes sont par contre recensées jusqu'au Cameroun et dans les autres pays de l'Afrique occidentale. La secte est devenue plus dangereuse encore depuis qu'elle a fait allégeance au groupe terroriste Etat Islamique (EI).

Au Cameroun par exemple, les dernières attaques du Boko Haram datent de la nuit du dimanche au lundi dans la localité camerounaise d'Hitawa (extrême nord), faisant six morts et plusieurs blessés, ainsi qu'une centaine de maisons, plusieurs commerces et une église incendiés. Cette localité avait accueilli en septembre 2017 près de 1 700 personnes déplacées, suite à des attaques terroristes dans la localité de Guedsinad, située à 6 km du Nigeria dans le département du Mayo Tsanaga. Là encore, les sources officielles militaires affirment que la secte perd du terrain de jour en jour.

Sur le plan humanitaire, les actes criminelles de Boko Haram sont plus dévastateurs. On parle de plusieurs milliers de déplacés dans des camps de réfugiés, livrés à des conditions de vie difficiles. Selon le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), depuis le début de la crise engendrée par le groupe Boko Haram en 2009, le nombre de déplacés dans le nord du Nigeria, ainsi qu'au Cameroun, au Tchad et au Niger a atteint pas moins de 2,4 millions de personnes. Une population qui a aujourd'hui besoin de quelque 157 millions de dollars pour sa prise en charge.

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