Accor annonce en Afrique le premier centre d'innovation en éco-lodge au monde et introduit Novotel en RDC

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(Crédits : DR)
Positionner sa marque milieu de gamme sur un marché d’Afrique francophone à fort potentiel et renforcer son influence mondiale en matière de tourisme durable. C’est ainsi qu'AccorHotels conçoit la construction prochaine de trois nouveaux Novotel en RDC et le lancement en Afrique du Sud, début 2020, du premier centre d’innovation en écolodge au monde. Deux nouveaux axes majeurs du déploiement du groupe français à travers le Continent. Les détails.

Pour davantage doper sa stratégie de développement en Afrique, AccorHotels mise une nouvelle fois sur l'écotourisme. Le groupe français prépare en effet le lancement, début 2020, d'un centre d'innovation en écolodge qui sera porté par Mantis, le spécialiste sud-africain d'écotourisme dont Accor a acquis 50% des parts en avril 2018. L'annonce officielle a été faite en marge de l'Africa Hotel Investment Forum (AHIF) qui a clôturé ses travaux ce mercredi à Addis Abeba. Leader mondial du tourisme de conservation qui a répandu son empreinte en Europe, en Antarctique et en Amérique, Mantis exploite 19 établissements en Afrique du Sud et devrait lancer sept nouveaux projets d'ici fin 2020 au Rwanda, en Éthiopie, au Ghana en Zambie et au Nigeria.

Selon le groupe, le nouveau centre d'innovation en écolodge sera situé à Sidbury dans la province sud-africaine du Cap-Oriental, un des fiefs de Mantis. Le site rassemblera cinq modèles de chambres construits à l'occasion, mêlant tentes, cabanes et technologies vertes. « Les nouvelles unités tirent parti des tendances touristiques mondiales populaires, notamment le tourisme de mieux-être, les vacances multigénérationnelles et l'écoéducation », a commenté Paul Gardiner, CEO de Mantis et l'une des têtes pensantes du projet de centre d'innovation.

En misant ainsi sur l'innovation en matière de tourisme durable, estime Mark Wills, patron Moyen-Orient et Afrique du groupe Accor, l'hôtelier français entend « poursuivre une expansion responsable qui soutient les communautés locales et protège et promeut la vie sauvage et le milieu naturel ».

Tirer parti de la classe moyenne et du tourisme d'affaires congolais

A côté, Accor a identifié la RDC comme un marché à fort potentiel et décide d'y introduire sa marque milieu de gamme Novotel dans les trois premières villes du pays (Kinshasa, Lubumbashi et Kolwezi) où le groupe français a déjà établi deux hôtels de sa marque haut de gamme Pullman. Son objectif : capter la classe moyenne montante et les touristes d'affaires dans ce grand vivier minier qui attire constamment les investisseurs du monde entier.

« L'Afrique étant le prochain marché mondial et la RDC l'une des économies en expansion la plus rapide du continent avec une classe moyenne aisée, le moment est venu de [...] développer la présence de Novotel dans ce groupe minier mondial, en misant sur le succès de la marque dans d'autres destinations africaines et en renforçant notre stratégie de développement accéléré sur le continent », a déclaré Mark Willis, PDG, Accor Moyen-Orient et Afrique.

La RDC devient ainsi le dixième pays africain à recevoir la marque Novotel du groupe Accor, après le Maroc, l'Egypte, l'Algérie, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Tunisie, le Bénin, le Tchad et le Nigeria. Sur le marché congolais, le groupe français est en partenariat avec la Compagnie hôtelière et immobilière du Congo (CHIC). Le projet porte sur un total de 337 chambres dont 115 à Kinshasa pour une mise en service en décembre 2020, 120 chambres à Lubumbashi pour une mise en service en décembre 2021 et 102 pièces à Kolwezi pour une entrée en service en décembre 2022.

Novotel

Ambition africaine

Actuellement à travers le Continent, le groupe Accor dispose de 57 hôtels en cours d'exploitation, faisant de lui deuxième plus grand hôtelier mondial actif en Afrique, derrière l'américain Marriott, selon l'enquête annuelle de W Hospitality. A partir de 2020, plusieurs autres hôtels devraient être opérationnels en Ethiopie, au Ghana ou encore au Mozambique, pour ne citer que ceux-là. Dans une interview avec La Tribune Afrique l'année dernière, Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor, annonçait bien les couleurs de cette vague d'investissement, affirmant que l'hôtelier français ne craint pas les incertitudes qui peuvent parfois planer sur les économies du Continent :

« Le continent africain - je le dis et je le répète - est le continent qui présente de très loin les plus nombreuses opportunités de croissance sur les 20 prochaines années. Je n'ai aucun doute là-dessus. La seule chose, c'est que si on veut participer à cette croissance, il faut le faire de manière protéiforme, parce que la croissance du Nigeria n'est pas la même que celle du Kenya, ni celle de l'Afrique du Sud [...] Mais en ce qui concerne AccorHotels, nous allons participer à cette croissance ».

Pour porter cette expansion africaine, le groupe Accor a également co-investi dans le private equity, avec notamment Kasada Capital Management qui a réussi, en avril dernier, une première levée de fonds de 500 millions de dollars.

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