Nigéria : le gouvernement active l'aide publique aux victimes de la guerre contre Boko Haram

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En 2015, quelque 16 000 réfugiés nigérians avaient rejoint, en deux jours, la région de l’extrême-nord au Cameroun, après avoir fui des attaques dans la zone de combats au nord-est du Nigéria.
En 2015, quelque 16 000 réfugiés nigérians avaient rejoint, en deux jours, la région de l’extrême-nord au Cameroun, après avoir fui des attaques dans la zone de combats au nord-est du Nigéria. (Crédits : HCR)
Les autorités nigérianes viennent d'annoncer une aide alimentaire de 40 000 tonnes, composée essentiellement de riz, de maïs, de sorgho et de soja, pour les victimes des affrontements entre l'armée et le groupe terroriste Boko Haram. Estimées à quelques deux millions, les victimes sont surtout des personnes déplacées dans le nord-est du pays.

Le gouvernement nigérian a décidé de venir en aide aux personnes affectées par le conflit qu'il mène contre le groupe terroriste Boko Haram. D'après un communiqué de la présidence nigériane, les autorités devraient mobiliser une aide en produits alimentaires équivalent à 40 000 tonnes et composée de riz, de maïs, de sorgho et de soja. Estimées à deux millions de personnes, ces populations vivant dans la région nord-est du pays souffrent d'insuffisance alimentaire et de famine à cause des attaques répétées de Boko Haram.

D'après le gouvernement, l'opération d'aide est évaluée à près de 8 milliards de nairas (25 millions de dollars) et consistera à distribuer 50 kilos de céréales, chaque mois à chaque famille dans la région. «Ce nouveau plan devrait corriger les multiples défaillances dans l'apport d'aide aux personnes déplacées», argumente la présidence du Nigéria dans son communiqué.  Et parmi ces défaillances, il y a surtout la prise en charge limitée des populations nécessiteuses : alors que le besoin sur place s'étend à une population de deux millions de personnes, seul un peu plus d'un million arrive à bénéficier de l'aide  internationale dirigée par les organisations internationales, à l'instar du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM).

Le HCR avait pourtant tout essayé pour éviter une telle situation, notamment en lançant un appel à la mobilisation de fonds. «Le risque d'un nombre de morts massif provoqué par la famine parmi les populations de la Corne de l'Afrique, du Yémen et du Nigéria s'accroît», avait déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d'une rencontre avec la presse à Genève en avril dernier. Selon lui, la situation était déjà très grave et il faille tout faire pour éviter pire que les situations déjà connues. «Il faut éviter à tout prix que cela se répète», avait ajouté le porte-parole, indiquant que cette crise alimentaire aurait pu être évitée.

Combler le vide laissé par le PAM

La décision des autorités nigérianes de venir en aide aux populations déplacées est intervenue à la suite de l'interruption de l'aide alimentaire du PAM, destinée à 400 000 personnes dans la région nord-est du pays, en raison de l'insuffisance de financement. «Initialement, nous voulions venir en aide à 1,8 million de personnes cette année. Toutefois, par manque de financements, le PAM a dû élaborer un plan d'urgence», a affirmé le coordonnateur adjoint pour les opérations humanitaires de l'ONU au Nigéria, Peter Lundberg. Une manière de signifier que son institution n'avait pas de choix.

En effet, il y a quelques mois, le PAM avait annoncé qu'il allait avoir besoin d'un milliard de dollars pour venir à bout de la crise humanitaire qui sévit au nord-est du Nigéria. Malheureusement à ce jour, à peine le quart du montant a été mobilisé.

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