La Côte d’Ivoire se prépare à stopper les exportations de cacao non tracé vers l’Europe dès 2025

Le Conseil café cacao tente de faire en sorte que les acteurs de la filière soient tous prêts à observer les nouvelles exigences du partenaire européen d’ici la fin de l’année en cours.
Ristel Tchounand
(Crédits : DR)

« A partir de janvier 2025, la Côte d'Ivoire n'enverra plus de cacao vers l'Union européenne, si elle ne connaît pas l'origine du cacao », a annoncé Fadiga Deyé Mamadou le délégué régional du Conseil café cacao du Haut-Sassandra, lors d'une rencontre avec les acteurs de la filière ce 23 janvier à Ganoa, expliquant que cette mesure répond à une exigence de Bruxelles, rapporte l'agence ivoirienne de presse (API). En avril 2023 en effet, le Parlement européen a voté une loi interdisant l'importation au sein de l'UE de certains produits et marchandises dont le cacao et le café s'ils sont issus de terres déboisées après décembre 2020, afin de répondre aux défis liés aux changements climatiques.

Booster le commerce vers l'UE

Premier producteur mondial de cacao avec environ 2,2 millions de tonnes par an, la Côte d'Ivoire est naturellement un important fournisseur de cacao pour l'Europe. Entre 2010 et 2020 à titre d'exemple, les exportations ivoiriennes vers l'UE sont passées de 3 milliards d'euros à 4,2 milliards d'euros, le cacao pensant considérablement dans la balance. En raison de la fertilité de son sol, le Haut-Sassandra est considéré comme « le deuxième front pionnier de production » du cacao et du café dans le pays, selon une étude de l'Institut de Géographie tropical relevant de l'Université Félix-Houphouët Boigny.

Dans un an, les Ivoiriens entendent expédier vers l'UE un cacao tracé et durable, incluant la géolocalisation des parcelles de production qui devraient être hors zones de forêts classées, la traçabilité des ports d'embarquement, l'absence de travail des enfants... Pour le Conseil café cacao, l'objectif de ce travail d'information auprès des acteurs de la filière cacao est de favoriser une augmentation des exportations de cacao ivoirien vers les pays européens.

Les questions de traçabilité et de durabilité de la filière cacao ont fait l'objet de longues tractations entre la Côte d'Ivoire et l'Union européenne ces dernières années, Abidjan -aux côtés de son allié ghanéen - cherchait surtout à répondre aux enjeux économiques et stratégiques, c'est-à-dire les revenus des cultivateurs - auxquels ils voulaient faire contribuer les multinationales - et la maitrise du marché. En septembre dernier, une délégation composée d'officiels et d'industriels ivoiriens étaient à Bruxelles pour présenter les efforts entrepris pour la traçabilité et la durabilité du cacao ivoirien et négocier une plus grande fluidité des exportations vers l'UE. L'actuel travail de sensibilisation des producteurs relancé dans le Haut-Sassandra devrait se poursuivre dans les autres régions de production de cacao du pays afin que la filière soit entièrement prête d'ici la fin de l'année en cours, selon Fadigga Déyé Mamadou.

Ristel Tchounand

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