UMOA : le duel Société Générale - Bank of Africa sur le marché bancaire

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(Crédits : Reuters/DR/LTA)
Au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), deux groupes bancaires bataillent. Numéro deux du marché après l’indétrônable Ecobank, le français Société Générale est talonné par le marocain Bank of Africa (BOA) qui le challenge cependant dans bien de domaines.

C'est le constat qui frappe à l'examen du dernier rapport de la Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) récemment publié et qui dresse un tableau complet du secteur. Société Générale, numéro deux du secteur qui, grâce aux activités de cinq entités dans la région s'accapare 10,1% de part de marché en 2018. Egalement deuxième employeur (9,1% des effectifs) du secteur dans la région, le géant français est cependant talonné par le groupe marocain Bank Of Africa (BOA) qui, grâce à ses sept implantations, en détient 9,6% mais se démarquent dans bien d'aspects.

En effet, BOA devance considérablement son confrère français en matière de guichets (8,5% contre 4,6%), de guichets automatique bancaire (7,8% contre 5,1%), en termes de nombre de comptes bancaires (17,3% contre 10,5%) et de part dans le résultat net global provisoire au titre de l'exercice 2018 (14,8% contre 11,9%).

Banque UMOA

L'indétrônable Ecobank

Dans l'ensemble, Ecobank se montre indétrônable pour la énième année consécutive. Avec huit établissements au sein de l'UMOA, 13,2% des actifs bancaires de la région, 21,2% des guichets automatiques bancaires (GAB) disponibles, 9,6% des effectifs du secteur et surtout 17,7% de du résultat net global du secteur, le géant panafricain basé à Lomé (Togo) reste le premier groupe bancaire de la région, selon le rapport de la Commission bancaire de l'UMOA.

Globalement cependant, 29 banques opèrent dans la région selon la Commission bancaire de l'UMOA. Elles affichent, en 2018, un résultat net en hausse de 24% à 456,9 milliards de Fcfa, un total bilan amélioré de 6,8% à 37 752,9 milliards de Fcfa, tandis que le produit net bancaire affiche 1 969,1 milliards de Fcfa, boosté de 6%.

Forte concurrence

Actuellement, la plupart des groupes bancaires actifs dans l'UMOA cherchent à renforcer leurs assises dans un contexte fort concurrentiel. Implanté en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Bénin et au Togo, le groupe Société Générale a bien senti la reconfiguration du marché ces dernières années. « Il existe en effet une très forte concurrence panafricaine : marocaine, nigériane et sud-africaine en particulier, qui s'est développée ces dernières années avec parfois, des stratégies de croissance très agressives qui nous ont bousculés », reconnaissait dans un entretien avec La Tribune Afrique en octobre 2018 Alexandre Maymat alors patron Afrique.

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En effet, le rapport de la Commission bancaire de l'UMOA illustre bien cette réalité. Trois banques marocaines figurent dans le Top 5. Emboîtant le pas à BOA, Atlantic Business International (ABI), filiale de Banque centrale populaire (BCP) et Attijariwafa Bank sont respectivement quatrième et cinquième avec 9,3% et 7,52% de part de marché. Et la multiplication récente des acquisitions de ces banques et leur positionnement sur des projets stratégiques démontrent qu'elles visent le leadership sur le marché bancaire. Si NSIA Bank du tycoon ivoirien Jean Kakou Diagou connait quelques déboires récemment, Coris Bank International (CBI) de l'homme d'affaires burkinabè Idrissa Nassa avance bien. En moins de dix ans, le groupe s'est développé dans toute la région et affiche un certain dynamisme. Début Novembre, il doublait le capital de sa filiale sénégalaise. Oragroup, actuellement septième groupe bancaire de l'UMOA avec 4,8% des actifs, s'apprête à lever à nouveau 53 millions d'euros pour son développement, après son entrée en bourse spectaculaire à la BVRM l'an dernier.

Avantages concurrentiels

Dans ce contexte, le géant français de la banque tente de se « réinventer » en misant sur ses avantages concurrentiels. « En tant que banque internationale, nous sommes plus sophistiqués dans les offres que nous pouvons offrir à nos clients africains et mieux connectés que les banques africaines au reste du monde. Nous avons un meilleur accès aux marchés des devises fortes comme l'euro ou le dollar », faisait valoir Maymar, soulignant toutefois les impératifs en matière de marketing et de compréhension de l'évolution du marché bancaire local. Récemment, le groupe a multiplié les initiatives, notamment dans les pays de l'UMOA comme en Côte d'Ivoire où elle teste sa première offre de banque privée. Une offre de portefeuille électronique « Yup » vise à favoriser l'inclusion financière, la banque s'est davantage engagée dans le financement des infrastructures et dans l'autonomisation des femmes en financement leurs projets d'entreprises.

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Mais de plus en plus c'est cette dimension internationale ou de « connexion au reste du monde » que les groupes bancaires panafricains dont les marocains cherchent à construire. Présent dans tous les pays de l'UMOA à l'exception de la Guinée Bissau, Bank Of Africa -primé en octobre 2018 par l'agence de notation extra financière Vigeo Eiris en tant que groupe bancaire aux meilleures pratiques RSE en Afrique- vient de boucler l'arrivée dans son capital du fonds d'investissement britannique CDC Group. Fauché récemment par l'explosion de ses coûts d'exploitation, le groupe marocain parie sur cette nouvelle levée de fonds et plusieurs autre mesures internes pour garantir la pérennité de son développement.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2019 à 19:51 :
Les banques marocaines en terme de service, c est une catastrophe à croire que ce mot n existe pas dans leur langue. Si vous n avez besoin de rien et que vous aimez payer des services une l on ne va jamais vous expliquer, allez chez eux sinon fuyez...

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