Après le Nigeria, Madagascar augmente le SMIG de 18%

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(Crédits : Reuters)
Pour honorer cette promesse de campagne Andry Rajoelina a entamé par le biais de son ministère du Travail, des discussions avec le patronat et les syndicats. L’objectif était d’offrir aux travailleurs une revalorisation du SMIG en guise de cadeau du 1er mai, Fête du travail. C’est désormais chose faite. A l’unanimité, le conclave tripartite a avalisé une augmentation de 18% du salaire minimum dans le pays. Un nouvel acquis des travailleurs même si les syndicats rappellent d’ores et déjà qu’il sera insuffisant pour améliorer les conditions de vie des employés.

C'est une promesse de campagne sur laquelle Andry Rajoelina a insisté dans son discours-bilan pour ses 100 premiers jours au Palais d'Iavoloha, le palais présidentiel de Madagascar. Sans doute le président voyait déjà l'issue des négociations entamées depuis le 30 avril pour faire aboutir sa promesse d'augmenter le salaire minimum à Madagascar, comme le Nigéria qui avait annoncé une mesure similaire.

18% de revalorisation après négociations

A l'issue de négociations entre le patronat et les syndicats avec le ministère du Travail comme facilitateur, le SMIG est passé de 169.000 ariary (monnaie locale, 42 euros) à 200.000 ariary (50 euros), soit une augmentation de 18%. Au-delà d'une obligation légale du Code du Travail qui impose une révision périodique du SMIG sur la base de l'évolution des comptes de la Nation, de la conjoncture économique et des prix à la consommation, cette nouvelle hausse a dépassé la fourchette de 5 à 10% de revalorisation des précédentes années.

« Cette nouvelle révision du salaire minimum est une bouffée d'oxygène pour les salariés malgaches et contribuera, ne ce serait-ce qu'un petit peu, à l'amélioration de leur niveau», a réagi Andry Rajoelina à l'annonce de la nouvelle augmentation qui devrait être entérinée par un décret d'application. Pour faire passer cette mesure qui a constitué le slogan des marches de la Fête du Travail, le président malgache a annoncé dans la foulée une série de mesures telles que la suppression de l'impôt sur le revenu salarial, sur 20 heures d'heures supplémentaires et une exemption pour les revenus en dessous de 350.000 arriary, entre autres mesures fiscales.

«Cette hausse, c'est un cadeau et on le prend. Mais ce qu'on dit aussi, c'est qu'avec ces 200 000 ariarys, un travailleur gagne 1,75 dollar par jour donc on est toujours en dessous du seuil de pauvreté qui est de 1,90 dollar. Quoi qu'il en soit, on va bien surveiller l'application de cette mesure. Il faut que tout le monde respecte la loi», a réagi Fetra Harinoro, secrétaire générale adjointe de la Confédération générale des syndicats des travailleurs de Madagascar dans une déclaration reprise par nos confrères de RFI.

Un cadeau qui ne soulage pas

Il faut dire que cette nouvelle hausse du salaire minimum ne suit pas la courbe ascendante des prix des denrées sur la Grande-Ile, objet d'une flambée difficilement tenable pour certains ménages. «Ce nouveau salaire minimum ne soulagera pas définitivement le quotidien des salariés à Madagascar, mais il s'agit d'une étape franchie», a concédé Rémi-Henri Botoudi, le président du syndicat chrétien de Madagacar. Tout comme ses collègues syndicalistes, il espère d'abord que cette hausse et les mesures qui l'accompagnent seront appliquées dans l'attente de la nouvelle revalorisation.

Au nom du patronat, Noro Andriamaonjiarison, le patron des patrons, se dit satisfait de l'issue des négociations. « Les attentes des chefs d'entreprises ont été entendues. D'une part, il y a la volonté de revaloriser le salaire minimum. Mais il est également nécessaire de tenir compte de la productivité de l'entreprise». Un jeu d'équilibriste qui vient couronner une promesse présidentielle.

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