Madagascar : pari gagné pour Rajoelina, de nouveau aux commandes de la Grande île

 |   |  952  mots
(Crédits : DR)
C'est un «come-back» réussi pour Andry Rajoelina qui recueille 55,66% des voix, selon la Haute Cour Constitutionnelle qui a confirmé hier après-midi les résultats de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le candidat du Mapar l'emporte assez nettement sur Marc Ravalomanana. Dix ans après son accession au palais d'Iavoloha, il revient au pouvoir, âgé seulement de 44 ans...

«Est déclaré élu président de la République Andry Rajoelina», a annoncé hier après-midi Jean-Eric Rakotoarisoa, le président de la HCC, mettant ainsi un terme à une élection qui a tenu les Malagasy en haleine pendant près de deux mois. Après avoir rejeté les 305 requêtes en annulation déposées par le camp de Marc Ravalomanana, la Haute cour constitutionnelle a donc entériné les chiffres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), consacrant Andry Rajoelina à la tête de l'Etat avec 55,66% des suffrages.

Lire aussi : Entretien exclusif : Andry Rajoelina se dit prêt à remettre Madagascar sur les rails

Dans la soirée, Marc Ravalomanana qui avait multiplié les appels au rassemblement de ses supporters pour dénoncer des fraudes massives sitôt les résultats de la Ceni rendus publics, ne s'était pas encore prononcé. Entre les festivités de fin d'année et l'avance assez nette de son adversaire dès les premières estimations de la Ceni, les appels aux manifestations du candidat malheureux, avaient péniblement réuni quelques centaines de personnes place du 13 mai, théâtre d'épisodes sanglants de mémoire malagasy...

A l'issue du second tour, le quartier général du TIM avait organisé une cellule de crise et les électeurs de Ravalomanana s'étaient régulièrement donné rendez-vous devant le parvis de l'hôtel de ville de Tananarive, avant d'être dispersés à plusieurs reprises par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

Toutefois, en dépit de ces contestations, les observateurs internationaux ont validé le bon déroulement du scrutin tout comme les Nations-Unies qui ont qualifié cette élection d'«inclusive» et enfin, hier la HCC a définitivement confirmé les résultats de ces élections présidentielles, rejetant toutes les requêtes du parti de Marc Ravalomanana.

Une défaite assez nette pour « Dada » Ravalomanana

L'ancien président de Madagascar (2002-2009) sort perdant de cette élection, nettement distancé par son adversaire. A l'âge de 69 ans, c'était vraisemblablement l'une des dernières tentatives de «Dada» («papa» en langue locale) pour revenir au pouvoir. Les Malagasy ont voté, ils ont choisi sinon la nouveauté, du moins la jeunesse d'«Andry TGV».

A travers une campagne menée tambour battant sur toute l'Île, Ravalomanana s'était défendu bec et ongles pour atteindre la magistrature suprême. Il avait ensuite contesté les pratiques de la Céni l'accusant de fraude dès le premier tour, avant de retirer ses plaintes «dans l'intérêt supérieur de la nation». Lors du second tour, le candidat s'était indigné de la publication des résultats provisoires sur le site de la Ceni, qui donnaient une large avance à son adversaire, tout au long du dépouillement. Les résultats repris dans toute la presse internationale présentaient alors Rajoelina comme le grand vainqueur de ces élections dès le lendemain du second tour, au grand damne du parti TIM.

Lire aussi : Madagascar : mobilisation en baisse au second tour des présidentielles

Dans l'attente du verdict de la Ceni, Marc Ravalomanana criait au scandale, stigmatisant la presse étrangère jugée partisane. Le visage de l'une des correspondantes locales de RFI est projeté sur écran géant lors du meeting du 3 janvier dernier dans la capitale, laquelle préfère alors quitter le stade à la hâte.

Contactée par notre rédaction le lendemain, le parti de Ravalomanana lui aurait présenté des excuses. La journaliste assurant ne pas s'être sentie menacée depuis cet épisode, explique qu'il s'agissait davantage d'une critique globale des médias internationaux que d'une attaque personnelle. Marc Ravalomanana avait d'ailleurs appelé à la retenue, pour éviter toute forme de violence, à l'occasion des derniers rassemblements de Tananarive.

La légitimité par les urnes d'Andry Rajoelina

Malgré les contestations des supporters de Marc Ravalomanana, c'est bien «Andry TGV» qui, à l'âge de 44 ans, devient (une fois de plus) le plus jeune président d'Afrique, et dans la soirée du 8 janvier, l'ambiance était à la fête au quartier général de Rajoelina.

L'ancien chef de la Transition (2009-2014) peut se réjouir car la marge confortable sur son adversaire lui procure une certaine légitimité à l'extérieur, relayant un passé controversé au second plan des priorités de la communauté internationale, rassurée par le déroulement d'une élection sans heurts ni violences notables.

Le candidat du Mapar n'a pas ménagé ses efforts pour redorer son image, tant à Madagascar lors d'une campagne intensive, qu'à travers ses relais extérieurs activés depuis l'Hexagone, via notamment l'Initiative pour l'émergence de Madagascar lancée au petit Palais de Paris début 2018.

«Je suis le Président de tous les Malagasy. Ils ont choisi le patriotisme et le développement. Merci à tous ceux qui ont contribué à cette élection et à M. Ravalomanana qui m'a félicité après l'audience. Maintenant, mettons-nous au travail pour Madagascar !», pouvait-on lire hier soir, sur le compte twitter d'Andry Rajoelina. Et le nouveau président aura « du travail » pour relever un certain nombre de défis structurels et rendre la reprise de la croissance malgache plus inclusive. Vaste défi pour ce pays abonné au top 5 des pays les plus pauvres du monde depuis des années...

Lutte contre l'insécurité, autosuffisance alimentaire, exploitation des ressources naturelles (métaux précieux, gaz, pétrole...), développement du secteur touristique et des infrastructures mais aussi lutte contre la corruption sont autant de priorités inscrites au programme d'Andry Rajoelina qui se dit «prêt» à relever le défi de la pauvreté dans les cinq prochaines années ! La cérémonie d'investiture se tiendra le 19 janvier à Tananarive.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/01/2019 à 19:11 :
Rajoelina...il et ses mignons vendaient de l herbe à lhostel Hilton
France..
Dehors les romains😆
Et une pub de l'armée française ki s'affiche😕
Allez vous faire mettre les makaroni😊
a écrit le 09/01/2019 à 15:06 :
Maintenant, la France devrait porter l'effort pour aider cette magnifique ile à émerger un peu plus économiquement et socialement, et ça passe la sécurité, l'éducation et les infrastructures, et privilégier les investissements productifs à Madagascar plutôt que les échanges imports matières premières et exports (ou ré-export) produits finis.
COP 21 22 etc.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :