Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde : 25 ans après, la ferveur populaire reste intacte et l'impact sur la ville se confirme

 |   |  903  mots
La ville de Fès au Maroc accueille la 25éme édition du Festival des Musiques sacrées du Monde du 14 au 22 juin 2019.
La ville de Fès au Maroc accueille la 25éme édition du Festival des Musiques sacrées du Monde du 14 au 22 juin 2019. (Crédits : DR)
Fès vibre jusqu'au 22 juin aux rythmes de la 25ème édition du Festival des Musiques Sacrées du Monde, animée par des stars mondiales de la culture soufie et des musiques sacrées du Maroc et d'ailleurs. Le festival, désormais partie intégrante de l'âme de Fès, a contribué à rehausser l'image de la cité millénaire. Il s'intègre dans un plan global de développement économique de la ville engagée dans un processus de réhabilitation de son patrimoine culturel.

25 ans après le lancement du premier Festival de Fès des Musiques des Sacrées du Monde, l'engouement ne faiblit pas. L'édition 2019 placée sous le thème « Fès, à la confluence des cultures » est exceptionnelle à plusieurs titres. La rencontre coïncidence avec la célébration des 20 ans de règne du Roi Mohammed VI. Deux décennies au cours desquelles Fès a bénéficié d'un programme de réhabilitation de son patrimoine matériel et immatériel, à l'origine de l'amorçage d'un renouveau socio-économique. L'édition 2019 se distingue aussi par sa riche programmation. En 9 jours, des artistes émérites ont mis en scène différentes musiques du monde.

Lire aussi : Maroc : le festival Gnaoua revendique l'héritage africain et stimule l'économie inter-continent

Le 14 juin, la soirée inaugurale a mis en scène « Fès, mémoire du futur », en présence de la Princesse Lalla Hasnaa. Le Week-end, c'est au tour du Libanais Marcel Khalifa et du Britannique Sami Yusuf de mettre le feu sur les esplanades de Bab Al Makina. Devant son public en liesse, l'artiste britannique a rappelé l'importance de transmettre la musique sacrée aux générations futures. « Nous allons présenter des poèmes, rythmes et mélodies mystiques héritées d'anciennes générations que nous avons composé en musique contemporaine. Les musiques sacrées sont l'échelle de la terre vers le ciel », a déclaré Sami Yusuf sur scène.

Le public a aussi eu droit aux prestations de la troupe Anuna - Chants sacrés d'Irlande, celle de Sahar Mohammadi et Haïg Sarikouyoumdjian de perse. Au total, 20 autres artistes en provenance des 5 Continents vont se relayer sur scène. L'Afrique sera mise à l'honneur par les prestations du Sénégalais Youssou Ndour et du Ballaké Orchestra malien sous la direction du maitre Ballaké Sissoko. Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde a été conçu dans le cadre d'un vaste plan de développement qui au fil des années a contribué à insuffler un nouveau dynamisme à la ville ancestrale.

Fès entre restauration de son patrimoine culturel et embellie touristique

Au cours de ces dernières années, Fès a bénéficié d'un ambitieux programme de réhabilitation de 27 monuments avec un impact positif sur le secteur touristique. Cette sauvegarde mémorielle a redonné vie à ces monuments rénovés dans le centre-ville historique : des medersas, des ponts et murailles, des tanneries, un souk, une bibliothèque et un mausolée, des demeures et une ancienne banque entre autres. En sus, un programme complémentaire de mise en valeur de la médina sur la période 2018-2023 a mobilisé des investissements estimés à 583 millions de dirhams (environ 59 millions de dollars). L'objectif est de restaurer plusieurs monuments historiques et sites emblématiques, une trentaine d'espaces de sociaux (fontaines, hammams et lieux sanitaires), une dizaine de lieux de culte comme les mosquées et écoles coraniques et 39 lieux d'artisanat ainsi que le réaménagement 15 sites urbains et la réhabilitation de Dar Al Makina qui accueille les grandes prestations de ce Festival des musiques sacrées.

fès

A ces aménagements, s'ajoute un programme d'aménagement de parkings, de réhabilitation des espaces publics, et d'installation d'un dispositif d'information au budget de 400 millions de dirhams soit 41,3 millions de dollars. Les deux projets au coût global de 983 millions de dirhams (102 millions de dollars) se font dans la continuité des initiatives précédentes. Le tout soutenu par un programme de désenclavement des régions centrales du Maroc, grâce notamment au transport aérien.

140 rotations hebdomadaires de l'aéroport Fès-Saïss ont connecté la ville à des capitales européennes pour un tarif moyen de 100 dollars aller-retour, selon l'Office national des aéroports (ONDA), contribuant à positionner Fès comme destination touristique. En 2017, Fès a connu une hausse record de près de 40% des nuitées par rapport à 2016, cette hausse a été de 35% 2018 comparé à 2017, selon les chiffres de l'Observatoire national du tourisme (ONT). A la fois ville touristique, millénaire, carrefour du savoir, Fès doit également résoudre des problèmes inhérents aux villes modernes et liés à la création d'emplois, à l'immigration, à la gestion des espaces urbains et à l'environnement.

« Fès, à la confluence des cultures »

forum fes

Des défis sur lesquels se sont penchés les experts lors du Forum de Fès les 15 et 16 juin. Parmi les intervenants, le Franco-sénégalais et député européen Fodé Sylla, la militante Tunisienne Faouzia Charfi, le philosophe François Martinet, le professeur Abderrahmane Tenkoul et plusieurs autres penseurs marocains et étrangers.

Les interventions ont été axées sur la connaissance de l'autre, les prérequis d'une reconnaissance mutuelle entre les cultures, les modes de vies dans les cités traditionnelles et les valeurs spirituelles de respects sous-jacentes. Les intervenants ont également discuté des défis qui se posent à la ville qui doit conserver et valoriser son histoire, concilier son monde jadis à ses réalités actuelles sans tomber dans le repli identitaire à l'heure de la mondialisation.

« Que les croyances, les langues, les histoires, les modes de vie ainsi que les us et coutumes soient différents, elles n'en constituent pas moins des sources inépuisables de sagesse, de paix et potentiellement de prospérité », a déclaré Driss Khrouz, DG du Festival au forum.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :