Jaouad Chami : « Le Salon international de l'agriculture au Maroc est un catalyseur pour l’agrobusiness africain »

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(Crédits : DR)
La 14e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) se tient à Meknès du 16 au 21 avril. Dans cet entretien, Jaouad Chami, commissaire de cette messe annuelle de l’agriculture, revient sur les grandes lignes de l’événement et livre son analyse de l'évolution du secteur de l’agrobusiness en Afrique.

La Tribune Afrique : Quelles vont être les grandes lignes du SIAM cette année ?

Jaouad Chami : Les chiffres clés de l'édition précédente nous encouragent pour une nouvelle édition toujours meilleure. Tous les services sont améliorés et notre ambition reste la satisfaction de tous les partenaires et les participants.

Avec une distribution intelligente innovante des différents espaces couverts, l'accent cette année est mis sur une visibilité stratégique pour les exposants et une équation confort/sécurité de parcours pour les visiteurs.

La thématique «L'Agriculture, levier pour l'emploi et avenir du monde rural» met en avant le rural dans sa globalité, en parfaite phase avec les directives royales et les enjeux socio-économiques du Maroc. Elle offrira l'occasion d'aborder un volet essentiel, non seulement du secteur, mais en induisant une problématique vitale pour le pays, celle de l'emploi, ajoutant à cela qu'elle répond aussi à la nécessité d'assurer au monde rural un développement équilibré, harmonieux et durable en intégrant une approche économique, sociale et spatiale.

Un focus sur le Bio et un accent sur les mises en relation et BtoB ; et bien sûr un pôle Produits du terroir encore plus attractif ; des conférences de haut niveau et des ateliers de formation,... Le SIAM reste un facilitateur de connexions fructueuses.

La Suisse est à l'honneur. Y a-t-il des raisons particulières à cela ?

Avec son histoire initiée en 1291, quatre langues officielles et une situation géographique unique au cœur de l'Europe, c'est en effet l'une des économies les plus compétitives au monde.

Les apports de l'agriculture ne sont pas uniquement économiques. Grâce à ce secteur, près de la moitié du territoire est exploité et le paysage préservé tout en fournissant plus de la moitié des biens alimentaires consommés en Suisse. Tout en conservant son authenticité familiale, l'agriculture suisse est aussi -grâce à la recherche et la technologie- un secteur moderne et innovant,dans le respect de l'environnement. La Suisse consacre chaque année plus de 18,5 milliards de francs suisses [plus de 16 milliards d'euros, NDLR] à la recherche et au développement, soit près de 3% de son PIB. De plus, la Suisse, leader de la production agroalimentaire, occupe également le peloton de tête du bio en matière de consommation de produits par habitant.

Avec une coopération mûrie depuis plus de 60 ans, la qualité des relations et les réalisations achevées sont le témoin tangible de la forte relation entre ces deux pays, notamment le Projet d'accès aux marchés pour les produits agroalimentaires et du terroir [PAMPAT]. C'est le 7e investisseur au Maroc et c'est un modèle pour l'agriculture non extensive.

Sur les 1 500 exposants et 72 pays attendus cette année, quelles sont les proportions africaines ?

La proportion du Continent en termes de participation au salon était d'un tiers en 2018.Il est un peu tôt pour donner un résultat définitif, mais déjà les pays présents à l'édition précédente participent cette année, avec notamment des superficies plus importantes et de nouveaux pays sont attendus avec une belle percée des pays de l'Afrique de l'Est. La dimension panafricaine du salon est bien ancrée et plusieurs délégations sont attendues. Ceci augure un trend haussier.

Au-delà de l'agriculture, ce salon est également un terreau sans précédent sur le Continent pour les acteurs de l'agrobusiness -une thématique à l'honneur lors de l'édition 2017. Etes-vous de ceux qui pensent que l'Afrique vit actuellement les prémices d'une révolution dans ce secteur ?

La force de l'agrobusiness est indéniable et la production agricole est le cœur de l'immense complexe agro-industriel. Elle intègre l'agriculture aux industries : engrais, matériels agricoles,... et services nécessaires à l'amont, mais aussi aux industries - comme le conditionnement et le stockage- et services sollicités à l'aval. Ce schéma démontre l'effet sur un Continent aux terres généreuses et aux conditions climatiques favorables et stratégies ambitieuses. Ces atouts sont les facteurs clés de succès de l'avenir.

Quelle place le SIAM entend-il occuper dans cette révolution ?

Le SIAM est un révélateur, un catalyseur. De par son organisation en 9 pôles thématiques, il permet une vue globale sur l'immense diversité et le potentiel du secteur. Tous les professionnels de la chaîne de valeur sont représentés [...] Pour intensifier l'action commerciale directe et indirecte, toutes les nouveautés, la technologie et les produits couvrant l'ensemble du secteur sont mis en avant.

Sur la route vers une totale révolution, quels vont être les principaux challenges des entreprises exerçant sur le Continent à votre avis ?

Il faudrait, à mon avis, mettre l'Humain au centre de ce dispositif en soulignant la parité ! Il est et reste ce facteur édifiant ! Pour assurer la sécurité alimentaire de manière durable tout en pourvoyant des emplois aux populations. Des perspectives ambitieuses, mais certainement réalisables.

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