Maroc : lancement officiel des organismes de placement collectif immobilier

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Le lancement des OPCI au Maroc constitue une opportunité pour les investisseurs et les entreprises en quête de financement mais représente également un défi pour le régulateur, selon Nezha Hayat, présidente de l’AMMC.
Le lancement des OPCI au Maroc constitue une opportunité pour les investisseurs et les entreprises en quête de financement mais représente également un défi pour le régulateur, selon Nezha Hayat, présidente de l’AMMC. (Crédits : DR)
Pour développer et renforcer son marché des capitaux, le ministère marocain de l’Économie et des finances et l'Autorité marocaine du marché des capitaux lancent officiellement les organismes de placement collectif immobilier (OPCI). Un dispositif supplémentaire de la stratégie du Royaume de diversification de ses instruments financiers au service des investisseurs, entreprises et épargnants, dans un cadre réglementaire strict.

Troisième pays africain à adopter les OPCI, le Maroc pose un nouveau jalon dans sa stratégie de modernisation et d'adaptation de ses instruments financiers aux standards internationaux. Le nouvel outil financier a été lancé officiellement lors d'une conférence organisée ce mardi 11 juin à Rabat, en présence du ministre marocain de l'Economie et des Finances, Mohammed Benchaaboun et de Nezha Hayat, présidente de l'Autorité Marocaine du marché des capitaux (AMMC). La rencontre a permis de présenter le cadre législatif et réglementaire régissant les OPCI mais aussi de discuter des opportunités de financement et de placement ouvertes par cet instrument sur le marché des capitaux marocains.

« Les premiers agréments des évaluateurs immobiliers des actifs des OPCI ont été délivrés par le Ministère, et ceux des sociétés de gestion le seront dans les prochains jours », a déclaré Mohammed Benchaaboun.

OPCI, un outil financier novateur

Les OPCI s'inscrivent dans le cadre des actions entreprises par le royaume pour diversifier ses instruments de financement économique notamment dans l'immobilier. Des produits d'investissements régis par la loi N°14-70 de 2016 visant à faciliter la construction ou l'acquisition d'immeubles destinés exclusivement à la location. Des solutions pour satisfaire les besoins spécifiques des investisseurs et des opérateurs économiques qui ont désormais accès au marché immobilier marocain à travers l'acquisition de parts ou d'actions d'un OPCI détenteur direct ou indirect d'actifs immobiliers. Les OPCI permettent ainsi aux investisseurs de diversifier leur portefeuille avec un placement sur une nouvelle classe d'actifs, la pierre-papier.

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Ils offrent un accès aux avantages du marché immobilier tout en limitant les contraintes, notamment la taille de l'investissement et les risques de liquidité et de concentration. Cet instrument est également attendu par les entreprises qui portent des actifs immobiliers. Il permet entre autres d'externaliser leur immobilier d'exploitation, de confier la gestion à des sociétés spécialisées et d'alléger leur bilan.

« Le Maroc est aujourd'hui le 38ème pays à mettre en place un régime pour les véhicules d'investissement immobilier, le 3ème en Afrique et le 1er de la région. L'introduction de ce nouvel instrument dans notre pays s'inscrit dans le cadre des actions entreprises par les pouvoirs publics en vue de mobiliser l'épargne longue et de l'orienter vers le financement de l'investissement », a déclaré Nezha Hayat, Présidente de l'AMMC.

Surveillance et réglementation des OPCI au Maroc

Ces OPCI sont de deux catégories, ceux ouverts au grand public et les OPCI à règlement de fonctionnement allégé (OPCI-FRA) conçus pour les investisseurs qualifiés. Ils peuvent être sous forme de Fonds de placement immobilier (FPI) ou encore de Société de placement immobilier ((SPI). Les deux ont la possibilité d'être cotés à la bourse des valeurs et d'avoir des titres libellés en devises ou régis par une législation étrangère. Sont concernés les sociétés anonymes remplissant certains critères; à savoir siéger au Maroc, avoir pour activité principale et habituelle la gestion d'OCPI ou la gestion d'organismes de placement immobilier de droit étranger. Les sociétés en charge des OPCI sont également tenues de disposer d'un capital social d'au moins 1 millions de dirhams, entièrement libéré lors de la demande d'agrément, mais aussi présenter de solides garanties en termes de moyens organisationnels, techniques et humains. La société en charge d'un OPCI doit être agréée par l'AMMC et a en plus la possibilité d'exercer des activités annexes comme le conseil en investissements immobilier ainsi que la gestion locative des biens immobiliers et des droits réels portant sur lesdits biens.

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La rencontre a également été marquée par un workshop et des débats sur les opportunités offertes par l'écosystème afférent aux OPCI. Des discussions animées par des représentants de la Banque mondiale, des bailleurs de fonds internationaux, des représentants de la Commission nationale du marché de valeurs mobilières d'Espagne (CNMV) et des experts marocains de divers secteurs.

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