Nigeria : les importateurs d'hydrocarbures participent au programme national « carburants contre pétrole brut »

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La compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC) a annoncé en mars dernier son intention de réorganiser ses raffineries afin que le pays puisse économiser des milliards de dollars d'importations de carburants.
La compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC) a annoncé en mars dernier son intention de réorganiser ses raffineries afin que le pays puisse économiser des milliards de dollars d'importations de carburants. (Crédits : Reuters)
132 importateurs d’hydrocarbures raffinés au Nigeria viennent de soumissionner au programme d’échange permettant de payer les fournisseurs en pétrole brut et non en dollars. Rien que pour l'essence, la consommation nationale est d’environ 40 millions de litres par jour, alors que les quatre raffineries du pays disposent d’une capacité de raffinage de 445 000 barils/jour. D’où des importations massives que le gouvernement cherche à combler par divers mécanismes.

La compagnie pétrolière nationale nigériane NNPC a révélé que 132 sociétés ont soumissionné pour obtenir le droit d'échanger le pétrole brut du pays contre des carburants et ce, dans le cadre d'un appel d'offres pour les opérations conclues jeudi 2 mai.

L'appel d'offres pour les contrats d'un an, appelé «Vente directe, achat direct» (DSDP), a été lancé en mars dernier. La NNPC a prolongé les contrats de 2018 jusqu'au mois de juin prochain. Le Nigeria s'est fortement appuyé sur les accords d'échange pour obtenir du carburant, en particulier de l'essence, afin de mieux équilibrer la balance de paiements.

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Depuis la mise en place du programme en 2016, remplaçant un autre qui consistait à accorder des subventions aux importateurs, le pays aurait économisé 2,2 milliards de dollars et couvert environ 90% de ses besoins en importation, selon le directeur général de la NNPC, Maikanti Baru.

Miser sur les raffineries nationales

Le Nigeria dépend presque entièrement du carburant importé, à cause de la vétusté de ses raffineries de pétrole. Les insuffisances sont comblées par des importations de carburant que le Nigeria cherche à réduire, à travers un programme de réaménagement des raffineries. Premier producteur africain de pétrole, le Nigeria importe l'essentiel de ses besoins en hydrocarbures raffinés. Le pays dispose de quatre raffineries avec une capacité de raffinage totale de 445 000 barils/jour et limitée par l'obsolescence des installations et la mauvaise gestion.

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Pour rectifier le tir, la NNPC a annoncé il y a 2 mois son intention de réorganiser ses raffineries afin que le pays puisse économiser des milliards de dollars d'importations de carburants. Selon le ministre du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu, le gouvernement va lever 1,2 milliard de dollars pour moderniser ses raffineries et mettre fin à sa dépendance à l'égard des importations et des pénuries de produits pétroliers d'ici la fin de l'année 2019. Plusieurs initiatives émergent dans le pays ouest-africain pour couvrir la demande en produits pétroliers, à l'image de la méga raffinerie d'Aliko Dangote. L'homme le plus riche d'Afrique construit actuellement une raffinerie d'une capacité de 650 000 barils/jour près de Lagos, pour satisfaire la demande intérieure et même exporter le surplus vers de la sous-région.

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