RDC : à Goma, le premier patient atteint d’Ebola est décédé

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(Crédits : Reuters)
Pour la ville de Goma, c’était le «patient zéro», le premier à avoir été contaminé par la fièvre hémorragique Ebola. Âgé de 46 ans, le pasteur évangéliste qui avait contracté la maladie lors d’un court séjour à Butembo, le foyer de réapparition du virus, est décédé, selon une information confirmée par Carly Nzanz, gouverneur du Nord-Kivu. En dépit des appels au calme des autorités sanitaires, la psychose guette cette province densément peuplée, carrefour de déplacements de populations, qui pourrait constituer un nouveau lieu de propagation de l’épidémie qui frappe la RDC.

«Malheureusement je peux vous confirmer la mort du patient en cours de route en allant à Butembo». C'est par une déclaration à la presse que Carl Nzanz, gouverneur du Nord-Kivu, province située à l'est de la RDC, a confirmé le décès du pasteur de 46 ans, premier patient diagnostiqué positif au virus de la fièvre hémorragique Ebola à Goma.

Décédé au cours de son transfert à Butembo

Dans la matinée de dimanche 14 juillet, le religieux était arrivé par bus de Butembo. Il commençait déjà à ressentir les premiers symptômes. Après avoir entrepris de vacciner le conducteur du bus et les 18 passagers qui ont fait le voyage avec lui, les autorités sanitaires ont confirmé le premier cas d'Ebola enregistré à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. «Identifié, puis isolé», le patient devait être transporté à Butembo afin d'être pris en charge par des équipes plus rodées à la riposte contre la maladie. Mais l'homme est décédé au cours de son transfert d'urgence.

A Goma, la nouvelle du décès en cours de transfert du pasteur n'est pas de nature à calmer les inquiétudes. Ville d'un million d'habitants située à la croisée des déplacements de populations fuyant les conflits ou à la recherche de travail, Goma est un carrefour stratégique mal desservi par des infrastructures de santé qui seraient insuffisantes en cas d'épidémie déclarée. Au tableau de la situation épidémiologique, la ville présentait 10 cas suspects, surveillés de très près par le personnel sanitaire.

En attendant, dans le reste du pays, Ebola continue de faire des ravages. Au total, 2 501 cas d'Ebola sont signalés en RDC depuis la réapparition de ce que le département de Dr Oly Ilunga, ministre de la Santé, appelle «l'épidémie d'Ebola la plus complexe de l'Histoire [de la RDC] et de l'Histoire de la santé publique». Selon le tableau actualisé de la situation de la maladie au 15 juillet, le pays a enregistré 1 668 décès et 700 personnes guéries, depuis le début de l'épidémie, le 1er août dernier.

«Environnement très complexe» pour le succès de la riposte contre Ebola

Ce lundi 15 juillet à Genève, l'OMS a tenu une réunion de haut niveau autour de Dr Tedros Adhanom Ghrebeyesus, directeur de l'instance mondiale en charge de la santé mondiale. «Le gouvernement reconnaît à quel point il est difficile de faire face à cette épidémie d'Ebola dans notre pays. La riposte se déroule dans un environnement très complexe, mais avec le soutien de nos amis de la communauté internationale, les Congolais se sont engagés à réduire à zéro le nombre de cas», a fait savoir Dr Oly Ilunga, ministre de la Santé de la RDC, lors de cette réunion.

Pour l'heure, même si l'épidémie est circonscrite dans les provinces du Kivu et de l'Ituri, les attaques armées et l'hostilité envers les personnels de santé risquent de compliquer les efforts pour stopper la propagation de la maladie. Cette difficulté vient se greffer au manque de financements pour soutenir la riposte coordonnée, lancée par les autorités congolaises et l'OMS. La frayeur «maîtrisée» d'un transfert de la maladie vers l'Ouganda avait suffisamment rappelé la crainte d'une épidémie qui dépasse les frontières de la RDC.

Tout le monde est d'accord qu'il faut stopper l'avancée de la fièvre hémorragique avant qu'elle atteigne les proportions de l'épidémie qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest. Entre 2014 et 2016, l'épidémie Ebola, qui avait touché la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, la plus grave en Afrique de l'Ouest depuis la découverte de la maladie en 1976, avait fait 11 000 morts.

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