Ebola : un nouveau cas à Goma, l’OMS en réunion à Genève

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(Crédits : Reuters)
Au moment de ce conclave, l’organisation en charge de la santé mondiale a lancé une campagne de vaccination des personnes en contact avec des malades à Goma. Métropole d’un million d’habitants, la ville panique après la confirmation, dimanche dernier, d’un cas de personne affectée par la maladie à virus Ebola. Ce lundi 15 juillet à Genève, l’Organisation mondiale pour la santé(OMS) tient une réunion de haut niveau pour tenter de muscler le dispositif de riposte contre l’épidémie dans cette ville la plus touchée depuis la réapparition du virus.

A la fin de la réunion de Genève, un seul objectif. Convaincre d'autres pays de la communauté internationale de soutenir les efforts face à l'épidémie d'Ebola qui a fait «1665 décès et 698 personnes guéries» depuis le début de l'épidémie, selon le bulletin actualisé du ministère de la Santé de la RDC. Physiquement présents dans la capitale suisse autour de Tedros Adhanom Ghebreyesus ou câblés en visioconférence depuis la RDC, l'OMS organise une réunion de haut niveau pour renforcer la riposte contre Ebola. Mais l'entrevue aura des allures de réunion d'urgence !

Patient identifié, ses compagnons de voyage vaccinés

Ce dimanche 14 juillet, les autorités sanitaires de la RDC ont confirmé la détection à Goma, chef-lieu de la région du Nord-Kivu, d'un cas d'infection à la fièvre hémorragique Ebola. Revenu d'un court séjour à Butembo, foyer de la réapparition de l'épidémie il y a un peu plus d'un an, le patient est un pasteur évangéliste de 46 ans qui a effectué un voyage vers Goma dans un bus avec 18 autres voyageurs. Interné dans un centre de santé à son arrivée, les tests ont confirmé la présence de la maladie dans son corps, dont les symptômes avaient été ressentis depuis vendredi.

 «En raison de la rapidité avec laquelle le patient a été identifié, ainsi que l'identification de tous les passagers du bus en provenance de Butembo, le risque de propagation dans le reste de la ville de Goma reste faible», tente de rassurer le ministère de la Santé. Les passagers et le conducteur du bus devraient tous être vaccinés ce lundi 15 juillet dans le sillage d'une campagne de vaccination lancée, par précaution, à Butembo et Goma au bénéfice de toute personne en contact ou ayant eu des contacts avec des malades ou personnes infectées.

Appels au calme face à la psychose d'une propagation depuis Goma

Malgré les appels au calme des autorités sanitaires, la psychose ne va pas s'estomper si vite. Métropole d'un million d'habitants (le double, suggèrent certaines sources), Goma est la première grande ville touchée depuis le début de l'épidémie, le 1er août 2018. Aux portes de la région des Grands Lacs, elle pourrait être le centre de propagation de l'épidémie vers d'autres pays et d'autres villes de la RDC ou de ses neuf voisins.

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Si la propagation vers l'Ouganda a été «interrompue», le risque est désormais encore présent de voir la maladie se propager dans les milliers de déplacés en raison des conflits dans l'est de la RDC. La présence de plusieurs lacs régulièrement empruntés pour des déplacements vers l'intérieur du pays et même l'extérieur renforce la psychose d'un scénario de propagation à grande vitesse

«Si le virus franchit les frontières du Nord-Kivu, vers l'Ouganda ou vers le Rwanda, alors ce sera un cauchemar, et l'on aura bien du mal à éviter une épidémie d'une ampleur comparable à celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest», prévenait inlassablement Tamba Emmanuel Danmbi-Saa de l'ONG OXFAM dans les colonnes de La Libre Belgique. Entre 2014 et 2016, l'épidémie d'Ebola qui avait frappé la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, la plus grave épidémie en Afrique de l'Ouest depuis la découverte de la maladie en 1976, avait fait 11 000 morts.

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