Gouvernance en Afrique : « La Côte d'Ivoire, le Maroc et le Kenya affichent les plus impressionnantes progressions » sur 10 ans

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(Crédits : Reuters)
L’édition 2018 de l’indice Ibrahim sur la gouvernance en Afrique vient de paraitre. Alors que globalement les pays africains s’améliorent « lentement » en la matière, trois pays ont particulièrement performé depuis le lancement de l’indice : la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Kenya.

« Lentement », mais sûrement ? Lorsque le milliardaire et philanthrope soudanais Mo Ibrahim -par le biais de sa fondation- lance en 2007 l'indice de la gouvernance en Afrique (Ibrahim Index of African Governance - IIAG), son leitmotiv n'est autre que de voir les gouvernements s'efforcer d'atteindre un standard. Aujourd'hui, 12 ans plus tard, les efforts de sensibilisation tendent à payer peu à peu. C'est ce que dégage l'édition 2018 de l'IIAG publié lundi 29 octobre. Sur les 54 pays du Continent, l'étude constate sur ces dix dernières années, le statu quo dans un pays, la détérioration de la gouvernance dans 18 pays, tandis que 34 pays ont amélioré leur système.

« La gouvernance sur notre continent s'améliore lentement en moyenne. Environ trois citoyens africains sur quatre vivent dans un pays où la gouvernance a été améliorée au cours des dix dernières années. De nombreuses tendances positives se dégagent de l'indice de cette année », résume Mo Ibrahim.

Sur les 34 pays en progression, l'homme d'affaires l'assure:

« La Côte d'Ivoire, le Maroc et le Kenya affichent les plus impressionnantes progressions. »

19, 10 et 8 places de gagnées en 10 ans

En effet, la Côte d'Ivoire bondit de 19 places dans le classement en dix ans, passant du 41ème au 22ème rang.  Le pays des Éléphants s'illustre par des progressions importantes dans la quasi-totalité des indicateurs clés de bonne gouvernance de l'Indice Ibrahim, surtout en matière de sécurité et Etat de droit, en matière de droits de l'homme et de développement humain. A moindre mesure, le pays est tout de même parvenu à traduire sa croissance économique -l'une des plus dynamiques du Continent établie à 7,8% en 2017- en opportunités économique durable pour ses citoyens.

IIAG 2018

Au cours de la dernières décennie, le Maroc a remonté l'échelle de 10 marches pour se classer 15ème. Depuis quelques années déjà, le Royaume s'illustre en matière d'opportunités économiques durables. En 2017, le pays -classé 3ème régional sur cet indicateur, gagnant plus de 14 points supplémentaires sur les dix ans- est l'un des rares pays du top 10 du PIB le plus élevé en 2017 à afficher une telle performance. Les banques marocaines en outre ont présenté sur la période une robustesse dont très peu de pays à travers le Continent peuvent targuer, excepté la Guinée Conakry et l'Egypte, d'après le rapport.

Dynamique économie de l'est du Continent, le Kenya progresse du 19ème au 11ème rang de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique. Ici, le volet opportunités économiques durables est également important, le pays arrivant 8ème régional sur cet indicateur.

« Opportunité manquée »

Globalement, l'Afrique avance à petit pas. Les performances sur le long terme comme celles de la Côte d'Ivoire, le Maroc et le Kenya étant peu nombreuses, il ressort de l'étude qu'en général, les gouvernements africains ne réussissent pas encore à traduire la croissance économique observée ça-et-là -et qui attirent tant les investisseurs internationaux- en une opportunité économique durable améliorée qui réponde aux besoins émanant de croissance démographique et des attentes des jeunes.

« Alors que le PIB combiné de l'Afrique a augmenté de près de 40% au cours de la dernière décennie, progrès moyens en matière d'opportunités économiques durables Les citoyens de l'Afrique. C'est une énorme opportunité manquée. Ça pourrait devenir une recette pour un désastre. Avec la croissance démographique attendue, L'Afrique se trouve à un tournant et les prochaines années seront cruciales », explique Mo Ibrahim avant d'avertir : « Les résultats de l'indice confirment que l'état de droit et la transparence Et la redevabilité sont la clé du progrès en matière de gouvernance et liées à l'amélioration des opportunités économiques ».

Le Continent dans son ensemble est donc encore loin de l'objectif de bonne gouvernance souhaité par la Fondation Mo Ibrahim qui récompense annuellement un leader africain pour son travail. Cette année, c'est l'ex-présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf qui a été primée. En 2017, son pays arrive 23ème de l'indice Ibrahim avec 4,8 points en plus sur la décennie, s'étant démarqué sur la période en matière de primauté du droit, d'opportunités économiques durables pour ses citoyens avec d'énormes efforts à fournir encore en matière de santé et d'infrastructures entre autres.

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