CAF : à ce stade, pas de poursuites contre Ahmad Ahmad

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(Crédits : ©Gavin Barker/BackpagePix/CAF)
L’information judiciaire ouverte par Xavier Tarabeux, le Procureur de la République à Marseille, visait des soupçons d’association de malfaiteurs, corruption, abus de confiance et faux et usage de faux. Des charges qui ne vont plus concerner Ahmad Ahmad. Ce vendredi, le président de la Confédération africaine de football (CAF) est reparti libre de la garde à vue dans laquelle il avait été placé depuis ce jeudi 6 juin. Pour l’heure, à ce stade de l’enquête, aucune poursuite n’est retenue à son encontre.

Pour Ahmad Ahmad, ce vendredi 7 juin est un jour de délivrance. Le président de la Confédération africaine de football(CAF) est reparti libre après une garde à vue de 24 heures dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Xavier Tarabeux, le Procureur de la République à Marseille, a confié à l'AFP qu'à ce stade de l'enquête, aucune poursuite n'a été retenue à l'encontre du président de l'instance dirigeante du football africain.

Glissement de contrat de Puma à Tactical Steel

La veille de ce dénouement heureux, nos confrères de Jeune Afrique révélaient l'interpellation du successeur du Camerounais Issa Hayatou à la tête de la CAF. Venu à Paris pour assister au congrès électif à la présidence de la FIFA en marge du lancement du mondial de football féminin, le Malgache de 59 ans avait été interpellé tôt dans la matinée à l'hôtel de Berri par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS). Gardé àvue depuis ce jeudi 6 juin, il devait être auditionné dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par l'OCLCIFF pour «association de malfaiteurs», «corruption», «abus de confiance» et «faux et usage de faux».

L'affaire qui lui vaut cette fugace interpellation remonte à la fin décembre 2017. La CAF qui s'apprête à organiser la CHAN 2018, la coupe d'Afrique des nations pour les joueurs locaux, cherche un équipementier pour habiller les volontaires. Initialement passé avec l'équipementier allemand Puma, le contrat aurait glissé pour se retrouver entre les mains de Tactical Steel, basée sur la Côte d'Azur en France, pour la fourniture de matériel Adidas, selon l'AFP qui a consulté les documents.

Ce glissement, pour lequel Puma réclame 100.000 dollars de compensation, aurait été possible parce qu'Ahmad Ahmad aurait joué de sa proximité avec un des dirigeants de la seconde entité. Au passage, Amr Fahmy, le secrétaire général de la CAF limogé en avril dernier, qui intente une action pour «mauvaise gestion» devant le comité d'éthique de la FIFA, affirme que le second contrat a entraîné des surcoûts de 830.000 dollars.

Magouille

«Avec Puma, vu le délai, il n'y avait pas la certitude d'être livré à temps. J'ai alors réalisé l'étendue de la corruption à la tête de notre service marketing en charge de ce dossier. J'ai alors alerté Adidas Egypte mais le stock était insuffisant. J'ai donc demandé à mon attaché (Loïc Gérand) de contacter une personne de sa connaissance dans ce secteur (Romuald Seilier, patron de Tactical Steel). Lui pouvait nous fournir. Dans ce dossier, personne n'a osé faire une magouille.», confie Ahmad Ahmad qui nie en bloc dans une interview à paraître vendredi 14 juin dans le hors série du magazine France Football.

C'est pour vérifier si une «magouille» a permis la rupture du contrat avec Puma pour bénéficier à Tactical Steel que l'OCLCIFF a ouvert le 28 mai dernier, une enquête. Interpellé pour être auditionné, le patron du football africain s'en sort sans poursuite. Une fin heureuse qui arrive à deux semaines de l'ouverture de la CAN 2019 dont l'attribution à l'Egypte en remplacement du Cameroun avait déjà suscité un tollé continental.

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