Sénégal : Macky Sall à un vote de l’hyper-présidence

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(Crédits : Reuters)
Pour la coalition présidentielle, la séance plénière relève d’une démonstration de sa supériorité numérique à l’Assemblée nationale. Avec une écrasante majorité, elle ira recueillir lors de la séance plénière de ce samedi 4 mai, les 3/5 des votes nécessaires, soit 115 députés pour ratifier le projet de suppression du poste de Premier ministre voulu par Macky Sall. Une formalité face à une opposition qui va appliquer la politique de la chaise vide.

Pour Macky Sall, le projet qui inaugure son second et dernier mandat prend ici un virage décisif. Ce samedi 4 mai, les 165 députés de l'Assemblée nationale sont conviés à la séance plénière pour les débats suivis du vote du projet de révision de la Constitution afin d'en supprimer le poste de Premier ministre. Suffisant pour faire basculer le Sénégal dans un régime présidentiel, présidentialiste même, soutiennent certains.

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Mais il faut d'abord décrocher le vote favorable des députés. Une «formalité», exulte-t-on déjà dans le camp présidentiel. Car depuis l'installation de la XIIIe législature, la coalition «Benno Bokk Yakar» détient 125 sièges des 165 députés. Une majorité écrasante qui présume d'un vote favorable des 3/5 des votes nécessaires, soit 115 députés pour entériner le projet de modification constitutionnelle annoncée au lendemain de l'investiture du chef de l'Etat.

Virage décisif

Le 30 avril dernier, la commission des lois de l'Assemblée nationale avait approuvé le texte transmis plus tôt par le Conseil des ministres. Ce samedi, le texte qui sera sur la table des députés envisage de toiletter la loi fondamentale du pays pour en gommer toute trace du poste de Premier ministre. Le nouveau texte entend introduire 22 dispositions pour réorganiser un Exécutif dont la figure centrale et l'arbitre seront le président de la République. Le vote de ce samedi est un virage décisif pour la validation du texte.

Au-delà du changement de régime politique, c'est l'équilibre entre un pouvoir législatif et le pouvoir exécutif qui cristallise les inquiétudes. Même s'il peut monter des commissions d'enquête ou convoquer un mandataire du Cabinet présidentiel devant l'hémicycle, l'Assemblée nationale perd son pouvoir de destitution du gouvernement par la question de confiance ou la motion de censure. En face, le président de la République conserve une prérogative de dissolution de l'Assemblée nationale en cas de «blocage des institutions».

C'est justement ce point qui devrait rendre les débats du samedi houleux. Après avoir un temps plaidé pour la validation de la réforme par un référendum populaire, l'opposition sénégalaise n'a pas encore établi sa stratégie entre boycotter ou engager le débat pour dénoncer le manque de pertinence du projet. Des retours qui nous parviennent, la première option semble privilégiée. En attendant, la majorité compte sur le respect des consignes de vote. Les derniers réticents semblent avoir été convaincus de valider le texte. Sans surprise !

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