Pour éviter un syndrôme Bouteflika, Omar El Béchir temporise au Soudan

La situation en Algérie a dépassé les frontières du pays. Depuis l’annonce, ce lundi 1er avril de la démission d’Abdelaziz Bouteflika avant la fin de son mandat sous la pression de la rue, la préoccupation agite plusieurs palais africains. Au Soudan où Omar El Béchir vit une situation quasi-similaire. Acculé par une contestation populaire réclamant son départ, le président soudanais a remanié son gouvernement avant de lancer un appel au dialogue, en guise de mesures d’apaisement. Cela pourra-t-il le sauver d'un départ à la retraite anticipée?
Ibrahima Bayo Jr.

3 mn

(Crédits : Reuters)

De quoi conjurer un probable effet de contagion du Soudan par le syndrome algérien? Ces dernières heures, Omar El Béchir multiplie les mesures fortes pour tenter de calmer la virulente contestation qui réclame son départ du pouvoir.

Même si dans les faits plusieurs personnalités conservent leur maroquin ministériel, le président soudanais a pris, dans la journée de ce lundi 1er avril, un décret de nomination d'un nouveau gouvernement en remplacement de l'ancienne équipe, dissoute fin février pour décréter l'état d'urgence.

Algérie, Soudan... comme un air de déjà vu

Le même jour dans un discours au parlement, Omar El Béchir a convié les contestataires à une conférence nationale inclusive et annoncé dans la foulée, des mesures qui doivent conduire à une réforme de l'Etat qu'il dirige depuis 1989. Si elle n'a pas été à l'origine d'une inflexion dans le traitement de la question, la situation en Algérie semble y avoir joué un rôle.

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Ce lundi 1er avril, la présidence algérienne a annoncé la démission avant le 28 avril prochain, d'Abdelaziz Bouteflika, après la sixième semaine consécutive de contestation dans la rue. Un coup de tonnerre qui a fait craindre un deuxième épisode du «printemps arabe» qui avait justement traversé l'Algérie et le Soudan, sans conduire au changement de régime. Mais cette fois-ci la sensation de «déjà vu» semble l'emporter.

Le Soudan traverse depuis décembre dernier, une situation sociopolitique quasi-similaire à celle de l'Algérie. Et sans doute Omar El Béchir redoute-t-il une sorte d'effet domino qui pourrait redonner du cœur au ventre des contestataires de son régime. Depuis trois mois, des manifestants envahissent les rues de Khartoum mais aussi d'autres villes du pays. Un mouvement de contestation populaire auquel le président soudanais a répondu jusque-là par la fermeté notamment une répression très violente.

Démission de Bouteflika, un effet miroir pour Omar El Béchir?

Désormais, le régime semble montrer des signes d'ouverture. Dans la foulée des mesures d'apaisement annoncées par Omar El Béchir, le parti au pouvoir, miné par les divisions, a décidé d'annuler son congrès annuel, prévu ce mois-ci pour désigner un successeur au président Omar El Béchir.

La réunion annuelle du Conseil exécutif, préparatoire au congrès a été dirigée par Ahmed Haroun, le président par intérim. C'est une première depuis l'arrivée au pouvoir de l'homme à la canne! Faut en conclure que l'actualité algérienne a crée un effet miroir au Soudan? En tout cas, les similitudes interrogent. On imagine aisément que la même frayeur a dû traverser les couloirs des palais présidentiels de Brazzaville, de Lomé, de Malabo, d'Entebbe, de Yaoundé, d'Asmara ou encore de N'Djamena.

A Khartoum, Omar El Béchir semble avoir pris les devants avant que la rue ne se découvre un destin à l'algérienne. «Le régime doit partir. Le seul dialogue acceptable, c'est autour des modalités de changement de pouvoir», répond en chœur l'opposition. De là à établir le parallèle avec l'Algérie, il n'y a qu'un seul pas.

Ibrahima Bayo Jr.

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