Nigeria : l’ancien vice-président, Atiku Abubakar, va défier Buhari à la présidentielle de 2019

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(Crédits : DR)
Atiku Abubakar se lance enfin dans la course à la présidentielle de 2019. L’ancien vice-président d’Olusegun Obasanjo qui a rallié Buhari en 2015 compte briguer la candidature du principal parti d’opposition, le PDP, pour défier l’actuel président dont il juge le bilan décevant. Bien que ce n’est pas sa première tentative, cette candidature risque d’effriter l’électorat du président candidat particulièrement dans le nord-est du pays.

On le voyait venir et c'est désormais chose faite. L'ancien vice-président Atiku Abubakar compte bien défier Muhammadu Buhari lors de la prochaine présidentielle prévue au premier trimestre de 2019. Il a annoncé sa candidature ce dimanche depuis son fief électoral dans l'Etat d'Adamaoua, dans le nord-est du pays. « Après des consultations approfondies avec sa famille, des nigérians de différentes sensibilités et de la diaspora, Son Excellence Atiku Abubakar a décidé de faire une offre officielle pour la course présidentielle de 2019 sous le ticket du Parti démocratique du peuple (PDP) », avait préalablement annoncé, vendredi 20 juillet, son cabinet avant que l'intéressé confirme lui-même sa candidature. L'occasion aussi pour celui qui entend briguer la candidature du PDP, le principal parti d'opposition, de lancer sa campagne électorale en misant sur le bilan, « peu reluisant » du président Buhari.

« Aujourd'hui, la précarité du peuple nigérian prend de l'ampleur. Plus de personnes sont mortes du fait de la pauvreté et de l'insécurité sous le mandat de l'APC qu'en Afghanistan ou en Irak. Aujourd'hui, nous sommes plus divisés qu'à aucun autre moment de l'histoire de notre pays. Aujourd'hui, nous avons le taux de chômage le plus élevé de l'histoire de ce pays, plus d'un million de jeunes sont sans emploi » a déclaré Atiku Abubakar au lancement de sa campagne.

L'ancien vice-président était pourtant un allié de Muhamadu Buhari qu'il a soutenu lors de la campagne de 2014 au détriment de son parti d'alors, le PDP de Goodluck Jonathan. Il a même rallié l'APC de Buhari avant de faire de nouveau volte-face puisque ce n'est pas la première fois qu'il tente de briguer la magistrature suprême mais sans succès.

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Nouvelle tentative

A 72 ans, l'ancien vice-président d'Olusegun Obasandjo (1999-2007) va donc tenter une nouvelle fois d'accéder au Palais présidentiel d'Aso Rock d'Abuja. En 2007, il s'est porté candidat à la tête d'une formation qu'il a créée pour l'occasion, l'ACN, mais a été devancé par Buhari et le vainqueur, l'ex-président Umar Yar'Adua.

Cette fois, Atiku Abubakar entend mettre toutes les chances de son côté pour barrer la route à Buhari qui aspire à un second mandat. En plus des critiques sur le bilan du président candidat, il a annoncé avoir mené des consultations depuis des mois avec l'ensemble des couches sociales et professionnelles du pays pour élaborer un programme de mandat dont les contours seront prochainement dévoilés. « Son programme politique couvre une grande partie de la vie nationale du Nigéria, notamment des mesures pour la restructuration de l'économie, ainsi que des réformes dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'agriculture, de la jeunesse ainsi que la promotion des femmes et beaucoup d'autres programmes de développement » a annoncé son cabinet en marge de la tournée électorale qu'a entamé Atiku Abubakar.

Hommes d'affaires ayant fait fortune dans le secteur des hydrocarbures, Atiku Abubakar a été un temps soupçonné de corruption lorsqu'il était vice-président mais n'a jamais eu à faire à la justice. Toutefois, le rejet par les USA d'une demande de visas, il y a quelques années, est resté comme un cheveu dans la soupe de son CV politique. A présent, il va devoir convaincre durant ce qui risque d'être sa dernière tentative, lui qui lorgnait le palais présidentiel depuis 1993.

Bien qu'il soit moins populaire que Buhari, lequel bénéficie également de la prime du sortant, cette candidature est de mauvaise augure pour l'actuel chef de l'Etat. La principale raison, c'est qu'elle risque d'effriter l'électorat du nord du pays, et notamment le nord-est à dominance musulmane, où Buhari fait le plein de voix. D'autant que l'APC au pouvoir du président-candidat est elle-même tiraillée par des dissensions à quelques mois du scrutin. C'est d'ailleurs de cette brèche que le PDP entend visiblement profiter pour battre Buhari avec comme chef d'orchestre, l'ex-chef de l'Etat Goodluck Jonathan qui n'a pas encore digéré sa défaite de 2015 face à l'actuel président et alors qu'il était au pouvoir.

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