Rachat de Chevron Afrique du Sud : Sinopec et Glencore au coude-à-coude

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Le duel entre Glencore et Sinopec pour le rachat de la filiale sud-africaine de Chevron vise à mettre la main sur la raffinerie du Cap
Le duel entre Glencore et Sinopec pour le rachat de la filiale sud-africaine de Chevron vise à mettre la main sur la raffinerie du Cap (Crédits : Reuters/LTA)
Le sort de la filiale sud-africaine de Chevron reste indécis, alors que Sinopec semble avoir réussi à décrocher une recommandation favorable de la Commission de la concurrence locale, après avoir étoffé son offre initiale de 900 millions de dollars de promesses d’investissements et d'un engagement de discrimination positive en faveur des travailleurs noirs. Glencore maintient pour sa part les 937 millions de dollars offerts et compte toujours sur le soutien d’une partie de l’actionnariat de Chevron.

Le duel entre le groupe chinois Sinopec et le géant basé en Suisse Glencore pour la reprise des actifs sud-africains et botswanais de l'américain Chevron semble tourner en faveur du groupe chinois. La Commission de la concurrence sud-africaine vient de faire un pas du côté de Sinopec en recommandant l'approbation sous-conditions, des 900 millions de dollars proposés par le groupe chinois.

Sinopec garde la tête sur les épaules

Le gouvernement sud-africain a par ailleurs annoncé avoir conclu un premier accord « sur des questions d'intérêts publics » avec Sinopec et que la transaction sur les actifs de Chevron serait en attente d'approbation finale. « La mise en œuvre de la transaction est conditionnelle à l'approbation des autorités de la concurrence d'Afrique du Sud et sera conclue à moins que les actionnaires minoritaires de Chevron en Afrique du Sud mettent en œuvre avec succès leur droit de premier refus », a indiqué le management de Sinopec dans un communiqué.

Le groupe chinois semble en effet, conscient des poches de résistance qui se dressent encore au sein de l'actionnariat de la filiale locale de Chevron. D'ailleurs, ces mêmes actionnaires minoritaires de l'antenne de Chevron avaient déjà exercé leurs droits de préemption en octobre dernier, suite au retard de Sinopec. Cette partie de l'actionnariat a dans la foulée montrée sa préférence pour les 937 millions de dollars proposé par Glencore.

Ce duel entre les deux mastodontes a pour enjeu 75% du capital de la filiale sud-africaine de Chevron, qui exploite une raffinerie de pétrole dotée d'une capacité de production de 100.000 barils par jours au Cap, une usine de de lubrifiants à Durban ou encore un réseau de 820 stations-service et autres installations de stockage de pétrole. Cette opération comprend également quelques 220 magasin de proximité situés en Afrique du Sud et au Botswana.

Glencore reste en stand-by

Glencore garde toutefois son calme, rappelant qu'il n'y avait « aucun changement dans la position de Glencore et des actionnaires minoritaires (les Off The Shelf Investments Fifty Six ou OTS) liés à l'acquisition proposée. Des progrès satisfaisants sont accomplis dans le respect des conditions d'OTS pour compléter la transaction ». Les deux concurrents devront être départagés par le tribunal de la concurrence sud-africain, dont la décision finale est attendue entre mars et avril prochain.

Après la contre-offre de Glencore, Sinopec s'est empressé de présenter des engagements supplémentaires à Pretoria, notamment un plan d'investissements étalé sur 5 ans visant à moderniser la raffinerie du Cap et d'en faire une unité industrielle de « classe mondiale », si l'opération est remportée par le groupe chinois. Sinopec s'est également engagé à développer le segment de commercialisation du carburant en privilégiant les petites entreprises appartenant à des noirs comme détaillants.

Pour Glencore, le succès de son offre représentera une première incursion du négociant en matières premières dans le raffinage. La réussite de Sinopec, signifierait une deuxième raffinerie pour le groupe chinois, dont les activités se développent de plus en plus en dehors de son marché naturel. Le groupe détient une participation dans la raffinerie de Yanbu contrôlée par Aramco en Arabie Saoudite. Quel que soit, l'acquéreur de la filiale de Chevron, 25% de son capital restera aux mains d'un consortium d'actionnaires du Black Economic Empowerment et d'une fiduciaire composée par des salariés.

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