Le Maroc va investir dans la biomasse

 |   |  550  mots
(Crédits : DR.)
Alors qu'il s'est fixé l'objectif de 42% d'énergies renouvelables en 2022, le royaume chérifien compte bien mobiliser l'ensemble de ses ressources pour préparer la seconde étape. Après le solaire et l'éolien, c'est désormais vers la biomasse que se tourne toute l'attention du gouvernement.

Il y a tout juste dix ans, en 2009, le Maroc a entamé sa transition énergétique en suivant deux axes : l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Assez logiquement, le gouvernement misait alors sur le solaire et l'éolien, dont les potentiels sont jugés très importants. Jusqu'ici, rien de très original. Mais les résultats obtenus par cette stratégie énergétique nationale sont excellents. Loin d'être une chimère, l'objectif de 42% d'énergies renouvelables dans le mix énergétique marocain en 2022 sera bel et bien une réalité, sauf gros coup dur. Peu de pays occidentaux peuvent se vanter d'avoir obtenu d'aussi bons résultats, ou même d'avoir tenu leurs engagements, du moins en temps et en heure.

Pour autant, la consommation d'électricité connaissant toujours une croissance constante, le royaume chérifien doit surmonter de nouveaux défis s'il veut parvenir, dans le même temps, à réduire sa facture énergétique et à sécuriser ses approvisionnements. S'il veut atteindre le palier suivant, à savoir 52% d'énergies renouvelables dans son mix énergétique d'ici 2030, le Maroc doit désormais mettre les bouchées doubles. Et cette nouvelle offensive passe notamment par la biomasse. En effet, si elle représente un potentiel énergétique moindre que ses concurrents, la biomasse a l'avantage d'être une source d'énergie facilement stockable et produite localement de manière durable. Au Maroc, elle est disponible en grandes quantités sous forme de déchets de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire, de produits issus de la sylviculture ou de l'arboriculture, de grignons et de noyaux d'olives, de coques de noix, de noyaux de fruits... Sans oublier les déchets organiques ménagers et les eaux usées.

Lire aussi : Le solaire, levier économique pour le Maroc ?

Un potentiel insoupçonné

Dès 2009, dans le cadre de la stratégie énergétique nationale évoquée plus haut, le ministère de l'Énergie, des Mines et du Développement durable a lancé l'idée d'une étude sur le potentiel de valorisation énergétique de la biomasse au Maroc. Réalisée par le cabinet d'études Team Maroc et l'Institut für angewandtes Stoffstrommanagement (IfaS) - un organisme universitaire allemand spécialisé dans le développement durable-, elle ressort finalement des cartons. Selon l'IfaS, le potentiel du Maroc pour la biomasse est à l'heure actuelle de 11,5 millions de MWh par an. Il devrait même atteindre les 17 millions de MWh/a d'ici 2030. Mais les installations existantes ne permettent pour l'instant de produire que 5.000 MWh/a...

Dans le détail, les principaux secteurs potentiels sont l'agriculture (6,6 millions de MWh/an), les déchets organiques d'origines ménagère et agroalimentaire (3 millions de MWh/an), la sylviculture et l'arboriculture (1,7 million de MWh/an), et les eaux usées (0,2 million de MWh/an). Au niveau national, c'est la région Fès-Meknès qui présente le meilleur potentiel, avec 1,8 million de MWh/an. Suivent les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, Casablanca-Settat (1,3 million MWh/an), puis Tanger-Tétouan-Al Hoceima (1,2 million de MWh/an). L'étude de l'IfaS estime par ailleurs que le développement de la biomasse pourrait générer, à long terme, jusqu'à 10 000 emplois, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 8,5 millions de tonnes par an.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :