Maroc  : le gouvernement vise un taux de croissance de 3,7% en 2020

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Surfant sur des perspectives d'accélération de la croissance, le gouvernement marocain ambitionne d'atteindre un objectif de 3,7% de croissance du PIB en 2020. Afin d'atteindre cet objectif assez ambitieux, l'Exécutif compte rationaliser les dépenses, optimiser les investissements publics et renforcer la contribution du secteur privé.

Avec un taux de croissance de 3,7% visé pour 2020, le gouvernement marocain se fixe un objectif assez ambitieux au regard du rythme de croissance de ces dernières années. Cependant, surfant sur des perspectives assez reluisantes, l'Exécutif entend se donner les moyens de sa politique, comme en témoigne le contenu de la note de cadrage pour l'élaboration du projet de loi des finances 2020, que le chef de gouvernement, Saad Dine El Otmani, vient d'adresser aux responsables des différents départements ministériels et institutions publiques.

Selon le document, le projet de loi pour le prochain exercice sera élaboré sur la base de l'hypothèse d'un prix du gaz butane à 350 dollars la tonne, d'une récolte céréalière moyenne de 70 millions de quintaux et un objectif de taux de croissance du PIB de 3,7%.

La note de cadrage fait état de certaines contraintes budgétaires, notamment le coût du dernier dialogue social, mais surtout de la prise en compte des orientations royales pour le renforcement de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, la mise à niveau des secteurs de la santé, de l'éducation et l'amélioration des prestations de services publics.

C'est pourquoi le chef de gouvernement a demandé, dans le cadre de l'élaboration du budget 2020, de rationaliser les dépenses publiques pour ce qui est notamment de la création de nouveaux postes budgétaires, ainsi que les dépenses de fonctionnement à travers une réduction du train de vie de l'Etat.

Soutien à l'investissement et au secteur privé

Dans ses orientations, El Otmani demande aux membres du gouvernement de veiller à optimiser les investissements publics pour plus d'efficacité. Pour ce faire, l'Etat veillera à mettre en place progressivement, une nouvelle approche permettant de sélectionner les projets les plus rentables sur le plan économique et social, et de recourir aux nouveaux mécanismes de financement, notamment les partenariats public-privé (PPP).

Le gouvernement s'engage aussi à renforcer la contribution du secteur privé à la croissance, en poursuivant l'amélioration du climat des affaires, ainsi que les mesures incitatives pour attirer plus de flux d'IDE afin de favoriser la création d'emplois. En ce sens, le chef de gouvernement a annoncé des actions prioritaires prévues pour 2020, notamment l'appui de l'investissement public et la promotion de l'investissement privé national et étranger à travers la poursuite de la mise en œuvre des réformes institutionnelles visant à améliorer le climat des affaires, l'amélioration de l'efficacité des administrations et établissements publics, la facilitation des procédures et l'adoption de la nouvelle charte de l'investissement.

Le projet de loi des finances pour le prochain exercice va aussi appuyer l'entreprise avec une série de mesures en faveur des Très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), la réduction des délais de paiement et l'amélioration de l'accès au financement. Les Entreprises marocaines exportatrices bénéficieront également d'un soutien du gouvernement afin qu'elles rehaussent leur capacité de production et améliorent leur compétitivité afin de profiter pleinement des opportunités du marché international, à travers les différents accords de libre-échange signé par le Maroc.

Avec ces mesures, le gouvernement entend relancer la croissance de l'économie marocaine qui a enregistré un taux de croissance de 3% en 2018 et de 2,7% estimé cette année. Bien qu'elle reste impactée par la dépendance de la valeur ajoutée agricole aux aléas climatiques, elle pourrait de nouveau s'accélérer en 2020. Selon les projections présentées début juillet par le Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance pourrait dépasser les 3,4% en 2020, une estimation proche de l'objectif du gouvernement. Un taux bien loin du potentiel de l'économie marocaine, comme l'estime la Banque mondiale dans un récent rapport sur l'évolution et les perspectives de l'économie marocaine.

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