Maroc  : ces majors portées par la dynamique collective

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(Crédits : CM Industrie)
Qu'elles opèrent dans les télécoms, l'agrobusiness, l'outsourcing, l'immobilier ou même l'industrie pharmaceutique, nombreuses sont désormais les entreprises marocaines qui se greffent à l'arborescence construite par les banques pour poser ou approfondir leur ancrage régional. Quelques-unes sortent particulièrement du lot, selon leur secteur d'activité. Tour d'horizon.

Maroc Telecom

Progrès constant ! En Afrique, l'empreinte du leader marocain des télécoms s'encre sans cesse. Régulièrement étoffé, son parc régional atteint 38,4 millions de clients en 2018, contre 16,5 millions en 2013, soit plus du double en six ans.

Maroc Telecom

En réalité, l'expansion africaine de Maroc Telecom débute en 2001, avec l'acquisition de 54% de Mauritel, l'opérateur historique en Mauritanie. Très vite, l'opérateur marocain dissémine ses cartes dans neuf pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Cinq ans plus tard, le groupe devient le premier opérateur télécoms du Continent à offrir la télévision sur ADSL. Sacrée «Meilleur opérateur africain» aux «Telecom Review Excellence Awards 2018» pour la deuxième année consécutive, Maroc Telecom entend conquérir de nouveaux territoires.

Royal Air Maroc

Royal Air Maroc n'a certainement pas attendue l'élan de cette dernière décennie pour s'intéresser à l'Afrique, puisque le fleuron aérien marocain débute les dessertes régionales avec Dakar en 1958, soit un an à peine après la création de la compagnie. Celle-ci reviendra d'ailleurs dans la capitale sénégalaise en 2018 pour célébrer ses 60 ans. En revanche, la dynamique du secteur privé marocain autour du Continent l'a poussé à revoir sa stratégie, avec notamment l'embauche d'un nombre important de collaborateurs subsahariens. A présent, les ailes de la RAM se déploient à travers 32 lignes africaines, faisant de la compagnie le transporteur annuel d'environ 1,7 million de passagers en Afrique -sur 7,3 millions dans le monde, soit 22% du trafic global de la compagnie.

RAM Royal Air Maroc aérien aviation avion aéronautique Boeing

La RAM -qui pèse 16,7 milliards de dirhams de chiffre d'affaires en 2018, contre 15,5 milliards de dirhams en 2017- sera, d'ici mi-2020, la première compagnie aérienne africaine membre de l'alliance OneWorld. A Ouagadougou en mars 2019, le groupe aérien révélait son ambition de porter le trafic régional «à hauteur du tiers du trafic global». En proie récemment à une rude concurrence sur le marché régional, son PDG Abdelhamid Addou, par ailleurs président de préside l'Association africaine des compagnies aériennes (AFRAA), tente d'obtenir un nouveau contrat-programme qui lui permettra de doper suffisamment sa machine et ainsi davantage déployer ses ailes.

HPS

Le numérique au Maroc s'est considérablement développé au cours de ces 20 dernières années, favorisant l'émergence d'entreprises dont l'expertise est désormais de renommée mondiale. Parmi les plus emblématiques, Hyghtech Payment Systems (HPS), leader dans l'édition des solutions de paiement électronique et promoteur du grand rendez-vous annuel des acteurs africains de l'industrie des paiements et de l'identification : Africa Pay & ID Expo. Fondé en 1995 par l'homme d'affaires Mohamed Horani, le groupe fait 662 millions de dirhams de chiffre d'affaires en 2018, en hausse de 18,3% en glissement annuel et déploie ses services dans 48 pays africains sur 90 à travers le monde.

Intelcia

Né deux ans après l'accession au trône du roi du Mohammed VI, ce spécialiste de l'outsourcing a d'abord pris le temps d'asseoir son business au niveau local. L'option d'une expansion européenne devenue évidente face aux ambitions de développement d'une entreprise dont toute la clientèle y réside, Intelcia ne concrétisera une offensive africaine qu'en 2015 au Cameroun où le groupe s'impose désormais comme un acteur de l'emploi durable après y avoir récemment embauché son millième collaborateur. Fort à ce jour de 27 sites en Europe et en Afrique dont 12 au Maroc et six dans cinq pays subsahariens (dont le Sénégal, la Côte d'Ivoire, Madagascar et Maurice), ce spécialiste marocain de l'outsourcing est présent et se prépare discrètement pour attaquer d'autres marchés. En 2018, son chiffre d'affaires s'est établi à 200 millions d'euros grâce notamment à la performance des filiales africaines. Il ambitionne déjà de franchir la barre des 300 millions d'euros en 2020.

COOPER PHARMA

La santé est un secteur majeur de l'émergence des entreprises marocaines en Afrique. En tête de ces champions nationaux qui domptent l'industrie pharmaceutique à travers le Continent : Cooper Pharma. Après avoir livré à l'export à travers le Continent pendant de longues années, ce groupe fondé en 1933 a récemment fait le grand saut en implantant deux usines hors Maroc, en Côte d'Ivoire et au Rwanda. Les deux projets, nés de la tournée royale de 2016 en Afrique de l'Est, devraient être opérationnels courant 2019.

UNIMER

Dans le secteur de l'agroalimentaire marocain, Unimer est probablement l'une des success stories les plus inspirantes. Fondée au début des années 1900 par des investisseurs français pour l'export de conserves de cornichon, l'homme d'affaires Said Alj reprend l'entreprise en 1986, la transforme en géant de l'industrie de produits de la mer.

Unimer

Groupe ultra discret -à l'image de son propriétaire-, mais performant avec un chiffre d'affaires annuel qui frôle le milliard de dirhams, les produits d'Unimer -surtout ses fameuses conserves de sardines- trustent les marchés d'une trentaine de pays africains. Sous l'impulsion de la stratégie économique du Maroc en Afrique, le groupe s'est également créé une entité dédiée au Continent : Unimer Africa, qui a déjà réalisé une usine de conserve de poisson de 28 millions de dollars en Mauritanie.

Addoha

D'ici 2022, Anas Sefrioui le patron d'Addoha vise une contribution de l'Afrique à hauteur de 30% dans le chiffre d'affaires du groupe. Compté parmi les premières fortunes du pays, l'homme d'affaires multiplie les décentes sur le terrain comme à Abidjan en avril dernier où il lançait sa marque d'immobilier haut de gamme Prestigia. Lorsque les analystes évoquent le cas d'entreprises qui regardent ailleurs sur le Continent en raison d'un essoufflement du marché marocain -où le secteur de l'immobilier représente 6,3% du PIB-, Addoha en est bien l'exemple. Depuis 2011, ce major tire parti de l'éveil des pouvoirs publics du Sud -qui multiplient les projets de logements sociaux-, mais aussi la montée d'une classe moyenne émancipée. Ce contexte a été notamment propice au lancement de Ciments de l'Afrique, la filiale du groupe qui détient des usines dans plusieurs pays dont le Mali. A ce jour, Addoha a déjà investi plus de 3 milliards de dollars dans 16 pays africains.

Groupe OCP

A l'Est de l'Ethiopie, un complexe industriel d'engrais d'un coût de 3,7 milliards de dollars sort de terre pour une mise en service totale d'ici 2025. Au Nigeria, un accord est en passe d'être conclu cette année pour la construction d'une usine d'ammoniaque d'une capacité d'un million de tonnes. Au Ghana, un projet d'usine de phosphate pourrait prendre forme d'ici 2020. Tout cela sachant que courant 2019, ces pays ainsi que la Côte d'Ivoire et le Sénégal abriteront la mise en exploitation d'un total de 10 usines de mélange de phosphates.

OCP

Autant de pas stratégiques que pose le géant mondial des phosphates pour davantage asseoir son leadership sur le marché africain des fertilisants qu'il domine déjà à hauteur de 65%, selon Reuters. Une offensive qui s'est automatiquement accélérée avec la création en 2016 d'OCP Africa, l'entité dédiée au pilotage du développement régional du groupe et la promotion de l'agriculture sur le Continent, ce secteur qui s'érige désormais comme l'un des plus stratégiques pour l'avenir, dans un contexte de croissance démographique galopante du Continent, couplée à la réalité des changements climatiques. Avec une trentaine de filiales et joint-ventures, près de 21 000 employés, 55,9 milliards de dirhams de chiffre d'affaires, plus de 160 clients à travers les cinq continents, près de 200 milliards de dirhams de programmes d'investissements sur 2008-2027, c'est certainement avec fierté que l'OCP célébrera son siècle d'existence l'an prochain.

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