Export africain : Kenya, Congo, Tchad… les nouveaux adhérents dynamisent l’agenda du FEDA

Après le Zimbabwe récemment, le Kenya, le Congo et le Tchad viennent de signer l’accord d’établissement du Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA). Un pas en avant pour ce fonds initié par Afreximbank, qui entend multiplier les ressources pour le déploiement de l’export industriel sur le continent.
Ristel Tchounand
(Crédits : Les travailleurs déplacent un conteneur de riz sur un navire du Programme alimentaire mondial au port de Cotonou. Charles Placide Tossou/Reuters)

Le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA) creuse peu à peu son sillon. L'institution -filiale de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank)- vient d'être ralliée par le Kenya, le Congo Brazzaville et le Tchad, s'inscrivant ainsi au club des pays membres du Fonds, où figurent déjà notamment le Rwanda, le Togo, la Mauritanie, la Guinée, le Soudan du Sud ou le Zimbabwe qui était jusque-là le dernier sur la liste.  Ces adhésions « sont des étapes importantes qui devraient catalyser davantage d'investissements de FEDA vers l'industrialisation de ces pays et le développement des exportations à valeur ajoutée », a déclaré Bénédict Oramah, président de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) et président du conseil d'administration du FEDA.

« Notre mandat est essentiel pour faire avancer le continent »

Initié en 2019 et opérationnel depuis 2021, ce Fonds a pour objectif de promouvoir les exportations à valeur ajoutée sur le continent, en mettant donc un accent sur le développement des industries, tous secteurs confondus. Sa stratégie : l'investissement en equity. A cet effet en septembre dernier, le FEDA a levé 670 millions de dollars pour soutenir les entreprises actives dans l'export industriel. Deux mois plus tard, cette institution basée à Kigali rejoignait le tour de table d'ARISE Integrated Industrial Platforms (ARISE IIP), le développeur et opérateur panafricain d'infrastructures (présent au Bénin, au Togo, au Gabon ... ) en y investissant 85 millions de dollars. Et c'est également au travers de la firme dirigée par Gagan Gupta que le FEDA se déploiera notamment au Congo et au Tchad, au travers des projets « Plateformes Industrielles du Congo » et Laham Tchad.

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Pour Marlène Ngoyi, CEO du FEDA, il s'agit surtout plus largement de « soutenir les stratégies des parcs industriels » de ces pays. « Le mandat du FEDA est essentiel pour faire avancer le continent », estime cette financière aguerrie qui a fait ses armes dans la banque internationale avant de prendre les rênes du Fonds d'Afreximbank.

Quête de valeur ajoutée

Les trois nouveaux adhérents connaissent des dynamiques différentes, mais affichent tous récemment la volonté d'émerger. Le Congo Brazzaville dont les exportations sont principalement restées concentrées sur le pétrole brut, le pétrole raffiné et le bois brut, cherche depuis quelques années à se diversifier et cherche à miser sur l'export à valeur ajoutée. Son projet de zones industrielles à Pointe Noire et à Ouesso devrait l'y aider.  D'ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, la loi interdit l'exportation de bois sous forme de grumes, également dans un souci de préservation de l'environnement.

Si le pétrole, le coton, le bétail, l'acacia font partie des produits d'exportations du Tchad les plus notoires, ce pays d'Afrique centrale est également le deuxième producteur de gomme arabique au monde, largement exporté en Europe et au Moyen-Orient notamment. Récemment, le Tchad entend miser sur son potentiel dans la filière bétail-viande, avec un objectif de production de 200 000 tonnes dans le cadre de Laham Tchad lancé en avril 2022.

Le Kenya, quand à lui, est connu pour son succès dans la floriculture, en tant que premier producteur africain de fleurs coupées avec une production d'environ 200 000 tonnes par an Ses roses sont les quatrièmes les plus exportées au monde, après celles des Pays-Bas, de la Colombie et de l'Equateur. Si ces exportations en valeur ont connu une baisse de 18% à 90 milliards de shillings -soit environ 718 millions $- en 2022, le pays peut également compter que son thé qui fait depuis peu l'objet d'expérimentations commerciales dans le cadre de la Zlecaf, mais aussi son café, ses textiles et autres. Ici, il est surtout question pour le FEDA de « poursuivre des opportunités d'investissement stratégiques ».

Au moment les institutions africaines tentent d'appuyer sur l'accélérateur pour l'opérationnalisation générale de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), l'adhésion des pays au FEDA est regardée, du côté d'Afreximbank, comme une « opportunité » de multiplier les possibilités d'essor pour le commerce intra-africain et le commerce du continent africain avec le reste du monde.

Ristel Tchounand
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