Opep : vers une contrainte de réduction de la production pour le Nigeria ?

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Le ministre nigérian du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu (cravate jaune), à son arrivée à la réunion entre l’Opep et les pays pétroliers non-membres à Doha le 17 avril 2017.
Le ministre nigérian du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu (cravate jaune), à son arrivée à la réunion entre l’Opep et les pays pétroliers non-membres à Doha le 17 avril 2017. (Crédits : Reuters)
Après avoir été exempté de l’accord du 30 novembre dernier, le Nigeria pourrait être contraint de revoir à la baisse sa production pétrolière dans le cadre du prochain accord discuté à Vienne cette semaine. Alors qu’Abuja a placé l’année 2017 sous le signe du développement de son secteur pétrolier, une telle orientation pourrait brouiller ses cartes.

J-2 pour le prochain sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne. Et dans les coulisses, se dessinent déjà les couleurs d'une nouvelle configuration. Le Nigeria, pays membre exempté dans le premier accord conclu le 30 novembre 2016, pourrait se voir contraint à réduire sa production dans le cadre du nouvel accord qui devrait être discuté le 25 mai, a déclaré lors d'une conférence de presse, lundi 22 mai à Bagdad, le ministre irakien du Pétrole, Jabar Ali al-Luaibi, selon Reuters.

D'après le ministre, l'orientation émanerait de la volonté des poids lourds du cartel, à savoir l'Arabie Saoudite et l'Irak, d'augmenter l'objectif de réduction de 1,8 million de barils par jour. Ce qui nécessiterait l'effort de tous les membres cette fois-ci.

Dans le cadre de l'accord du 30 novembre pour rappel, l'Opep avait décidé de réduire sa production à 32,5 millions de barils de pétrole par jour à compter du 1er janvier 2017. Tous les pays membres devaient s'y conformer, à l'exception de l'Indonésie, la Libye et le Nigéria, principalement pour les raisons d'instabilités sécuritaires. Au Nigéria en effet, les attaques de Boko Haram qui se sont multipliées dans le Delta du Niger en 2016 avaient porté un coup à la production pétrolière. Celle-ci était alors passée d'environ 2 millions de pétrole brut par jour à une moyenne journalière de 1,5 million de barils, soit le plus bas niveau de production de ce pays d'Afrique de l'Ouest depuis 22 ans. Une contre-performance qui lui avait même valu le podium des producteurs en Afrique au profit de l'Angola.

Les nouvelles ambitions d'Abuja entre parenthèses?

Entre temps, Abuja a tenté de multiplier les stratégies pour redémarrer la machine pétrolière, avec des programmes d'explorations et de nouvelles exploitations. Ce qui lui a permis de retrouver sa place de leader africain après avoir produit 1,68 million de baril de d'or noir par jour en octobre dernier. Jusque-là, l'exemption de l'accord de réduction de l'Opep lui permettait d'espérer renouer avec la gloire pétrolière. Après avoir garanti en début d'année 39 importants contrats de livraison nationale et internationale pour l'année 2017, le ministre du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu, annonçait début mars un investissement de près de dix milliards de dollars dans le secteur. Objectif : rehausser la production à trois millions de barils par jour d'ici cinq ans.

Si l'Opep contraint le Nigéria à diminuer sa production au cours des prochains mois (sachant que les poids lourds du cartel militent pour prolonger de neuf mois le prochain accord), cela pourrait porter un coup à ses objectifs à court terme et brouiller les cartes de son budget 2017.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2017 à 21:18 :
Il y a une grossière erreur dans votre texte.
Le groupe boko haram n'opere pas dans le delta du niger mais plutot dans le nord est et n'affecte pas la production pétrolière nigériane c'est plutôt les groupes séparatistes du Delta qui en sont responsables et c'est dans le sud est du Nigeria ou est concentré la zone d'exploitation.
Cordialement

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