Ethiopie  : les exportations toujours à la traîne, malgré la dévaluation du birr

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En octobre dernier, la National Bank of Ethiopia a décidé de dévaluer de 15% la valeur du birr, afin de redonner souffle au secteur des exportations.
En octobre dernier, la National Bank of Ethiopia a décidé de dévaluer de 15% la valeur du birr, afin de redonner souffle au secteur des exportations. (Crédits : Reuters)
Les performances des exportations ne répondent toujours pas aux attentes des autorités gouvernementales éthiopiennes. Au premier trimestre de l'année fiscale 2017-2018, le commerce extérieur a totalisé un montant de 678 millions de dollars de recettes. Un montant bien en deçà des 977,2 millions de dollars prévus pour cette année.

Les chiffres du commerce extérieur éthiopien n'arrivent toujours pas à renouer avec le trend haussier cette année, ainsi qu'en témoigne la dernière édition du rapport du ministère du Commerce, rendu public à la fin de la semaine dernière. Dans le détail, le rapport révèle que les recettes du commerce extérieur n'ont guère dépassé 678,4 millions de dollars, au premier trimestre de l'année fiscale 2017-2018. Le département souligne dans son rapport que ces performances sont encore en deçà des attentes du gouvernement (69,4%), estimées en termes prévisionnels à 977,5 millions de dollars.

Le rapport explique que les produits agricoles représentent les produits les plus exportés pendant cette période et que le café, à lui seul, a généré près de 215,3 millions de dollars de recettes à l'export. Dans le même temps, alors que les exportations de graines oléagineuses, de thé et d'électricité ont enregistré une augmentation par rapport à la référence initiale du gouvernement, les recettes trimestrielles liées aux produits laitiers, au cuir, au bétail, aux minéraux, aux produits électroniques représentent bien moins de 50% des attentes.

Pour Yohannes Ayalew, économiste en chef et vice-gouverneur de la Banque nationale d'Ethiopie (NBE), ces performances trouvent leur explication dans le contexte actuel, où le secteur des exportations a connu une croissance rapide à une moyenne de 24,1% entre 2003 et 2011, mais n'a pas réussi à aller plus loin. La chute des cours des matières premières sur le marché mondial a également fait son effet sur les performances des exportations éthiopiennes qui ont baissé entre 2012 et 2016, particulièrement les produits phares comme le café, les graines oléagineuses, le cuir et l'or. Toutefois, les recettes de ce premier semestre affichent une augmentation de 3% par rapport aux chiffres enregistrés à la même période en 2016.

Dévaluer la monnaie pour accroître les recettes...

La publication des performances du secteur des exportations intervient quelques semaines après la décision de la NBE (le 11 octobre dernier) de dévaluer le birr éthiopien de 15%. La Banque centrale avait expliqué que sa décision visait l'objectif d'accroître les revenus du secteur des exportations pour l'actuelle année fiscale. Une vision partagée par plusieurs experts et décideurs politiques du pays qui espèrent encore que la dévaluation fonctionnelle de la devise aurait certainement un impact positive sur les exportations.

C'est le cas d'ailleurs du Premier ministre Hailemariam Desalegn qui a expliqué récemment que la dévaluation du birr était nécessaire pour appuyer le commerce à l'exportation surtout pour les produits agricoles destinés aux marchés étrangers. «Les fermiers éthiopiens de produits agricoles destinés à l'exportation bénéficieront plus, si la valeur du birr éthiopien est dévaluée par rapport à la devise des pays importateurs», avait soutenu Hailemariam Desalegn.

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