Pour un leadership environnemental de l'Afrique

La 22ème Conférence des Parties (COP 22) est celle de l'action mais elle est aussi, avant tout, une COP africaine. Elle nous rappelle que l'Afrique doit être au centre de la stratégie mondiale de lutte contre le réchauffement climatique. C'est le message que portera le Gabon tout au long de la COP 22, afin que l'Afrique ose prendre la tête du leadership environnemental.

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(Crédits : DR)

L'année 2016 va être l'année de tous les records en matière de climat. Ce sera sans aucun doute l'année la plus chaude jamais enregistrée de l'histoire de l'homme. Si l'objectif à long terme contenu dans l'Accord de Paris, à savoir limiter l'évolution de la température à 2°C en 2100, est partagé par tous, le combat ne semble pas gagné pour autant. Le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l'Environnement tiré de l'agrégation de toutes les contributions décidées au niveau national (INDC) montre que nous sommes sur une trajectoire de 3°C plutôt que celle de 2°C.

 Le Gabon a publié en 2015, dans le cadre de sa contribution nationale, son engagement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à savoir réduire de moitié nos émissions à l'horizon 2025. Cet engagement traduit de manière chiffrée la vision du pays à travers des actions dans les principaux secteurs d'émissions de gaz à effet de serre : la forêt, le torchage de gaz, l'énergie et l'agriculture.

 La forêt tout d'abord est un bien public mondial et un atout pour l'avenir. Notre devoir pour les générations futures est de favoriser une exploitation durable des ressources forestières tout en favorisant les retombées sociales de cette exploitation pour les populations. La forêt gabonaise, qui représente 23,8 millions d'hectares, constitue un stock de carbone impressionnant de l'ordre d'une dizaine de milliards de tonnes de CO2eq selon une étude du World Resources Institute publiée en 2000, soit jusqu'à près d'un tiers des émissions annuelles mondiales liées à la consommation d'énergies fossiles. Cette forêt est désormais placée sous surveillance satellitaire grâce à la mise en opération de l'Agence Gabonaise d'Etudes et d'Observations Spatiales.

 Quant au torchage de gaz associé à la production pétrolière, il représentait 23% des émissions directes en 2000, mais a fait l'objet de nombreuses mesures qui ont déjà abouti à des résultats significatifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Parmi ces mesures on peut citer l'adhésion du Gabon à l'initiative « Global Gas Flaring Reduction » (GGFR) de la Banque mondiale en 2007, la promulgation d'une loi de règlementation du secteur des hydrocarbures interdisant le torchage en continu et enfin la participation du Gabon en 2015 à l'initiative « Zéro Torchage de Routine d'ici 2030 ».  A travers ces mesures, le pays prévoit de réduire les émissions de GES de 17 341 GgCO2, soit 41% des émissions (63% en 2025) sur la période 2010-2025.

 Enfin, dans le domaine de l'agriculture, à travers un Plan National d'Affectation du Territoire (PNAT), nous avons voulu traduire et consolider l'action de l'aménagement durable des forêts gabonaises dans la réalisation des engagements du Gabon en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 Le Gabon n'est qu'un exemple parmi d'autres que des réalisations concrètes en matière de transition énergétique en Afrique sont possibles. Le continent possède un immense potentiel d'énergies propres - il est abondamment éclairé par le soleil et recèle de nombreuses sources d'énergie hydroélectrique non exploitées. Mais pour en profiter, il nous faut investir dans les technologies et les infrastructures appropriées.

 C'est pour relever ces défis que le Gabon a déjà anticipé et que notre pays a infléchi sa trajectoire de développement.

 Mais pour être véritablement efficace, nous devons agir de concert.

 L'Afrique a besoin de ses partenaires internationaux publics et privés. Selon les prévisions de la Banque mondiale, elle sera, en 2040, le continent qui aura la plus importante population active devant l'Inde et la Chine réunies, tandis que la moitié de sa population a moins de 25 ans, faisant d'elle le continent le plus jeune au monde.

L'Afrique est devenue incontournable pour notre avenir collectif et la COP22 doit être l'occasion de développer des solutions concrètes et efficaces pour garantir un développement durable du continent, résilient au changement climatique à travers des projets structurants et des actions régionales ciblées.

Il y a aujourd'hui davantage de réfugiés climatiques dans le monde que de réfugiés de guerre. L'inaction est tout simplement intolérable et soumettrait les générations futures à un risque inacceptable. Les ambitions du Gabon pour l'Afrique sont grandes et nous espérons que la COP22 marquera le début de réalisations plus grandes encore.

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