Bassin du Congo : une commission climat et un fonds bleu pour passer à l’action

Le premier Sommet des chefs d’Etat de la Commission climat et du Fonds bleu pour le Bassin du Congo s’est achevé dimanche avec l’adoption d’un protocole pour opérationnaliser l’initiative lancée depuis Marrakech lors de la COP22. Après les plaidoyers, l’heure est désormais à l’action et en attendant les premiers fonds, les engagements pris à Brazzaville témoignent d’une prise de conscience progressive des enjeux climatiques sur le Continent.
Photo de famille des chefs d'Etat et de gouvernement qui ont participé au sommet de la Commission climat et du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, le 29 avril 2018 à Kintélé près de la capitale Brazzaville.
Photo de famille des chefs d'Etat et de gouvernement qui ont participé au sommet de la Commission climat et du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, le 29 avril 2018 à Kintélé près de la capitale Brazzaville. (Crédits : DR.)

C'est sur une note positive que s'est achevée, le dimanche 29 avril au centre international de conférences de Kintélé près de Brazzaville, le premier Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Commission climat et du fonds bleu pour le bassin du Congo. Il n y avait certes pas eu de grande annonce, notamment financière, mais la dizaine de chefs d'Etat présents ainsi que la vingtaine de pays représentés se sont engagés à travers un protocole sur l'opérationnalisation de la Commission climat ainsi que du Fonds.

«Le moment est venu de rendre effectif le fonctionnement de la Commission climat du bassin du Congo et du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo», a plaidé à l'ouverture du sommet, l'hôte de l'évènement, le président congolais Denis Sassou N'guesso pour qui «ces deux instruments novateurs restent ouverts aux contributions des pays membres de l'Organisation des Nations Unies».

[Lire aussi : Sommet africain de l'action : la COP22, un déclic pour une union africaine du climat]

C'est du reste sur cette problématique qu'a convergé l'essentiel des messages des chefs d'Etat qui ont intervenu à la tribune. Mohammed VI, roi du Maroc, qui était l'invité spécial du sommet a ainsi fait remarquer que «le financement du Fonds bleu pour le Bassin du Congo constitue le défi majeur à sa mise en œuvre». Mohammed VI qui a plaidé pour une implication des acteurs économique et de la société civile pour accompagner la mobilisation a estimé qu'il est nécessaire de s'engager véritablement sur des actions concrètes d'atténuation et d'adaptation afin que soit garantie, l'émergence d'un mode résilient de développement. «Nous devons ainsi innover et créer des mécanismes qui identifieront et mobiliseront les ressources financières ; il nous faut convaincre les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, publics ou privés», a plaidé Mohammed VI.

«C'est un projet fédérateur qui couvre de belles perspectives pour le Bassin du Congo, pour la région et pour le continent. L'Afrique s'est engagée dans la voie de la transformation de manière irréversible. Elle s'affirme chaque jour et elle se projette dans l'avenir avec confiance et sérénité. Mais, nous ne l'ignorons pas, les défis sont nombreux. Et le plus important, aujourd'hui, est sans doute d'associer le nécessaire développement de notre continent à un éveil de conscience écologique», a déclaré Mohammed VI.

Conscience écologique africaine

Dans la droite ligne de l'appel lancée par le roi Mohammed VI pour une plus grande prise en compte des enjeux climatiques, les chefs d'Etat qui se sont prononcés lors du sommet ont également rappelé les défis pour le Continent.

Le président Denis Sassou N'Guesso a mis en avant le que fait que «le monde n'a jamais été aussi vulnérable qu'il l'est face aux changements climatiques», tout comme son homologue gabonais qui a mis l'accent sur les menaces environnementales auxquels font face les pays africains et qui sont désormais devenu une problématique mondiale.

C'est du reste pour cette occasion que le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a annoncé la prochaine nomination d'un comité spécial qui se chargera de la prise en compte des défis climatiques et des enjeux pour le Continent dans l'agenda de l'organisation continentale.

«Ce sommet constitue une occasion privilégiée pour rappeler l'importance de la question du développement climatique pour notre continent. Loin d'être une utopie écologique, écologiste ou une spéculation environnementale, le changement climatique est au centre de notre devenir», a déclaré le président Ali Bongo Ondimba.

Autre son de cloche qui illustre toujours les risques pour le Continent qu'engendrent ces défis climatiques, c'est le lien étroit entre le terrorisme et les changements climatiques qu'a mis en évidence le président nigérien. Mahamadou Issoufou qui est également en charge des mêmes questions pour le Sahel, notamment le bassin du Lac Tchad, a profité de l'occasion pour faire l'état d'avancement ainsi que l'agenda de cette seconde initiative africaine qui va se matérialiser dans les tout prochains mois.

«Chaque jour d'inaction est une occasion de l'aggravation des effets des changements climatiques aux conséquences combien néfastes sur les conditions de vie de nos populations. Ces effets, faudrait-il le rappeler, se traduisent, par la dégradation accélérée de nos ressources naturelles, la recrudescence des phénomènes extrêmes, tels que les sécheresses à cycles réduits, l'apparition des maladies climato-sensibles et les inondations entre autres. Sources principales de la pauvreté, ces phénomènes sont aussi les causes premières de l'apparition d'autres fléaux tels la migration des jeunes, le crime organisé et le terrorisme». a rappelé le président Mahammadou Issoufou

Au sortir du Sommet de Brazzaville, le constat est clair et bien que ce n'est pas la première fois, la rencontre a permis d'actualiser la problématique du changement climatique pour le développement du Continent. Le sommet a ainsi permis de faire le bilan de la commission ainsi que du fonds, mais aussi et surtout de mettre en place les outils et mécanismes nécessaires qui devront permettre d'accélérer leur opérationnalisation. L'enjeu majeur étant de passer des paroles aux actes dans la droite ligne des engagements pris par les chefs d'Etat et de gouvernement lors du Sommet africain du Climat qui s'est tenu le 15 novembre 2016 à Marrakech en marge de la COP22 et à l'initiative du Maroc.

C'est en effet à cette occasion que l'initiative en faveur du Bassin du Congo a été lancée par les dirigeants africains, avec comme ambition le développement des pays de la sous-région à travers l'exploitation durable des ressources renouvelables des eaux du Congo et de ses affluents et la valorisation des écosystèmes forestiers.

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