Comores : en l'absence de l'opposition, Azali Assoumani s'offre une confortable assise parlementaire

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(Crédits : Reuters)
Pouvait-il en être autrement? En l'absence de l'opposition qui a décidé de boycotter le scrutin, c'est la Convention pour le renouveau des Comores (CRC), le parti du président Azali Assoumani, qui rafle une majorité confortable à l'Assemblée nationale. Avec la publication des résultats partiels des législatives du 19 janvier, le CRC est déjà assuré d'avoir 16 des 24 sièges de l'hémicycle. L'opposition crie déjà à la fraude.

Dans le fond, la musique de la protestation reste la même. Pour le front de l'opposition comorienne la réélection en mars 2019 d'Azali Assoumani, tout comme le raz-de-marrée de son parti à l'Assemblée nationale lors des législatives 2020 ont eu lieu grâce à une « mascarade d'élection». Pour l'heure, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n'a pu délivrer que les résultats partiels du premier tour pour 19 circonscriptions sur les 24 sièges de députés à pourvoir.

Dans le détail, la Convention pour le renouveau des Comores (CRC), le parti présidentiel a raflé 16 des 24 sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale, selon les résultats publiés par la CENI. Les trois sièges restants sont partagés entre les deux alliés qui composent la coalition présidentielle. Minée par des querelles entre ministres et même des conflits d'intérêts, cette coalition a dans les faits volé en éclats. Sans susciter de grand engouement, la campagne électorale pour les législatives s'est résumée en joutes et piques ponctuelles entre les alliés.

Malgré cette césure, Azali Assoumani est désormais assuré d'une confortable assise parlementaire dans la nouvelle Assemblée qui va compter 24 députés. En attendant le second tour qui devrait pourvoir les 5 sièges restants le 23 février prochain après l'évacuation des éventuels recours devant la Cour suprême, le président comorien dont le parti n'avait que 2 députés dans la précédente législature, se voit ainsi conforter par une bonne assise parlementaire. De quoi faire voter les lois nécessaires pour son plan de développement pour lequel il cherche les financements auprès des bailleurs internationaux.

Une assise parlementaire dénoncée comme une «mascarade électorale»

Pour autant, cette victoire provisoire n'est pas du goût de l'opposition. Depuis l'annonce de la date des législatives, cette dernière a appelé au boycott du scrutin, estimant que les garanties pour un scrutin transparent juste n'avaient pas été apportées par le pouvoir. La Mission d'observation de l'Union africaine (UA), présidée par Bernard Makuza, l'ancien Président du Sénat du Rwanda concentre l'essentiel des critiques de l'opposition comorienne. Pour l'Union de l'opposition, l'organisation panafricaine apporte une caution de crédibilité à ce qu'elle considère comme une «mascarade électorale» avec un taux de participation de 10 %, loin des 61,5 % annoncés par la CENI lors de la proclamation des résultats provisoires.

«Les Comoriens ont de nouveau administré la preuve de leur rejet sans appel du régime de dictature en désertant les bureaux de vote», a écrit l'opposition dans un communiqué daté du 20 janvier. Dans le fond, la critique reste la même: tout comme lors de la réélection contestée d'Azali Assoumani en mars 2019, l'opposition dénonce les résultats des législatives. Certains envisagent d'ores et déjà de saisir la chambre constitutionnelle de la Cour suprême. En dernier recours, leur combat pourrait s'exporter à l'étranger au moment où le président comorien veut attirer les investisseurs étrangers.

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