Medays 2018 : un Grand prix pour un Roch Marc Kaboré en campagne avant l'heure

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Brahim Fassi Fihri, président de l'Institut Amadeus ;  Mohcine Jazouli, ministre délégué en charge de la coopération africaine, et le président burkinabé, Roch Marc Kaboré, qui vient de se voir décerner le «Grand Prix Medays», ce 9 novembre 2018.
Brahim Fassi Fihri, président de l'Institut Amadeus ; Mohcine Jazouli, ministre délégué en charge de la coopération africaine, et le président burkinabé, Roch Marc Kaboré, qui vient de se voir décerner le «Grand Prix Medays», ce 9 novembre 2018. (Crédits : Institut Amadeus)
En campagne électorale pour un second mandat à la tête du Burkina Faso, le cachet officiel en moins. Depuis qu'il a confirmé sa volonté de rempiler à la magistrature suprême, Roch Marc Christian Kaboré ne rate aucune occasion de se mettre en avant. Les Medays, forum international organisé à Tanger par l'Institut Amadeus, lui ont offert une grande tribune depuis laquelle il a passé son grand oral.

A son tableau de décorations, Roch Marc Christian Kaboré peut désormais accrocher le «Grand Prix Medays». En guest star de cette édition 2018, le président burkinabé rejoint Paul Kagamé, Medhi Jomaa, Abdullah Abdullah et Morgan Tsvangirai sur la longue liste des personnalités décorées de ce prix.

Ce dernier récompense chaque année «des personnalités, institutions, organisations ou entreprises, ayant apporté une contribution déterminante au développement des pays du Sud, ou ayant eu une réelle valeur ajoutée dans l'amélioration des rapports Nord-Sud ou Sud-Sud», selon le site de l'Institut Amadeus, le think tank marocain qui organise le Forum des Medays.

Outre les lauriers de cette décoration remise en présence de Mohcine Jazouli, ministre délégué en charge de la coopération africaine, le président burkinabé s'est fardé de toute la lumière des projecteurs offerte par ce forum d'envergure internationale. Et les organisateurs n'ont pas fait les choses en petit. Avant même la remise de cette distinction que l'intéressé qualifie d'«honneur pour le peuple burkinabé», un film institutionnel sur ses réalisations depuis son accession au pouvoir en 2015 a été diffusé devant un parterre de 400 invités. Est-il seulement en campagne électorale avant l'heure pour un second mandat ?

En tout cas, dans une interview accordée à nos confrères belges du quotidien Le Soir, le président burkinabé a clairement confirmé son intention de se porter «candidat pour un deuxième mandat» à la tête du Burkina, alors même que l'élection présidentielle est prévue en 2020. Depuis Roch Marc Kaboré, ne rate jamais une occasion de se placer sur les grands sujets sous-régionaux.

Même si dans son grand oral, le locataire du Palais de Kossyam a préféré s'éloigner des sujets électoraux -il faut dire que ce n'était pas lieu, il en a profité pour pousser des thématiques importantes pour son pays, notamment sur la question du G5 Sahel et les questions climatiques.

Aux prises avec le terrorisme, notamment avec une multiplication des attaques sur son sol, le Burkina Faso compte sur une force conjointe du G5 Sahel, en panne de démarrage effectif, faute de financement et malgré les promesses. D'où le mot d'appel et d'encouragement du président Kaboré.

«Cette coalition bénéficie aujourd'hui des soutiens de l'Union européenne et de toutes les institutions et pays qui nous accompagnent dans ce combat. À notre plus grande satisfaction, ces acteurs mettent en commun des ressources, des expertises et leurs engagements pour le développement et la sécurité de la région», relève Roch Marc Kaboré dans son discours ce 9 novembre 2018 à Tanger.

Depuis cette ville située au nord du Maroc, le locataire du Palais de Kossyam a aussi lancé un appel pour la préservation d'un Accord de Paris sur le climat, récusé par Donald Trump. Les espoirs de financements en direction des pays les plus vulnérables, dont le Burkina sans accès à la mer, se sont mus en doute.

«Le consensus dont nous avons convenu sur les questions du climat et des changements climatiques à Marrakech, à Paris et ailleurs mérite et doit être sauvegardé, plaide Roch Marc Kaboré. Il en va de la survie même des espèces humaine et animale. Le Burkina Faso, par ma voix, interpelle la conscience des leaders politiques, religieux et des communautés et peuples du monde afin de sauvegarder l'Accord de Paris sur le climat».

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