CPI-Côte d'Ivoire  : pour le juge Tarfusser, les six ans de détention de Gbagbo sont « suffisants »

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Laurent Gabgbo est incarcéré au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningen à La Haye depuis le 30 novembre 2011, suite à son inculpation pour quatre chefs d'accusation de «crimes contre l'humanité».
Laurent Gabgbo est incarcéré au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningen à La Haye depuis le 30 novembre 2011, suite à son inculpation pour quatre chefs d'accusation de «crimes contre l'humanité». (Crédits : Reuters)
Alors que le procès de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo détenu depuis six ans à la prison de la Cour pénale internationale pour crime contre l'humanité, a été reporté au 12 novembre prochain, le juge en charge du procès, Cuno Tarfusser a indiqué face à la presse que les six ans de détention de Gbagbo étaient suffisants, appelant à faire confiance à la Cour internationale.

Laurent Gbagbo serait-il proche de quitter le quartier pénitentiaire de la CPI, à Scheveningen, dans les faubourgs de La Haye ? La question mérite d'être posée alors que le juge en charge de l'affaire, Cuno Tarfusser, a confié à la presse que les six années de détention de Gbagbo étaient suffisantes. «Je voudrais profiter de vos journaux pour demander aux Ivoiriens de ne pas détruire leur beau pays. Je sais que ce procès éprouve les Ivoiriens, depuis plus de six ans qu'il dure. Que les Ivoiriens sachent que nous ne sommes pas en train de régler un problème politique de la Cote d'Ivoire», a-t-il confié.

«J'estime que six ans de détention préventive, c'est suffisant. Mais je leur promets que les juges feront leur travail sans parti pris. Nous allons évaluer les preuves et décider en toute objectivité. C'est vrai que ce n'est pas facile de prendre une décision unanime à trois. Nous sommes trois juges qui venons de systèmes juridiques différents, mais il nous appartient d'évaluer, à travers des échanges, la véracité des preuves», a-t-il ajouté en indiquant avoir également suggéré la libération de l'ex-chef d'Etat.

Prudence exigée

Alors que certaines sources laissent entendre que le dénouement de l'affaire sera connu, les avocats de Laurent Gbagbo qui ont demandé et obtenu le report de l'audience appellent à la prudence. «Nous avons reçu un document très volumineux émanant du procureur et qui fait 1093 pages en anglais, avec plus de 6000 références mises au pied de pages. Nous jouons la liberté de notre client à ce stade de la procédure. Il faut avancer avec une prudence. Nous évitons les pièges», a confié Me Claver N'dri, membre de l'équipe de défense à la presse.

Détenu depuis six ans la Haye pour «crime contre l'humanité», alors que son épouse, incarcérée en Côte d'Ivoire, a été libérée en août dernier, Laurent Gbagbo voudrait également pouvoir rentrer chez lui. En début du mois d'octobre, sa défense avait demandé «un non-lieu total» et un «jugement d'acquittement pour toutes les charges et pour tous les modes de responsabilité» signifiant la demande d'une «libération immédiate» de son client.

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Commentaires
a écrit le 13/10/2018 à 19:05 :
Finalement, le président Gbagbo a été jeté en prison pour rien. Avait-on besoin d'attendre plus d'une année pour rassembler les preuves des crimes supposés commis par un chef d'Etat en fonction alors qu'il y'avait des soldats et espions des grandes puissances dans son pays et le surveillaient nuit et jour? Franchement, cette Cour internationale déçoit de plus en plus. Après la libération de Jean-Piesse Bemba, il n'y a pas de doute que Gbagbo et son ministre Charles Blé Goudé seront bientôt relaxés. Les conséquences risquent d'être terribles aussi bien pour la CPI que pour la Côte d'Ivoire et l'Afrique de l'Ouest où l'ancien président Blaise Compaoré, celui-là que la France avait missionné pour faire tomber Gbagbo, vit paradoxalement en exil au pays de celui qu'il a humilié et fait chuter. Le choc en retour? Confions tout entre les mains de Dieu

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