Malawi : le vice-président crée son parti, ses collègues au gouvernement demandent sa démission

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Le vice-président Saulos Klaus Chilima, lors de la cérémonie d'ouverture des travaux de l'African Land Forces Summit, le 8 mai 2017 à Lilongwe, la capitale du Malawi.
Le vice-président Saulos Klaus Chilima, lors de la cérémonie d'ouverture des travaux de l'African Land Forces Summit, le 8 mai 2017 à Lilongwe, la capitale du Malawi. (Crédits : DR.)
Au Malawi, après l'annonce de la formation de son parti d'opposition, le Mouvement de transformation unie, des membres du gouvernement réclament la tête du vice-président malawite Saulos Chilima. Des ministres, dont celui des Finances, mais aussi celui de la Justice, estiment que celui-ci ne peut rester dans le gouvernement.

Plus rien ne marche entre le vice-président malawite, Saulos Chilima, et les membres du gouvernement. Alors qu'il a claqué la porte au Parti démocrate progressiste (PDP) au pouvoir pour créer son propre parti politique d'opposition, le Mouvement de transformation unie (MPU), cinq membres du gouvernement ont exigé ce vendredi sa démission qu'ils estiment logique.

Au rang de ces ministres, celui de la Justice et des Affaires constitutionnelles, Samuel Tembenu, le ministre des Finances, Goodall Gondwe, et le ministre de l'Information et des communications, Nicholas Dausi. Selon eux, Saulos Chilima doit faire le choix entre continuer d'assumer sa fonction de vice-président ou démissionner et devenir un membre de l'opposition.

Face à la presse locale, les cinq ministres ont indiqué que le vice-président doit comprendre qu'il ne peut pas exercer une politique d'opposition au sein même du gouvernement dont il fait partie, une chose qui paraît bien logique, selon eux.

Le précédent de Joyce Banda

Malgré la prise de position officielle de ces membres très influents du parti au pouvoir, obtenir la démission de Saulos Chilima sera une véritable guerre au gouvernement, surtout que le vice-président peut s'appuyer sur au moins un cas précédent pour se maintenir à son poste.

En effet, il y a six ans, l'ancienne présidente malawite, Joyce Banda, qui a quitté le pouvoir en 2014, s'était retrouvée dans la même situation que Saulos Chilima. Encore vice-présidente du président Bingu wa Mutharika, Banda avait lancé son propre parti, le Parti du peuple, s'opposant au parti au pouvoir. Elle s'était ainsi attiré la foudre des membres du gouvernement qui avaient exigé en vain sa démission. Au décès du président Bingu wa Mutharika en avril 2012, comme le prescrit la Constitution du pays, elle accéda à la présidence avant de quitter le pouvoir, deux ans plus tard.

S'appuyant sur cet exemple, un des alliés du vice-président, la secrétaire générale du MTU, Patricia Kaliati, plusieurs fois ministres, n'a pas hésité à rejeter les appels à démission. Selon elle, Saulos Chilima est légalement mandaté pour occuper le poste de vice-président jusqu'à la fin de son mandat, et en tant que tel, ne devrait pas démissionner.

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