Madagascar : passe d'armes politique autour du gouvernement d'union nationale

L’ordonnance de la Haute cour constitutionnelle pour la formation d’un gouvernement d’union nationale a plus clivé les deux clans rivaux qu’elle n’a contribué à résorber la crise politique sur la Grande île. Désormais déterminé à en découdre, chaque camp revendique la majorité absolue devant conduire à la désignation du Premier ministre qui va superviser le processus électoral des présidentielles et législatives.
Ibrahima Bayo Jr.

2 mn

(Crédits : Reuters)

L'opposition se voit déjà imposer au président une cohabitation. Le parti présidentiel lui se croit renforcé par la décision de la Haute cour constitutionnelle. Entre les deux, la passe d'armes se fait autour du gouvernement d'union nationale sur la base des résultats des législatives de 2013, selon une ordonnance de la plus haute juridiction de Madagascar.

Déchéance de mandat

«Nous venons de déposer une demande en déchéance contre les députés qui ont retourné leur veste et changé de parti, car cela ne respecte pas l'article 72 de la Constitution». A la sortie de son audience devant la Haute cour, Jean Brunelle Razafitsiandraofa, député de l'opposition qui veut écarter les transhumants ayant rejoint le camp du président Hery Rajaonarimampianina, aux prises d'un vaste mouvement de contestation de sa légitimité. Le calcul n'est pas dénué de sens.

La composition hétéroclite de l'Assemblée nationale actuelle a sans doute poussé la Haute cour constitutionnelle à prendre cette requête dans laquelle elle replace les acteurs politiques sur les résultats des législatives de 2013. Lors de ces dernières, une mouvance du Mapar, le parti de l'ex-président Andry Rajoelina, suivi d'une mouvance de l'ex-président Marc Ravalomana dominent l'Assemblée.

Tiraillements autour de la majorité au parlement

Une domination que le parti HVM de l'actuel président, créé après les législatives 2013, a tenté de défaire en jouant sur le jeu des alliances pour «débaucher» quelques députés dans le camp de ses adversaires. Douze chez Rajoelina et deux chez Ravalomana, selon un décompte du député Jean Brunelle Razafitsiandraofa du Mapar.

Tout l'enjeu pour l'opposition est donc d'écarter les transhumants politiques issus de son camp dans la configuration de 2013 pour prétendre à la majorité absolue au Parlement, donc de choisir le Premier ministre dans son propre camp. Ce Premier ministre sera chargé de diriger le gouvernement jusqu'aux élections (présidentielle et législatives) d'ici fin septembre.

En face, la mouvance présidentielle, constituée de députés indépendants et de l'opposition ayant rejoint le camp du président Rajaonarimapianina, revendique aussi la majorité absolue dans l'hémicycle. En attendant, l'ultimatum de la Haute cour pour la formation d'un gouvernement, qui se heurte aux divergences des deux camps, arrive à expiration au début du mois de juin. A son terme, sans convergence entre les «ennemis politiques», nul ne peut prédire l'issue de cette crise qui pourrait paralyser le pays.

Ibrahima Bayo Jr.

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