Présidentielle au Mali : l'«officialisation officieuse» de la candidature d'IBK

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(Crédits : Reuters)
Face à la dizaine de candidatures déclarées pour la présidentielle du 29 juillet 2018, la président sortant Ibrahim Boubacar Keïta devrait descendre dans l’arène politique pour tenter de conquérir à nouveau le Palais de Koulouba. Même si jusqu’ici IBK ne s’est pas officiellement déclaré candidat, une coalition de partis s’est chargée d’officialiser de faire d’IBK leur porte-étendard pour le scrutin.

Une visite du Premier ministre à Kidal annonciateur d'un retour d'un escadron de 17 soldats de l'armée malienne dans cette région désertée par l'administration et sous contrôle de groupes armés. La multiplication des déplacements présidentiels dans tous les événements annoncés à Bamako et à l'international.

Disponibilité présidentielle

Avec tous ces signes qui seront autant d'arguments de campagne sur les thèmes de la proximité avec le peuple, la lutte contre le terrorisme pour la sécurisation du pays, personne ne doutait encore qu'Ibrahim Boubacar Keïta ne briguerait un second mandat à la tête du Mali. Au rang de spéculation depuis plusieurs mois, l'hypothèse vient de recueillir un cachet plus ou moins officieux.

Sans avoir officiellement annoncé avoir fait acte de candidature, le président malien faisait savoir ce dimanche 6 mai dernier, sa disponibilité à «resservir ce pays de toutes [ses] forces», selon une formule volontairement floue. Mais cette demi-acceptation n'est que la fin du film politique qui consacre entre les lignes l'officialisation de la candidature du président sortant.

Cette déclaration est concomitante d'un meeting de la coalition présidentielle lors duquel une soixantaine de partis a décidé de désigner IBK comme son candidat pour le scrutin du 29 juillet prochain. Et pourtant malgré son absence remarquée, le chef de l'Etat et son ombre ont plané sur la rencontre. Quelques heures avant, IBK recevait au sein du Palais de Koulouba, les représentants des partis formant la coalition. Pour s'ôter un dernier doute que ses alliés lui étaient toujours fidèles ?

Flou sur une candidature, un double enjeu

Dans tous les cas, Bocary Tereta, président du Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir), s'est empressé de mettre tout le monde devant le fait accompli. « À la demande de son parti et de ses alliés politiques, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) accepte d'être candidat à la présidentielle de juillet », a-t-il déclaré juste après le meeting d'«officialisation».

En juillet 2017, une soixantaine de partis et de micro-partis ont décidé de former une coalition en vue de l'élection présidentielle qui se profilait à l'horizon. Mais depuis, des dissensions notamment sur la distribution des postes et des rôles avaient commencé à miner ce squelette de machine électorale.

A l'analyse, le président IBK a délibérément laissé ses alliés se charger d'officialiser sa candidature pendant que lui continue d'entretenir le flou sur son ambition de garder le fauteuil sur la colline de Koulouba. Une posture qui a un double intérêt pour IBK. En continuant de ne pas officialiser par sa voix -en attendant un congrès qui devrait l'adouber dans les prochains mois- le président peut resserrer les rangs dans sa coalition et au besoin se débarrasser des alliés impopulaires.

D'un autre côté, au milieu des candidatures et d'une opposition qui lui répond par une convergence vers une candidature unique autour d'un Soumeyla Cissé très critique sur le bilan du quinquennat finissant, Ibrahim Boubacar Keïta peut mettre à contribution ce temps de latence pour affûter ses arguments de campagne. Une stratégie du silence qui acte une « officialisation officieuse ».

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Commentaires
a écrit le 08/05/2018 à 14:32 :
Un candidat qui avait perdu le contrôle des secteurs de l'éducation et de la santé aucours de son premier mandat!
Les maliens sont soucieux de ce qu'il fera pendant le second en cas de victoire!

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