Investissements  : malgré son scepticisme, la BAD s'engage aux côtés de la Côte d'Ivoire

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Selon les engagements bilatéraux décidés entre la BAD et la Côté d'Ivoire, celle-ci devrait, à terme, avoir imposé une meilleure gouvernance dans la filière du cacao pour garantir la stabilité des revenus des producteurs.
Selon les engagements bilatéraux décidés entre la BAD et la Côté d'Ivoire, celle-ci devrait, à terme, avoir imposé une meilleure gouvernance dans la filière du cacao pour garantir la stabilité des revenus des producteurs. (Crédits : Reuters)
La Banque africaine de développement débloquera incessamment 28,9 milliards de francs CFA au profit l'Etat ivoirien. Le prêt mobilisé sera destiné au financement du Programme d'appui à la gouvernance économique et à la croissance, avec à terme des réformes déjà inscrites dans l'agenda de l'institution financière panafricaine.

Le conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) vient d'approuver l'octroi d'une enveloppe de 28,9 milliards de francs CFA au profit de la Côte d'Ivoire. D'après un communiqué de l'institution panafricaine, les fonds viendront soutenir le Programme d'appui à la gouvernance économique et à la croissance (PAGEC).

Le PAGEC a pour objectif de «renforcer l'efficacité et la transparence dans la gestion des comptes publics du pays, tout en consolidant la tendance positive des indicateurs de fragilité et en maintenant une croissance forte, soutenue et inclusive». «Il s'agit, notamment, de parvenir à une répartition plus équitable des sources de la croissance afin de réduire sensiblement l'incidence de la pauvreté qui reste encore très élevée dans le pays, de renforcer la gouvernance du secteur de l'énergie et du café-cacao, de développer des chaînes de valeur pour améliorer le niveau de transformation des produits locaux, d'assainir le secteur bancaire public et de réformer le foncier rural», précise le communiqué de la BAD.

En outre, ce prêt de la BAD devrait permettre à la Côte d'Ivoire de protéger les dépenses en faveur des couches les plus vulnérables, de mettre en place le système électronique de passation des marchés publics dans quatre ministères-pilotes, d'adopter et de mettre en œuvre un plan pour régler les arriérés dus par l'administration centrale à la Compagnie ivoirienne d'électricité.

Risque d'instabilité...

Si la Côte d'Ivoire a réussi le pari de dégager son économie de la phase de récession provoquée par les périodes de guerre civile, notamment en affichant un taux moyen de croissance de 9%, cela n'a pas empêché les analystes de la BAD de rester sceptiques quant au degré de stabilité économique dans le pays.

«Le double choc fiscal, induit par la baisse des recettes budgétaires et la hausse de la demande sociale, pourrait compromettre la soutenabilité des gains économiques et sociaux des cinq dernières années, une situation susceptible d'être une source de menace pour la stabilité macro-économique, voire pour la stabilité générale du pays», confie Abdoulaye Coulibaly, directeur par intérim du Département de la gouvernance et des réformes économiques et financières de la BAD.

Le PAGEC serait donc «la réponse de la Banque pour soutenir les efforts du gouvernement ivoirien, visant à sauvegarder la dynamique de croissance de ces dernières années», a-t-il ajouté.

Notons qu'à l'issue du Programme d'appui à la gouvernance économique et à la croissance, la Côte d'Ivoire devrait avoir réalisé réformes attendues par le BAD. Le pays devrait réduire les délais de création des entreprises en 2018, renforcer les textes sur le foncier rural, en augmentant le nombre de certificats fonciers délivrés de 50% et améliorer la gouvernance dans le secteur du cacao pour assurer de meilleurs revenus aux producteurs.

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