Tanzanie : Acacia s’effondre, alors que les négociations entre Dodoma et Barrick s’éternisent

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(Crédits : Reuters)
264 millions de dollars de revenus et 50% de sa valeur boursière, telles sont les pertes engrangées par Acacia Mining depuis mars 2017. Une chute suscitée par la crise qui l’oppose au gouvernement tanzanien et dont la résolution a été confiée à Barrick Gold, sa maison mère. Depuis l’annonce d’un accord-cadre en octobre dernier, rien ne filtre sur les pourparlers, un secret qui s’applique même au principal intéressé.

Les résultats de l'opérateur minier Acacia Mining viennent d'atteindre leur niveau le plus bas, en quatre ans, après l'annonce par son management d'une baisse substantielle de la production. L'absence d'indication sur le rapprochement d'une résolution du bras de fer entre Acacia et sa maison mère Barrick Gold d'un côté et le gouvernement tanzanien de l'autre qui dure depuis un an a eu un impact négatif certain.

Acacia en manque de visibilité

Bien que les foudres des autorités tanzaniennes se soient principalement abattus sur Acacia, notamment son management qui a dû même faire face à des pressions des services secrets, l'entreprise n'a pas été conviée à la table des négociations où Barrick négocierait pour son compte. Selon la sortie publique de Peter Garcia, directeur général par intérim d'Acacia, l'entreprise n'aurait reçu aucun renseignement sur la tenue des discussions de la part de sa maison-mère, depuis l'annonce d'un accord préliminaire, il y a 4 mois.

Entretemps, Acacia a été obligée d'annuler le versement de dividendes. Au manque de visibilité, s'ajoute le maintien par Dodoma de l'interdiction d'exporter des minerais concentrés ou brut introduite en mars dernier, ce qui a poussé l'entreprise à stocker sa production et à freiner l'exploitation dans l'une des trois mines qu'elle détient dans le pays. Cette situation a fait chuter les revenus du groupe de 29% en 2017, faisant fondre au passage ses réserves de liquidités, la production prévue d'Acacia en 2018 devrait chuter de 40% par rapport à 2017.

La non résolution du conflit entre le tandem Barrick-Acacia et l'administration présidée par John Magufuli a fait perdre à Acacia près de 50% de sa valeur boursière en 2017. L'annonce faite par le management d'Acacia de n'avoir aucune information sur la portée des négociations entre sa maison-mère et Dodama a fait perdre le 12 février 19% de sa valeur à sa cotation sur la place de Londres. Barrick a pour rappel fait son entrée en Tanzanie en 1999, en créant l'African Barrick Gold Plc, rebaptisée en 2009 Acacia où Barrick détient 64% du capital après une réduction de sa participation initiale en 2014.

Barrick négocie, alors qu'Acacia boit la tasse

Après le déclenchement en 2017 de la crise entre Dodoma et Acacia, Barrick a pris la tête des négociations pour une sortie de crise, alors que le management de la filiale avait annoncé en juillet qu'elle ne participerait pas de manière directe aux négociations avec les autorités. Il faudra attendre octobre 2017, pour voir John Thornton, PDG de Barrick annoncer un accord préliminaire avec Dodoma prenant par surprise tant les marchés que le management d'Acacia.

L'accord préliminaire portait sur le « paiement de bonne foi » de 300 millions de dollars au gouvernement et des modalités pour un nouveau mode de partage des revenus issus des mines. Deux semaines après l'annonce de l'accord cadre, le management d'Acacia rendait public la démission de Brad Gord (PDG) et d'Andrew Wray (directeur financier). Pour l'heure, le principal intéressé par cet accord-cadre et seul en mesure de l'approuver, Acacia, s'est borné à demander plus de précisions sur le sujet.

Parallèlement, le manque de visibilité sur une sortie de crise ne devrait pas rassurer les investisseurs et les marchés. L'interdiction d'exporter des minerais bruts aurait fait perdre 264 millions de dollars à Acacia depuis mars dernier, ce qui laisserait à l'opérateur selon les analystes de Bloomberg un solde de caisse de 81 millions de dollars à la fin 2017. Face à cette situation, Geleta tente tant bien que mal de rassurer les marchés en signalant que les ajustements opérationnels d'Acacia lui permettraient de « survivre » cette année, même si les négociations n'aboutissent pas.

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