Zambie : la monnaie s’effondre, alors que les pourparlers avec le FMI s’éternisent

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(Crédits : Reuters)
La devise zambienne, le Kwacha continue de souffrir de l’allongement des négociations avec le FMI. La monnaie a perdu 5,9% de sa valeur en deux semaines. Parallèlement, les craintes sur la soutenabilité de la dette extérieure zambiennes se renforcent.

La monnaie zambienne vient d'enregistrer une nouvelle chute atteignant son niveau le plus bas en 4 mois, entraînant la hausse de ses taux d'euro-obligations alors que les négociations avec la Fonds monétaire international demeurent au point mort. La baisse de valeur du Kwacha peut également s'expliquer par la crainte des marchés que le pays sous-estime le poids de sa dette extérieure.

Effet domino

Le Kwacha s'est affaibli de 0,8% à 10,34 pour un dollar le 4 mai, ce qui porte sa baisse lors des deux dernières semaines à 5,9%. Parallèlement, le rendement des 2025 euro-obligations valorisées à 1,25 milliards de dollars a grimpé de 12 points de base pour atteindre un taux de 9,34%, le plus haut depuis décembre 2016. Le rendement a en effet, bondi de 246 points de base par rapport au creux record enregistré en janvier dernier.

Il reste également peu probable que les négociations avec le FMI sur l'octroi d'un prêt de 1,3 milliard de dollars, dont la fin se fait attendre n'aboutissent avant la fin de l'année. D'ailleurs, si l'on croit une note publiée par Eurasia Group, le 3 mai dernier, «la dette extérieur est probablement plus élevée que le chiffre officiel de 8,7 milliards de dollars. Un examen planifié de la situation a été retardé et les résultats pourraient ne pas être rendus publics».

L'austérité loin d'être appliquée

Bien que le risque de défaut soit jugé faible en 2018 par les analystes d'Eurasia, il pourrait augmenter considérablement en 2019 et 2020, «en l'absence d'un effort concerté pour réduire les dépenses et du lancement du programme du FMI». En attendant, le gouvernement du président Edgr Lungu qui souffre de manque de fonds pourrait ne pas faire cas des appels du FMI à maîtriser ses dépenses. «Lungu continuera probablement d'emprunter et de dépenser en prévision des élections de 2021», précise la note d'Eurasia Group.

Les chiffres de la dette devraient par ailleurs être révisés à la hausse après que le ministère des Finances aura terminé son analyse de viabilité de la dette. Un exercice dont les résultats sont attendus en juin. Il n'empêche que cette situation reste loin d'un scénario de «dette cachée» de style mozambicain, mais s'apparente plutôt à une « rupture » du processus de suivi de la dette, vu qu'il est de moins en moins évident d'identifier les ministères et organismes parapublics qui garantissent le financement de projets.

«La hausse des prix du cuivre devrait fournir un petit coussin à court terme, mais le gouvernement très vulnérable aux chocs externes tels que la chute des prix des matières premières ou une sécheresse qui entrave la production d'hydroélectricité et nuit au secteur minier», alertent les analystes d'Eurasia Group.

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