Zambie : le gouvernement se défend d’avoir caché des dettes

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La Zambie est le deuxième plus grand producteur de cuivre du continent, un secteur qui devrait tiré la croissance du pays cette année et lui permettre d'atténuer l'impact de la difficile conjoncture qu'il traverse depuis quelques années.
La Zambie est le deuxième plus grand producteur de cuivre du continent, un secteur qui devrait tiré la croissance du pays cette année et lui permettre d'atténuer l'impact de la difficile conjoncture qu'il traverse depuis quelques années. (Crédits : Reuters)
Les autorités zambiennes ont tenu à démentir toute sous-estimation de sa dette extérieure comme l’ont rapporté plusieurs analystes. Malgré les difficultés que le pays rencontre pour honorer ses créances arrivées à échéance, le gouvernement assure pouvoir s’en sortir à travers plusieurs mesures destinées à assainir son économie. Sauf qu’il y avait déjà un précédent dans la sous-région, ce qui n’est pas de nature à rassurer les marchés financiers.

Cela vaut ce que ça vaut, mais pour les autorités zambiennes, il fallait éclaircir les choses. Le gouvernement a en effet tenu à faire savoir que le niveau de sa dette extérieure n'est ni plus ni moins que ce qui a été officiellement estimé, c'est-à-dire un montant de 8,7 milliards de dollars. En somme donc, son niveau n'a pas été sous-estimé et la Zambie n'a pas de dette cachée comme l'ont rapportés plusieurs sources, provoquant une spéculation sur les marchés financiers.

Le ministère des finances zambien a d'ailleurs tenu à mettre au défi, ceux qui soutiennent le contraire de fournir les preuves de « leurs allégations ». C'est ce qu'a confirmé le porte-parole du ministère, Chileshe Kandeta, qui a fait savoir que le gouvernement dispose lui des preuves montrant que la dette s'élevait à 8,7 milliards de dollars comme cela a été officiellement estimé. « Si quelqu'un a des détails prouvant que le montant de la dette est plus élevé, qu'il publie les preuves » a-t-il déclaré mercredi dernier confirmant ainsi la position des autorités.

Inquiétudes sur les marchés

Les assurances du gouvernement zambien n'ont pourtant pas convaincu grand monde surtout les marchés financiers sur lesquels se poursuivent les spéculations. D'autant qu'il y a des précédents dans la sous-région notamment au Mozambique où en en 2016 où le FMI a finit par découvrir des dettes que les autorités avaient auparavant caché.

Afin de sortir de la conjoncture difficile, le gouvernement d'Edgar Lungu a entamé des négociations avec le FMI afin de bénéficier d'un programme d'assistance financière mais le fonds a rejeté, en février dernier, les plans de gestion de la dette proposé par le pays.

C'est ce qui engendre les inquiétudes sur les marchés surtout que le pays n'arrive pas encore à honorer certaines de ses dettes arrivées à échéance. De l'avis de plusieurs analystes, le contexte présente des similarités avec ce qui s'est passé en 2016 au Mozambique.

Selon Gregory Smith analyste à Renaissance Capital, le gouvernement ne semble pas disposé à réduire ses nouveaux prêts et contrats d'infrastructure. « Depuis que les dettes cachées du Mozambique sont apparues, il y a eu des inquiétudes quant au prochain pays où cela pourrait encore se reproduire. Sur la base de plusieurs articles de presse en ligne, la Zambie a été identifiée comme une source potentielle de dette cachée » a-t-il fait savoir dans un rapport publié récemment et qui a été cité par l'agence Reuters. Toutefois, il a indiqué « qu'il n'y a aucune preuve tangible qui suggère que la probabilité est plus élevée là-bas que pour les autres notation souveraines de crédit similaire ».

Perspectives

Le gouvernement lui, table sur une amélioration de sa situation économique pour sortir de ses difficultés et selon les projections, la croissance devrait s'établir à 4% cette année grâce aux secteurs minier, agricole et de la construction. C'est ce qu'a annoncé, la semaine dernière, la ministre des Finances, Margaret Mwanakatwe.

Lire aussi : Croissance économique : la Zambie affiche de bonnes perspectives

Selon la même source, le gouvernement compte baliser un nouveau plan détaillé destiné à assurer la viabilité de sa dette avant la réouverture des discussions avec le FMI. A cette fin, le pays envisage de nouveaux arrangements pour le remboursement de ses prêts auprès d'entreprises chinoises et compte emprunter directement auprès du gouvernement chinois afin de satisfaire aux conditions du FMI auprès de qui la Zambie espère bénéficier d'un prêt potentiel de 1,3 milliard de dollars.

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