Climat des affaires : la Banque mondiale au chevet du Gabon

L’amélioration du climat des affaires au Gabon est au cœur des préoccupations ces derniers mois, alors que le pays d’Ali Bongo Ondimba songe à la relance économique. La Banque mondiale se penche désormais sur le cas gabonais pour aider le pays à faire revivre ses entreprises et attirer de nouveaux investisseurs.
Ristel Tchounand
(Crédits : DR)

C'est par l'entremise de sa représentante à Libreville, Sylvie Dossou, que la Banque mondiale se penche actuellement sur le climat des affaires au Gabon. L'institution de Bretton Woods entend ainsi apporter son aide à ce pays d'Afrique centrale qui peine encore à se relever de ses mauvais jours en raison, entre autres, des failles de son climat des affaires.

« La Banque mondiale développe actuellement un programme dans ce sens et nous voulons intégrer les priorités du ministre [gabonais des PME, Biendi Maganga Moussavou, ndlr] dans celui-ci. [...] Nous connaissons les lourdeurs administratives qu'il faut lever pour faire avancer les choses dans le sens souhaité par les deux parties », a déclaré Sylvie Dossou hier, lundi 3 avril lors d'une rencontre avec les autorités gabonaises.

L'accompagnement de la Banque mondiale visera notamment à alléger ces lourdeurs administratives et ajuster la stratégie de développement des PME développée par le gouvernement. Une démarche qui rentre dans le cadre d'un programme visant à améliorer le climat des affaires dans certains pays et financé à hauteur de 18 millions de dollars.

Encore mauvais élève

En effet, le climat des affaires au Gabon est source de préoccupation quand il s'agit d'aborder la relance économique tant souhaitée et préparée par le gouvernement au lendemain des élections présidentielles d'août dernier. Le « Doing Business 2017 » de la Banque mondiale publié en octobre dernier classait le Gabon parmi les mauvais élèves, au 164ème rang sur 190 pays à travers le monde. Que ce soit en matière de facilitation des affaires, création d'entreprises, obtention d'un permis de construire, transfert de propriété, obtention des prêts, protection des investisseurs minoritaires, exécution des contrats ou encore règlement de l'insolvabilité, ce pays d'Afrique centrale doit encore faire ses classes.

Commentant cette contreperformance lors d'un entretien avec La Tribune Afrique, l'économiste Mays Mouissi faisait remarquer : « La qualité de l'environnement des affaires étant un indicateur particulièrement regardé par les investisseurs, on peut comprendre une certaine hésitation de leur part à venir s'installer au Gabon ».

Sursaut attendu

Une réalité qui n'échappe pas aux autorités gabonaises. Le climat des affaires est encore au cœur des défis que doit impérativement relever le nouveau patron des patrons, Alain Ba Oumar, à la tête de la Confédération du patronat gabonais depuis le 24 février dernier.

« Parmi les dossiers les plus importants, Nous avons la dette intérieure, l'amélioration continue de l'environnement des affaires, la pression fiscale, l'amélioration du code de l'emploi, de la formation, l'émergence des PME. Toutes ces choses qui vont ensemble concourir au retour de notre économie vers une croissance partagée », déclarait-il lors de sa première prise de parole officielle.

Depuis lors, il y a eu du mouvement au Gabon, avec notamment une opération séduction début mars auprès d'investisseurs chinois, malaisiens et turcs reçus personnellement par le chef de l'Etat. Fin mars, Alain Ba Oumar, signait avec le président du conseil d'administration du Conseil des investisseurs français en Afrique (CIAN), Alexandre Vilgrain, un protocole d'accord pour la formation professionnelle, visant à amélioration de la qualité de l'enseignement professionnel au Gabon et par ricochet fournir aux entreprises les compétences les plus affinées. Mais par rapport aux objectifs du Gabon en terme de rayonnement économique, Libreville a encore du chemin à parcourir.

Ristel Tchounand
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