Gabon : le Haut conseil pour l’investissement enfin opérationnel

Le Haut conseil pour l’investissement (HCI) a été enfin installé, mardi dernier, par le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba. Le nouvel organe attendu depuis des années par les opérateurs économiques est destiné à promouvoir les investissements afin de contribuer à la relance économique du pays. Fruit d’un partenariat public-privé, la première mission du HCI sera d’améliorer les indicateurs du Gabon en matière d’environnement des affaires.

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(Crédits : Reuters)

Le Haut conseil gabonais pour l'investissement (HCI) est désormais opérationnel. C'est le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, également président du HCI qui a procédé, mardi dernier, à l'installation du Conseil qui a par la même occasion tenue sa première session. Le nouvel organe qui a été annoncé depuis des années, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan pour un Gabon émergent, est une plateforme de dialogue public/privé destinée à relancer l'économie nationale et à favoriser la création d'emploi selon la présidence gabonaise. « Pour la stabilité et la paix, le plein emploi et l'amélioration des conditions de vie de nos compatriotes, nous devons réformer notre pays avec audace et ténacité », a explique lors de la cérémonie inaugurale, le président Ali Bongo.

Les  missions assignées au HCI visent à accompagner le gouvernement dans le cadre de sa stratégie de soutien à la relance de l'économie gabonaise, laquelle passe par une mobilisation des ressources financières notamment les investissements privés. Il se chargera dans ce cadre de veiller à la mise en œuvre de la politique d'investissement, au suivi de l'exécution de la stratégie nationale de promotion des investissements ainsi que de susciter des mesures incitatives cohérentes pour renforcer l'attractivité du pays en matière d'investissement.

Comme l'a expliqué le premier ministre gabonais Emmanuel Issoze Ngondet, la vocation première du HCI est « d'accompagner le Gabon, à partir d'un dialogue public-privé franc, dans la mise en œuvre du Plan de relance de l'économie en stimulant une compétitivité sectorielle adossée à des chantiers structurants ».

C'est d'ailleurs dans ce cadre que des réunions sectorielles ont été tenues depuis janvier dernier et sous l'égide du comité interministériel préparatoire mis en place à cet effet, afin d'examiner les premières recommandations issues des séances de travail des cellules bipartites public-privé mises en place lors du lancement du processus, le 20 janvier dernier. Cinq grandes thématiques structurent la feuille de route ainsi balisée et sont relatives à l'orthodoxie budgétaire et le règlement de la dette intérieure, l'amélioration du cadre de l'investissement, l'amélioration du climat des affaires, la révision des cadres incitant la formation professionnelle et la modernisation du cadre de l'emploi.

Stratégie de relance économique

Le gouvernement s'apprête ainsi à engager de nouvelles réformes économiques dans le cadre de son plan de relance qui vise à diverse l'économie du pays, laquelle fait face à une crise conjoncturelle ces dernières années en raison de la chute des cours du pétrole sur les principaux marchés internationaux.

Selon les autorités du pays, ce plan va permettre  « aux gabonaises et aux gabonais de récolter, par le travail, les fruits d'une croissance inclusive générée par la stratégie de diversification des secteurs-clés de la richesse nationale ». Ainsi, sous l'impulsion du ministère de la promotion des investissements privés et avec l'appui de l'Agence nationale de promotion des investissements, le HCI va veiller à mettre le renforcement de la compétitivité de l'économie gabonaise au cœur d'un dialogue public-privé institutionnalisé. Ce qui, pour Ali Bongo Ondimba, constitue «une dynamique nouvelle de mutualisation des moyens avec le secteur privé, de restauration de la confiance et de solidarité collective, pour un environnement des affaires assaini ».

Climat des affaires

Le HCI qui bénéficie de l'appui de plusieurs partenaires techniques et financiers internationaux va par ailleurs se charger d'examiner, avant son adoption par le gouvernement, la Stratégie nationale de promotion des investissements et des exportations qui a été élaborée avec l'appui de la Banque mondiale. Cependant, en attendant qu'il se mette véritablement au travail, des propositions issues des rencontres menées en amont avec les bailleurs de fonds ainsi que les représentants du secteur privé gabonais, attendent d'être validées par le HCI à l'occasion de cette première session. Il s'agit notamment d'un plan composé de 10 propositions qui sont elles-même structurées en 12 actions visant à « développer les moteurs de croissance » à travers l'amélioration de l'environnement des affaires ainsi que quatre autres destinées à « renforcer la compétitivité des filières porteuses de croissance ».

Forte attente social et climat politique tendu

Il reste qu'en attendant l'impact de ces mesures à l'aune desquelles sera jaugée l'opportunité de ce Conseil, les opérateurs privés du pays ont tenu à réitérer leurs doléances auprès des autorités. Des doléances qui tiennent au poids de la dette publique, à l'allongement des délais de paiement ainsi qu'à une liste d'obstacles administratifs qui plombent l'environnement des affaires du pays. Les autorités ont promis de prendre en charge toutes ces questions afin de stimuler la relance économique alors que les attentes citoyennes s'amplifient de jour en jour, dans un contexte marqué par une marge budgétaire assez réduite et la persistance d'un climat politique tendu.

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