La Tunisie et le FMI s'accordent sur le programme de réformes économiques

Une mission du Fonds monétaire international qui a séjourné du 30 novembre au 13 décembre 2017 dans la capitale tunisienne est parvenue à un accord avec les autorités du pays sur les politiques économiques nécessaires pour achever la deuxième revue du programme de la Tunisie appuyé par le mécanisme élargi de crédit. La Tunisie devra procéder aux réformes devant permettre de réaliser sa croissance économique.
(Crédits : Reuters)

A l'occasion d'une mission qui a duré du 30 novembre au 13 décembre 2017 à Tunis, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement tunisien sont tombés d'accord sur les politiques économiques nécessaires pour achever la deuxième revue du programme de la Tunisie appuyé par le mécanisme élargi de crédit (MEDC). Ainsi, les autorités tunisiennes sont conscientes du programme économique à mettre en œuvre pour la relance. « Le principal défi pour les mois à venir sera  de rattraper les retards significatifs accusés dans l'effort d'éliminer les obstacles à la croissance et dans la maitrise des déficits budgétaires et extérieurs importants », a souligné le chef de la mission du Fmi, Björn Rother à l'issue de la mission. « Tirant profit de l'adoption d'une loi de finance ambitieuse pour 2018, les autorités tunisiennes ont exprimé leur engagement à entreprendre des actions décisives avant l'examen de la deuxième revue par le Conseil d'administration du FMI », a-t-il ajouté.

Selon l'expert, à travers cette action, les dirigeants tunisiens ont permis au pays de franchir un cap important visant par la même occasion une réduction du déficit budgétaire à moins de 5% du PIB.

Notons qu'à l'issue de cette revue, la Tunisie s'attend à une enveloppe importante de 227,3 millions de DTS soit environ 320 millions de dollars équivalent à 227,3 millions de dinars tunisiens. Ce nouveau décaissement porterait à 1 milliard de dollars le total des décaissements pour la Tunisie au titre du MEDC. Il s'agit d'un vaste plan d'aide de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans approuvé en faveur du pays en mai 2016 dernier alors qu'il qui traverse une phase difficile.

D'urgentes réformes à opérer

Les défis économiques auxquels fait face l'Etat tunisien sont immenses. Pour le Fmi, les vulnérabilités macroéconomiques se sont accentuées. « La dette publique atteindra 70% du PIB d'ici la fin de l'année, le déficit record du compte courant sera à deux chiffres, et les réserves internationales de la Banque Centrale de Tunisie ont chuté », a déclaré Björn Rother. Il a ajouté que l'économie tunisienne est caractérisée par deux tendances. « La croissance s'est raffermie pour atteindre environ 2% en raison des améliorations significatifs du climat sécuritaire. Les arrivées de touristes ont connu une hausse de 30%, la production de phosphates a fortement rebondi et les investissements (étrangers et nationaux) montrent des signes précoces de reprise », a-t-il explicité. Selon le responsable, la reprise économique ouvre la possibilité de prendre des mesures décisives.

Ainsi, il faudra mettre sur pied des stratégies pour rendre l'ensemble du secteur bancaire ''plus efficace'', permettant de lever l'un des principaux obstacles à la croissance et à l'emploi en Tunisie. « Pour que l'économie tunisienne réponde aux espoirs du peuple tunisien, accélérer la mise en œuvre des réformes programmés de longue date est indispensable. La refonte du cadre réglementaire pour la résolution des créances accrochées et pour la gouvernance des banques publiques aidera les petites et moyennes entreprises (PME) à accéder davantage aux financements bancaires », a souligné le chef de la mission du FMI.

Il a aussi indiqué qu'il faudra mettre en œuvre la stratégie fiscale du pays et appliquer la stratégie globale de réforme de la fonction publique. Björn Rother suggère aussi la réduction des subventions de l'énergie et la poursuite de la réforme du système de sécurité sociale, de la stratégie de resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie, y compris en limitant le refinancement des banques.

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