Togo-Gambie : le clash diplomatique évité de justesse

Dans une interview accordée à l'agence Reuters, le chef de la diplomatie gambienne, Onsainou Darboe, a pris position en faveur de l'opposition togolaise en suggérant à Faure Gnassingbé, chef d'Etat togolais de démissionner. Une réaction qui, à chaud, a été traitée d'irresponsable par Lomé qui s'en indigne. De quoi arracher dans la foulée un démenti formel du membre de l'exécutif gambien et éviter le clash de justesse.

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Le département de Ousainou Darboe souligne que la Gambie et le Togo « restent liés par des liens solides d'amitié et de fraternité » et que les deux dirigeants, Adama Barrow (à droite) et Faure Gnassingbé, voudraient voir ces relations renforcées dans les années à venir.
Le département de Ousainou Darboe souligne que la Gambie et le Togo « restent liés par des liens solides d'amitié et de fraternité » et que les deux dirigeants, Adama Barrow (à droite) et Faure Gnassingbé, voudraient voir ces relations renforcées dans les années à venir. (Crédits : Reuters/LTA)

La crise politique au Togo qui dure depuis plus de deux mois, fait parler tous les acteurs et décideurs africains. Prenant parole au micro de l'agence Reuters, le ministre gambien des affaires étrangères, Onsainou Darboe a affiché la position de l'Etat gambien en faveur d'un départ du président togolais Faure Gnassingbé de la tête du pays.

Le chef de la diplomatie gambienne a clairement demandé au numéro 1 togolais de démissionner et a même insisté en appelant la communauté internationale, dont l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) à œuvrer en faveur de cette solution en le persuadant.

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Fort de son expérience liée à la crise que son pays a frôlée à cause du refus de l'ancien président Yahya Jammeh de céder le pouvoir à son successeur Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle de décembre 2016.

Dans le cas du Togo, après avoir été élu de manière très controversée en 2015, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005, subit une fronde sociopolitique qui a commencé il y a un peu plus de deux mois. Deux contextes assez différents donc. Une nuance que Lomé a tenté de faire comprendre à Darboe.

Le gouvernement togolais s'indigne

Au Togo, la réaction officielle n'a pas tardé. Dans un communiqué transmis à la presse ce lundi 23 octobre 2017 dans l'après-midi, le ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey a répondu du tac au tac à son homologue. Il dit venir « d'apprendre avec indignation l'entretien de son homologue gambien, M. Ousainou Darboe qui appelle à la démission du Président Faure Essozimna Gnassingbé » et « proteste avec force contre cette déclaration irresponsable et rejette cette injonction de son homologue de la Gambie ».

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Le chef de la diplomatie togolais a aussi rappelé à Onsainou Darboe que le chef de l'Etat togolais est régulièrement élu, dans « le respect des dispositions de la Constitution togolaise au cours d'élections reconnues transparentes, équitables et acceptables par la Cedeao et la communauté internationale ».

« Le gouvernement togolais continue de privilégier le dialogue et la concertation pour résoudre cette crise qui risquerait de réduire les nombreuses années d'efforts faits par l'ensemble des pays de la Cedeao qui font face à des défis sécuritaires sans précédents. Le Togo réitère sa volonté de toujours œuvrer pour la paix et la stabilité à l'intérieur de ses frontières nationales, et dans la sous-région ouest-africaine ». Robert Dussey ministre togolais des Affaires étrangères.

La contre-réaction du membre de l'exécutif togolais a été entendue par le gouvernement gambien. Elle a suscité du ministre des affaires étrangères gambien Ousainou Darboe, un démenti des plus inattendus dans la soirée du lundi.

Un démenti pour éviter le clash

L'histoire retiendra que le clash togo-gambien a été évité de justesse. Aussitôt le communiqué de Lomé rendu public, la diplomatie gambienne a tenu à apporter un démenti formel et par voie de communiqué.

« Le ministère a enregistré avec consternation la publication de l'agence de presse Reuters le lundi 23 octobre 2017, selon laquelle l'honorable ministre des affaires étrangères, Ousainou Darboe, aurait appelé à la démission du président du Togo, Faure Gnassingbé », a signalé le ministère des affaires étrangères, de la coopération internationale et des Gambiens à l'étranger.

D'après le communiqué, à travers son intervention auprès de l'agence de presse, Ousainou Darboe signifiait que la décision du président Gnassingbé de rester au pouvoir ou non était une décision qui revenait exclusivement et souverainement au peuple togolais. « Il n'y a aucune raison pour le gouvernement de la République de Gambie de prendre position, car le peuple togolais continue de faire des efforts pour trouver une solution à cette crise », a-t-il ajouté la déclaration officielle du ministère.

Lire aussi : Gambie : la CEDEAO va protéger Adama Barrow pour encore un an

Le département de Ousainou Darboe souligne que la Gambie et le Togo « restent liés par des liens solides d'amitié et de fraternité » et que les deux dirigeants, Adama Barrow et Faure Gnassingbé, voudraient voir ces relations renforcées dans les années à venir.

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Commentaire 1
à écrit le 24/10/2017 à 23:31
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Mais pourtant la Gambie a dit la vérité

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