Gambie : « la grande muette » rompt le silence pour soutenir Jammeh

A deux semaines de l’investiture d’Adama Barrow, l’armée gambienne vient d’annoncer publiquement son soutien au président sortant Yahya Jammeh (lui-même ancien militaire). Une annonce qui vient suite à la décision de la CEDEAO d’explorer toutes les options pour assurer l’investiture de Barrow même une intervention militaire via sa force de réserve. En plus du soutien de l’armée, Jammeh vient de déposer un nouveau recours devant la Cour Suprême pour invalider l’élection de décembre dernier.
Amine Ater

3 mn

Le chef de l'armée gambienne Ousman Badjie, arborant des badges à la gloire de Jammeh sur son uniforme
Le chef de l'armée gambienne Ousman Badjie, arborant des badges à la gloire de Jammeh sur son uniforme (Crédits : Reuters)

Moins d'une semaine après que la CEDEAO ait décidé de charger sa force de réserve (ESF) d'étudier les différents scénarios pour intervenir en Gambie, le numéro 1 de l'armée gambienne, Ousman Badjie, vient de réaffirmer son soutien au président sortant Yahya Jammeh. Dans une déclaration à la presse gambienne, le général Badjie a réitéré son soutien et celui de l'ensemble de l'armée à Jammeh.

Un soutien de plus en plus actif

 A ce jour, l'armée avait maintenu un profil bas et n'avait pas clairement tranché entre le président sortant Yahya Jammeh et Adama Barrow vainqueur des présidentielles de décembre dernier. Bien que ce dernier avait déclaré avoir reçu le support des forces armées après l'annonce des résultats officiels, cette hypothèse a été écartée lors de la visite des chefs d'Etats ouest-africains à Banjul. Lors de cette rencontre, le général Badjie est rappelons-le, arrivé avec un badge sur son uniforme où il affirmait son soutien au « commandant en chef, le président Yahya Jammeh ».

L'armée s'est par ailleurs, montrée très critique vis-à-vis de la Commission électorale indépendante (IEC) et son président Alieu Momar Njie, que les militaires accusent d'être responsable d'erreurs inacceptables. Ce dernier a par la suite décidé de fuir au Sénégal après que les locaux de la Commission aient été fermé. Une décision justifiée par des prétendus complots des autorités gambiennes contre Njie et son équipe, qui aurait fait craindre au président de la CEI pour sa sécurité et celle de sa famille.

Offensive judiciaire et bruits de bottes

Parallèlement, la formation politique de Jammeh, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) a déposé deux nouvelles plaintes auprès de la Cour suprême gambienne. Pour l'APRC, les résultats de l'élection présidentielle auraient été falsifiés dans deux régions, entraînant la défaite électorale de Jammeh. Des recours qui seront examinés par le Cour le 10 janvier (9 jours avant l'expiration du mandat de Yahya Jammeh).

A l'offensive juridique de l'APRC, s'ajoutent la fermeture de 3 radios privées le 1er janvier dernier. Une fermeture opérée par des membres de l'Agence nationale du renseignement (NIA), sur ordre de leur hiérarchie. Seule Afri Radio a rouvert ses portes, mais elle ne diffuse que de la musique. Là où Teranga FM et Hilltop Radio n'ont toujours pas repris leur activité. La NIA a également brièvement détenus des militants de l'opposition.

La crispation des autorités gambiennes a quelques jours de la fin de mandat de Jammeh, devrait entraîner une intensification de la pression de la CEDEAO et des Nations Unies sur le régime pour assurer une transition pacifique du pouvoir. Il n'empêche que la possibilité d'un recours à la force via l'ESF (probablement sous commandement sénégalais) semble avoir ressoudé les rangs de l'armée autour de Jammeh (lui-même militaire). Reste à savoir si l'état-major de l'ESF est prêt à s'engager dans un conflit ouvert pour assurer l'investiture d'Adama Barrow et est-ce que l'armée gambienne à les moyens de résister à un assaut coordonné avec près de 5.000 hommes, une marine peu équipée et aucun moyen de verrouiller l'espace aérien gambien, ce qui offre un avantage tactique indéniable aux forces de l'ESF.

Amine Ater

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Commentaires 10
à écrit le 16/01/2017 à 9:17
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Je pense que la cédéo devait relativisé le problème pour pouvoir trouver la solution au problème interne de la Gambie. Au départ le procéssus n'a pas était accompagné car le Président élut devait ensemble avec les chef d'Etats de la cédéao conseillé...

à écrit le 16/01/2017 à 9:17
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Je pense que la cédéo devait relativisé le problème pour pouvoir trouver la solution au problème interne de la Gambie. Au départ le procéssus n'a pas était accompagné car le Président élut devait ensemble avec les chef d'Etats de la cédéao conseillé...

à écrit le 06/01/2017 à 13:19
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l'homme faut à la place qu'il faut Yahya mérite sa chaise présidentiel

à écrit le 06/01/2017 à 12:33
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Je pense que le président yayhat jammet a raison de résister suite à la menace de barrow.il fallait plutot assurer une sortie simple et paisible à jammet ou soit reprendre les elections.

à écrit le 06/01/2017 à 5:50
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Pourquoi les présidents africains ne veulent pas toujours céder le pouvoir immédiatement

à écrit le 06/01/2017 à 1:22
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Attention la C E D A O,l"ingérence dans les affaires...Je crois que la force n"a jamais réglé un tel problème d"abord en Afrique.Ha!Afrique comment-vois -tu cette soit disant Démocratie? Vous qui pense qu"une intervention militaire est la solution,co...

à écrit le 06/01/2017 à 1:14
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La CEDEAO est le premier mal de l'Afrique et cela s'ajoute la faiblesse , l'incapacitè, l'indignitè et l'imoralitè de l'union africaine , dont je considere comme l'union de malheur.....

à écrit le 06/01/2017 à 0:55
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Éviter les sacrifices humain . Pas d intervention. Tout est vanité dans la vie. Le pouvoir finira un jour de Dieu

à écrit le 05/01/2017 à 21:52
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Pour moi le président c'est jammeh parce que chez nous en Afrique le respect du à notre chef et sacré nous sommes pas des occidentaux il et le chef et restera bien chef souvent il faut demander pourquoi kaddafi et mort sans au procès pour sommes a...

à écrit le 05/01/2017 à 20:29
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l'intervention militaire en gambie donnerait une leçon de morale à tous les chefs d'État Africains qui refuseraient d'accepter le verdict des urnes.

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