Cacao : les majors du secteur peu engagées dans la lutte contre la déforestation [Rapport]

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(Crédits : Reuters)
Les entreprises du secteur du cacao maintiennent leurs pratiques à l’origine de la déforestation en Afrique, constate Mighty Earth, une organisation mondiale qui œuvre pour la protection de l'environnement dans un rapport qui vient d'être publié. Entre novembre 2017 et septembre 2018, l'ONG a enregistré 13 748 hectares de déforestation - équivalant à 15 000 terrains de football – rien que dans la région du sud-ouest de la Côte d’Ivoire,faisant planer une sérieuse menace sur les forêts du pays.

Il y a un an, les grandes entreprises chocolatières se sont engagées à empêcher que des forêts d'Afrique de l'Ouest soient détruites pour la production de cacao. Ils ont failli à leurs promesses, selon un rapport du groupe de campagne Mighty Earth, publié ce vendredi 08 décembre. En 2017, des entreprises de la chocolaterie comme Mars, Hershey en passant par Barry Callebaut s'étaient jointes aux principaux pays africains producteurs de cacao à savoir la Côte d'Ivoire et le Ghana pour lancer l'initiative sur le cacao et les forêts, en promettant d'éliminer la production et l'approvisionnement en cacao provenant de forêts protégées. Un an plus tard, des images satellitaires de la région cacaoyère sud-ouest de la Côte d'Ivoire font état d'importantes pertes de superficies forestières, détruites au cours des 12 derniers mois, relève Mighty Earth dans son rapport.

«Je me serais attendu à ce que la déforestation se poursuive, car il est très difficile de transformer toute une industrie du jour au lendemain, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle continue exactement comme avant», a déclaré l'auteur du rapport, Etelle Higgonet à Reuters.

De sérieuses menaces sur le couvert forestier ivoirien

Au rythme actuel de la déforestation, la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, risque de perdre tout son couvert forestier d'ici 2034, selon les écologistes. Toutefois, ces derniers n'envisagent pas l'interdiction de l'accaparement par la culture des espaces forestiers, car le secteur fait vivre plusieurs centaines de milliers d'ivoiriens. La terre étant rare, les agriculteurs pauvres étendent souvent leurs activités dans les forêts ou les parcs pour augmenter leurs revenus, selon les experts.

Mighty Earth a également accusé les entreprises de ne pas tenir leur engagement de cesser d'acheter du cacao produit dans les parcs nationaux, sachant que 40% de la production ivoirienne de cacao provient d'aires protégées. Le groupe n'a pas pu obtenir de données aussi précises au Ghana, mais a observé un manque de changement similaire dans ce pays.

La World Cocoa Foundation (WCF), initiateur du programme a néanmoins relevé quelques efforts dans la protection des parcs nationaux et les forêts classées. «Notre priorité immédiate a été de mettre un terme à la déforestation dans les zones les plus sensibles sur le plan écologique et environnemental. Nous sommes encouragés en voyant des résultats positifs en moins d'une année», a déclaré le président de la WCF, Richard Scobey à Reuters.

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