Gabon : dans le collimateur de la mairie de Libreville, Averda suspend le ramassage des déchets et réclame ses arriérés

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L'entreprise Averda collecte et traite les déchets de la capitale gabonaise Libreville depuis quatre ans.
L'entreprise Averda collecte et traite les déchets de la capitale gabonaise Libreville depuis quatre ans. (Crédits : Reuters)
Au Gabon, Averda, société en charge de la gestion des déchets, annonce l’arrêt temporaire de tous ses services à la suite du non-paiement de ses prestations par l’État gabonais sur 24 mois cumulés. Du côté de la mairie de Libreville, l’on pointe du doigt le mauvais service et l’insalubrité flagrante des villes sous la gestion d’Averda.

Averda Gabon annonce l'arrêt temporaire de tous ses services de gestion des déchets dans le pays. Sont suspendus les services de collecte des déchets, le balayage des rues, le nettoyage des plages et le curage des caniveaux dans la ville de Libreville et d'Akanda, ainsi que le transfert des déchets collectés au centre d'enfouissement de Mindoubé, selon le communiqué de la société délégataire.

Cette décision a été prise après de nombreuses discussions en interne alors qu'Averda cumule des impayés de deux années de la part de Clean Africa, filiale de l'État gabonais. Du Côté de l'Etat gabonais, notamment de la mairie de Libreville sous la houlette du nouveau maire Léandre Nzué, l'on réclamait même il y a quelque mois la résiliation du contrat du groupe libanais basé à Dubaï, pour non-respect du cahier des charges.

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De son côté, Averda précise qu'en dépit de cette période de non-paiement et de hausse constante de la dette, elle a maintenu ses services et a continué à rémunérer l'ensemble de ses 700 employés. Une situation qui s'est répercutée sur sa trésorerie en occasionnant des pertes financières considérables auxquelles la société doit maintenant faire face, explique le management de l'entreprise.

«Toute l'équipe d'Averda a conscience des répercussions qu'entraînera cette décision regrettable sur les Gabonais, nos employés, ainsi que leurs familles. C'est pourquoi nous tenons à rassurer toutes les personnes concernées, car nous mettons tout en œuvre pour trouver un accord satisfaisant avec Clean Africa et l'État gabonais», prévient le communiqué.

Averda opère dans les pays émergents et a opéré dans près d'une trentaine de villes du  Moyen-Orient et d'Afrique où l'entreprise travaille avec des gouvernements comme au Gabon, et des entreprises pour des services de nettoyage et de collecte des déchets, de tri et de recyclage, d'incinération, de compost et de mise en décharge.

En conflit ouvert avec la mairie

Les relations entre Averda et l'Etat gabonais deviennent tendues : l'entreprise libanaise a récemment essuyé les foudres de Leandre Nzué, nouveau maire de la capitale Libreville qui, face à l'insalubrité chronique qui pèse sur la ville, a voulu résilier le contrat de la société. Averda, en charge de la gestion des déchets au Gabon depuis quatre ans, est depuis en conflit ouvert avec le nouveau maire qui fait de la lutte contre l'insalubrité l'une de ses priorités. Les difficultés d'Averda ne sont pas sans rappeler celles de Veolia au Gabon, dont l'éviction de la gestion de la Société d'énergie et d'eau du Gabon a été très médiatisée.

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