Gabon : Veolia riposte suite aux allégations de pollution

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La SEEG encourrait une pénalité légale dont le montant pourrait atteindre 500 millions de francs CFA par site pollué.
La SEEG encourrait une pénalité légale dont le montant pourrait atteindre 500 millions de francs CFA par site pollué. (Crédits : SEEG)
Le groupe français Veolia a vigoureusement rejeté les accusations du gouvernement gabonais sur la pollution qui aurait été constatée sur des sites de sa filiale locale. Selon Veolia, l'eau distribuée par la SEEG est conforme aux normes sanitaires internationales notamment celles de l’OMS comme peuvent le prouver les différents audits diligentés régulièrement par les services gabonais.

Le bras de fer entre le gouvernement gabonais et le groupe français Veolia se poursuit à travers des joutes épistolaires sur fond d'accusations et de contre-accusations. En effet, suite aux accusations avancées hier par le ministre et porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie By Nze sur des soupçons de pollution constatée sur des sites de la SEEG, le groupe français a aussitôt et vivement récusé «les allégations» du ministre gabonais.

«L'eau produite et distribuée par la SEEG est toujours portable et traitée une fois prélevée et avant d'être distribuée. Elle répond à toutes les exigences sanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé, supérieures aux réglementations gabonaises», a précisé une source interne au sein du groupe.

Le ministre Alain-Claude Bilie By Nze avait en effet déclaré qu'une inspection avait permis de découvrir que «la quasi-totalité» des sites SEEG, la filiale locale du groupe français, étaient contaminés par des déchets pétroliers. Des accusations que rejette en bloc Veolia qui s'appuie sur les audits réguliers des autorités gabonaises, «plus d'une dizaine ces dix dernières années».

«Quant aux allégations de pollution, il est surprenant que toutes les instances de contrôle des autorités publiques telles que l'Autorité de régulation du secteur de l'eau et de l'énergie, le ministère de l'Eau et de l'énergie ou encore la Direction de l'environnement n'aient jamais mis en lumière de dégâts environnementaux, alors qu'elles ont diligenté des audits tout au long de la concession. La SEEG est soumise à des audits réguliers des autorités gabonaises, plus d'une dizaine ces dix dernières années», explique la même source au sein de Veolia.

Afin de mieux conforter ces arguments, le groupe français fait savoir que le directeur de l'environnement du Gabon s'est d'ailleurs rendu dernièrement sur le site SEEG de Lambaréné, où il a pu constater que des améliorations techniques, notamment la construction d'un séparateur hydrocarbures, étaient déjà engagées pour renforcer le traitement des déchets hydrocarbures sur cette installation. «Ces mêmes améliorations techniques sont en cours de construction sur les installations de Bitam, Boué ou encore Oyem», a par la suite détaillé le groupe dans un communiqué.

 «Ces allégations, qui sont faites quelques jours seulement après la réquisition de l'entreprise, dénoncent  donc des dégâts environnementaux sur la "quasi-totalité" des sites. Ce "diagnostic" est fait avec une rapidité non coutumière, quand l'on sait que certaines installations se situent à plusieurs jours de déplacement de Libreville. Durant les 20 ans d'exploitation, une pollution accidentelle a pu avoir lieu, par exemple à Oyem. La SEEG a pris immédiatement ses responsabilités et la zone concernée a été dépolluée, avec diligence, par des professionnels internationaux de la remédiation et du traitement des sols pollués».

Le groupe français rappelle par ailleurs que l'Etat gabonais, à travers une seule action, est représenté par deux observateurs, par ailleurs irrégulièrement nommés, au conseil d'administration de la SEEG. «Depuis 1997, l'Etat gabonais a donc une parfaite connaissance de la réalité de la société», poursuit la même source qui fait savoir également que l'actuel ministre de l'Economie du Gabon, Régis Immongault Tatangani, a lui-même été présent de nombreuses années au conseil d'administration de la SEEG.

Bras de fer judiciaire en vue

Les accusations de pollution à grande échelle du gouvernement gabonais contre la filiale locale de la société française de services aux collectivités interviennent en plein conflit entre les deux parties, relatif à la concession accordée à la SEEG. Le gouvernement gabonais a en effet  réquisitionné»,  il y a quelques jours, la SEEG et a annoncé son  intention de résilier son contrat de distribution d'eau et d'électricité dans le pays.

Veolia a riposté en annonçant vouloir porter l'affaire devant la justice et dans le bras de fer qui s'est presque ouvert entre les deux parties, le Gabon entend visiblement mettre la pression sur le groupe français présent dans le pays depuis 1997.

La SEEG pourrait en effet se voir infliger une pénalité légale dont le montant peut  atteindre 500 millions de francs CFA (quelque 760 000 euros) par site pollué, et selon le ministre gabonais, «le gouvernement obligera SEEG à assumer les coûts de nettoyage et d'assainissement».

Alain-Claude Bilie By Nze a aussi fait savoir que l'Etat gabonais devait plus de 29 milliards de francs CFA à SEEG en charges de consommation et en remboursements de TVA non versés. Toutefois, le porte-parole du gouvernement gabonais a annoncé que l'Etat avait commandé un audit de sa facture de consommation de 13 milliards de francs CFA et a aussi rejeté les accusations de la SEEG sur le non-respect des engagements souscrits par Libreville dans le contrant de concession. Selon lui, près de 1 000 milliards de francs CFA ont été investis dans la société, soit trois fois plus que Veolia dans le pays, ce que réfute également le groupe français.

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