Tech : le sommet Emerging Valley placé sous le signe de la résilience

 |  | 1122 mots
Lecture 6 min.
(Crédits : Emerging Valley)
Marseille accueillait les 7 et 8 avril le Sommet Emerging Valley, un rendez-vous annuel qui connecte les acteurs du numérique de l'axe Europe-Méditerranée-Afrique. Avec un contenu 100 % digital, cette 4e édition dont la marraine était Angélique Kidjo, était placée sous le signe des industries culturelles et créatives (ICC) mais également sous celui de la résilience...

Cette année, la 4e édition d'Emerging Valley organisée par Samir Abdelkrim, était entièrement dématérialisée. L'année 2020 n'en aura pas moins été celle de tous les records avec 213 speakers venus de 45 pays, 2 300 participants, 876 heures de direct, 4 900 connexions live, 72 pays représentés, une dizaine d'e-délégation-pays, 160 startups, une cinquantaine d'investisseurs, 90 workshops, plénières et keynotes et 110 rendez-vous BtoB.

L'intérêt des investisseurs pour les startups africaines ne se dément pas en dépit des crises sanitaire et économique, provoquées par la pandémie de Covid-19. En effet, en 2020, avec 359 levées de fonds en equity qui ont profité à 347 startups (contre 250 en 2019), le nombre de startups financées n'a jamais été aussi important et enregistre une hausse de +44% en 1 an.

« La Covid-19 a presque été bénéfique pour les startups africaines, car le rythme a été plus effréné, nous n'avions plus de temps de latence lié aux voyages et aux déplacements par exemple, les deals se sont closés à distance et vont donc beaucoup plus vite aujourd'hui », estime Kenza Lahlou, co-fondatrice et Managing Partner d'Outlierz Ventures.

Cet enthousiasme est néanmoins à nuancer, car le rapport de Partech-Africa 2021 indique par ailleurs, que pour la première fois en près d'une décennie, le montant total levé par les startups africaines a diminué pour s'établir à 1,429 milliards de dollars de fonds en equity, soit une baisse de -29% par rapport à l'année précédente.

Parmi les thèmes plébiscités cette année, Emerging Valley avait mis l'entrepreneuriat féminin à l'honneur, avec les présences remarquées d'Elisabeth Moreno, la ministre française en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, et de Papa Amadou Sarr, le ministre sénégalais à l'Entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER). Selon Proparco (filiale de l'AFD dédiée au secteur privé), entre 15 % et 30 % des entreprises et des startups en Afrique sont créées par des femmes, contre 2 % seulement en Europe.

48H à Marseille pour repenser la relation numérique Europe-Méditerranée-Afrique

« Notre ambition est d'incarner une communauté de destin numérique intégrant startups, décideurs politiques, institutions [...] seuls, nous ne pourrons pas résoudre les grands défis quotidiens », déclarait Samir Abdelkrim, à la veille du Sommet, en conférence de presse.

En effet, la pandémie a renforcé les dynamiques « multi-acteurs » pour répondre aux défis sanitaires, économiques et éducatifs en particulier, dont il a largement été question lors de cette 4e édition d'Emerging Valley. Mathieu Bécue, attaché à l'Innovation pour l'ambassade de France en Afrique du Sud, a annoncé un partenariat entre la nation arc-en-ciel et l'hexagone, via Ocean Hub Africa et EuroSIMA, et la Société Générale, a décidé du lancement d'un hackathon Océan, en collaboration avec Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône comme territoires de test et d'innovation.

La cité phocéenne était une fois de plus à l'honneur... « C'est ici que les entrepreneurs d'Afrique et d'Europe pensent ensemble les nécessaires transitions et donnent un nouveau visage au commerce et à l'industrie [...] ce sommet est fidèle à la promesse qu'incarne notre cité portuaire depuis 2 600 ans », a déclaré Benoît Payan, le Maire de la ville aux côtés de Martine Vassale, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

« Pour sa géographie, Marseille est une porte entre l'Europe et l'Afrique et cet événement est également l'occasion de changer notre regard entre nos deux continents », a abondé Franck Riester, ministre français du Commerce extérieur.

« Ce rôle de hub méditerranéen, nous le devons à son port et à câbles sous-marins. Les 14 câbles positionnent Marseille à la 9e place en matière de circulation de la data et 3 nouveaux câbles seront installés d'ici la fin 2021. Nous serons alors classés à la 4e place mondiale, c'est assez phénoménal. 4,5 milliards de connexions prennent leur origine à Marseille dans le monde. Ce hub doit être utilisé pour l'Afrique mais aussi pour le sud de l'Europe. Par ailleurs, notre aéroport dispose de connexions régulières et directes avec l'Afrique. Enfin, Euroméditerranée représente un autre atout pour Marseille, car c'est aujourd'hui le 1er quartier d'affaires en Europe du Sud », a rappelé pour sa part, Laure-Agnès Caradec, la Présidente du conseil d'administration de l'EPA Euroméditerranée, à l'occasion de la conférence de presse virtuelle organisée à la veille du Sommet.

Des initiatives à impacts récompensées

De nombreuses personnalités avaient répondu présentes au rendez-vous Tech marseillais, à l'instar de Thierry Breton, Commissaire européen ; Valérie Verdier, PDG de l'IRD ; Philippe Wang, vice-président exécutif de Huawei Northern Africa ; Béatrice Garrette, directrice de la Fondation Pierre Fabre ; Taleb Ould Sid'Ahmed, ministre de l'Emploi, de la jeunesse et des sports de Mauritanie ; Maria Cristina Russo, directrice de la coopération internationale, directrice générale Recherche et Développement de la Commission européenne ou encore Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et fondateur de la banque d'affaires Southbrige.

Labellisé « Saison Africa 2020 », Emerging Valley avait fait la part belle aux industries culturelles et créatives (ICC) et s'est achevé en musique, sur la prestation de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Alors que les échanges sur les solutions « Union européenne-Union africaine », se sont invités aux débats, les sujets à impacts se sont imposés (e-santé, biodiversité ou ed-tech) et les initiatives inclusives ont été récompensées.

Le prix Provence Africa Connect, créé par Emerging Valley, la Métropole Aix-Marseille-Provence, Africalink et La French Tech Aix-Marseille Région Sud a récompensé Messina Guikoume, la fondatrice de Messibat International, pour sa solution de construction écologique abordable. Le prix Med'Innovant Africa a primé deux startups. GreenNKool (Madagascar) a reçu le Prix du Jury et AgroPad (Cameroun) le Prix Coup de Cœur.

Deloitte, partenaire de l'événement, a annoncé l'accompagnement stratégique des 5 lauréats d'Emerging Mediterranean: Aminetou Sy, co-fondatrice de DAADDO VDP, Aida Kandil, CEO de MyTindy, Ahmed Elfaituri, co-fondateur et CEO de Speetar, Olfa Kilani, PDG de Kyto-Prod et Mourad Mohammed Benosman, co-fondateur d'YSA MED TECH.

Enfin, un parcours ad-hoc pour tous les candidats au programme Social & Inclusive Business Camp (SIBC) a été décidé, afin de « renforcer les capacités de croissance et la résilience face à la crise économique et sanitaire actuelle ».

Emerging Valley a d'ores et déjà annoncé sa prochaine édition qui se tiendra au cours du 3e trimestre 2021. Il devrait de nouveau mettre à l'honneur, les industries créatives et culturelles (ICC).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :