Soudan-USA : levée complète et imminente des sanctions économiques contre Khartoum

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Le président soudanais Omar Hassan al-Bashir.
Le président soudanais Omar Hassan al-Bashir. (Crédits : Reuters)
L’Administration du président Donald Trump, qui a récemment retiré le Soudan de sa liste des pays dont les citoyens sont indésirables aux Etats-Unis, se dirige vers une normalisation des relations soudano-américaines et annonce la levée complète et imminente des sanctions économiques imposées au pays de Omar Hassan al-Bashir, depuis plusieurs années.

Vers une normalisation officielle des relations soudano-américaines. Retiré récemment de la liste des pays visés par le décret migratoire de Donald Trump, le Soudan de Omar Bachir se verra bientôt libéré des sanctions économiques de Washington, imposées au pays africain depuis 1997. C'est en tout cas ce que révèle un officiel américain qui s'est confié à l'Agence de presse britannique Reuters.

Selon le haut responsable américain sous couvert de l'anonymat, les États-Unis se préparent à lever les sanctions économiques contre le Soudan qui durent depuis 20 ans. La même source indique que l'Administration du président Donald Trump, convaincue de «l'amélioration» de la situation des droits de l'homme et des progrès en matière de lutte contre le terrorisme, «devrait d'ailleurs annoncer sa décision dès ce vendredi 6 octobre».

Une main tendue des deux côtés

Si pour l'heure le département d'Etat américain ne souhaite pas encore commenter cette information, selon Reuters, le locataire de la Maison Blanche avait annoncé au mois de juillet dernier les couleurs d'une levée complète de l'embargo contre le Soudan à la mi-octobre. Pour rappel, le prédécesseur de Trump, Barack Obama, avait temporairement allégé «les peines» de l'embargo sur le commerce imposé par les Etats-Unis.

De son côté, le président Omar Hassan al-Bashir, recherché aujourd'hui par la Cour pénale internationale qui l'accuse d'avoir orchestré un génocide au Darfour, s'est montré très coopératif envers les Etats-Unis ces dernières années. Khartoum vient d'ailleurs de rompre ses relations diplomatiques avec la Corée du Nord pour faire plaisir à l'Oncle Sam qui considère le régime de Pyongyang comme une sérieuse menace.

Une décision prématurée ?

Sauf qu'aujourd'hui, si Washington semble oublier que c'est le Soudan qui fut l'hôte de l'ancien chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, ennemi juré de l'Amérique pendant des années, les défendeurs des droits de l'homme craignent une levée prématurée des sanctions contre le voisin du Tchad qui «persécute» et «multiplie» les atteintes préjudiciables envers les voix discordantes dans le pays.

«Ce sera une  erreur de lever les sanctions économiques contre le Soudan, car le pays n'a pas encore prouvé sa bonne foi en matière de respect des droits de l'homme», a déclaré à Reuters, Andrea Prasow, directeur adjoint de Human Rights Watch à Washington.

Et le droit-de-l'hommiste d'ajouter qu'«un gouvernement qui continue à bombarder indifféremment sa propre population et à emprisonner les défenseurs des droits humains ne devrait pas être récompensé». Un point de vue largement partagé par l'activiste Al-Buraq al-Nazir al-Warraq. Le directeur exécutif de l'Observatoire soudanais pour les droits de l'homme, un collectif suspendu par le gouvernement de Khartoum, a déclaré que la suppression des sanctions pourrait «ouvrir la voie» à d'autres violations des droits dans le pays.

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