Angola : João Lourenço forme un « gouvernement Dos Santos Bis »

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(Crédits : Reuters)
Après son investiture en grande pompe, João Lourenço a dévoilé la liste du premier gouvernement post-Dos Santos. Pas de grand chamboulement dans la constitution du cabinet. Le nouveau président a fait simple en entérinant «le changement dans la continuité». João Lourenço a puisé ses ressources humaines ministérielles… dans la base de données des CV de son prédécesseur.

L'expression «faire du neuf avec du vieux» prend ici tout son sens. Un cabinet de trente ministres, c'est une équipe gouvernementale élargie que João Lourenço a dévoilée au lendemain de son investiture, au cours de laquelle il a définitivement pris la succession de José Edouardo Dos Santos (38 ans au pouvoir).

Faire du neuf avec du vieux

Premier fait marquant dans l'effectif gouvernemental, neuf ministres du dernier gouvernement Dos Santos ont tous été reconduits dans le nouveau gouvernement... aux mêmes postes. Ainsi, les ministres des Finances, de l'Intérieur, de l'Industrie et de l'Agriculture restent inamovibles.

Sur la même lancée, d'anciens ministres et d'ex-secrétaires généraux sous Dos Santos ont été promus au rang de ministres avec portefeuille. L'ancien vice-ministre de la Défense, Salviano de Jesus Sequeira, et l'ancien secrétaire d'Etat aux Relations extérieures, Manuel Domingos Augusto, ont pris quelques galons ministériels.

A son investiture, João Lourenço s'est drapé dans les habits de l'homme du renouveau économique, capable de redresser un pays pétrolier en crise avec une dette publique de 70% du PIB, un taux d'inflation record et un déficit budgétaire au-dessus des 6% du PIB et une croissance en berne, estimée à 1,5% pour les prévisions les plus optimistes.

L'équation de la relance économique et l'ombre de la tutelle Dos Santos

Mais la nomination d'Augusto Archer Mangueira au département des Finances est-elle un bon signal pour espérer remettre l'économie du pays sur les rails ? Rien n'est moins sûr. Nommé il y a un an, cet économiste chevronné a échoué à relever un pays riche en pétrole, mais parmi les plus pauvres, avec un climat d'affaires qui se détériore de plus en plus pour des investisseurs frileux, lassés de voir leurs devises bloquées à Luanda. Difficile dans ce scénario de voir comment João Lourenço enfilera le costume de la relance du pays.

En réalité, le nouveau président est pris dans les filets du verrouillage du pouvoir par son prédécesseur. Avant de lui passer le relais, José Edouardo Dos Santos a pris le soin de nommer les figures les plus importantes autour de son successeur, sans possibilité de les limoger.

Avec Dos Santos qui conserve encore la présidence du MPLA, le parti au pouvoir -donc l'appareil politique du parti Etat- João Lourenço est résolu à jouer les seconds rôles, même assis sur le fauteuil du Palais Rose. Selon la formule de ce commentateur de la politique angolaise, «Tout a bougé pour que rien ne change».

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