Angola : le MPLA remporte les élections, João Lourenço succède à Dos Santos

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(Crédits : Reuters)
Personne ne s’attendait à un chamboulement de la vie politique angolaise. Il restait à mettre des chiffres sur les certitudes. C’est désormais chose faite avec l’annonce de la large victoire du MPLA, le parti au pouvoir, aux élections générales du 23 août dernier. Il y a toutefois un changement annoncé à la tête de l’exécutif. Après avoir talonné Teodoro Obiang Nguema sur le tableau du record longévité au pouvoir, José Edouardo Dos Santos va passer la main à João Lourenço. Doit-on pour autant s'attendre à un changement dans la gestion du pays ?

Avec la publication des résultats provisoires, la commission électorale confirme ce que les analystes politiques avaient déjà prédit et dont les rumeurs bruissaient bien avant l'ouverture des bureaux de vote.

Le MPLA gagne, l'opposition conteste

Avec une razzia de 64,57% des voix, le Mouvement patriotique pour la libération de l'Angola (MPLA) au pouvoir depuis 42 ans, a raflé les 18 provinces du pays, selon les chiffres provisoires de la commission électorale qui annoncent une participation de 76,83% en hausse de 9 points par rapport aux Générales de 2012.

Dans le détail de ces résultats déjà contestés, avec un score de 24,04%, l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) devient la deuxième force politique de l'échiquier politique angolais. La coalition d'opposition Casa-Ce, très vogue chez les jeunes citadins après avoir remporté 8 sièges aux élections de 2012, confirme sa progression avec un score de 8,56% des voix qui le place sur la troisième marche du podium.

L'annonce des résultats s'est accompagnée de protestations de la part de l'Unita et de Casa-Ce  qui dénoncent des résultats tronqués, qui ne reflètent la cartographie électorale du vote des 9 millions d'électeurs. L'Unita qui conteste déjà la victoire du MPLA, annonce qu'elle publiera ses propres résultats en rupture avec une commission électorale acquise au parti au pouvoir.

Pas sûr que la réplique du parti d'opposition après l'annonce des résultats déclenche une crise post-électorale. Casa-ce qui a joué la carte d'une publication « province par province » sur son site internet, s'est vu couper la connexion.

João Lourenço, successeur de Dos Santos, face aux défis du changement

Depuis la modification de la constitution en 2015, le parti arrivé en tête des élections générales désigne le président de la République. Un mode de vote au suffrage indirect qui avantage le MPLA, qui a accru sa popularité en profitant de son effectif - le parti compterait 4 millions d'adhérents- mais aussi des moyens de l'Etat notamment la télévision nationale, dans les régions reculées.

Avec le retrait anticipé de José Edouardo Dos Santos après 38 ans de règne -vraisemblablement pour raison de santé-, c'est João Lourenço, ancien ministre de la Défense désigné vice-président du parti lors du dernier congrès du MPLA, qui lui succède à la tête du pays. Une retraite dorée, à l'ombre d'un parapluie antiatomique pour le vice-recordman du record de longévité au pouvoir au monde qui a pris le soin d'amoindrir les pouvoirs de son successeur et placer sa famille au sein de l'appareil économique.

Les défis sont énormes pour le nouveau président. Deuxième producteur de pétrole en Afrique, l'Angola est frappé de plein fouet par la chute des cours mondiaux. La diversification d'une économie trop dépendante de la rente pétrolière est le premier travail d'Hercule du nouveau président.

Son système de gestion face à une jeunesse angolaise qui réclame plus de démocratie et de libertés individuelles, sera aussi passée à la loupe pendant son premier quinquennat. Les lignes semblent bouger pour une ouverture contrôlée. Toute la question est de savoir si le nouveau président va être un « Dos Santos Bis » ou s'il va se départir de sa tutelle.

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Commentaires
a écrit le 26/08/2017 à 12:06 :
longtemps j'ai été un voisin de l'Angola, chaque angolais que je rencontrai me faisait part des fraudes classiques à chaque élection , aujourd'hui les medias sont partout les smartphone de la jeunesse traque les irrégularités, les partis au pouvoir partout en Afrique ont de moins en moins de chances de frauder , arrivera un jour où cela ne représentera que une infime partie des votes , alors les longévités présidentielles dont vous semblez vous réjouir seront de l'histoire passée.

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