Togo : l'opposition bloque la session du parlement, la France appelle au consensus

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Le chef de de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre, prononçant un discours lors d'une manifestation le 7 septembre à Lomé, et dans lequel il a appelé à la démission du président Faure Gnassingbe.
Le chef de de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre, prononçant un discours lors d'une manifestation le 7 septembre à Lomé, et dans lequel il a appelé à la démission du président Faure Gnassingbe. (Crédits : Reuters)
La session extraordinaire, convoquée par l'Assemblée nationale togolaise ce 12 septembre 2017, a été suspendue 15 minutes après avoir débuté, contrainte par une opposition parlementaire déchaînée qui exigeait de mettre à l'ordre du jour la question des reformes. Pendant ce temps, la France après l'ONU, a appelé au consensus pour les réformes.

Le mouvement de contestation de l'opposition au Togo suit son cours. Convoquée ce mardi 12 septembre 2017, la session extraordinaire des parlementaires togolais a été suspendue et reportée aussitôt démarrée. En rogne contre la hiérarchie de l'Assemblée nationale, les parlementaires de l'opposition ont montré leur indignation vis-à-vis de l'ordre du jour de la session. Celle-ci portait entre autres sur le budget interne du parlement.

Pour les députés de l'opposition, il était «inacceptable» que face à la situation sociopolitique dans le pays, on ne mette pas les questions des réformes constitutionnelles, à l'ordre du jour.

«Nous trouvons cela extraordinaire et surréaliste. Vous êtes des élus du peuple, le peuple est dans la rue depuis plusieurs jours pour revendiquer quelque chose et vous ne pensez pas à l'inscrire à l'ordre du jour... Nous sommes là pour leur dire que ce n'est pas normal», a déclaré Brigitte Adjamagbo Johnson, présidente du CAP 2015, une coalition regroupant plusieurs partis dont l'Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition.

Cédant à la requête de l'opposition, le parlement a suspendu la session et a décidé de son report tout en convoquant une conférence des présidents des groupes parlementaires pour ce 13 septembre 2017.

L'opposition se radicalise et retire son projet de loi

La conférence prévue ce matin devrait porter sur les exigences de l'opposition. On s'attendait à l'ouverture d'une «longue procédure» pour inscrire à l'ordre du jour les revendications de modifications constitutionnelles portant sur la limitation du mandat présidentiel et le mode de scrutin à deux tours. Celles-ci sont inscrites dans un projet de loi introduit par l'opposition à l'Assemblée, le 29 juin 2016, comme l'a rappelé le président du parlement, Dama Dramani dans son renvoi de la session, ce 12 septembre.

Mais seulement, l'opposition s'est déjà radicalisée ce matin, demandant un abandon du projet de loi introduit pour un retour «pur et simple» à la Constitution de 1992.

«Tous les députés, de manière commune, demandent au président de l'Assemblée nationale de retirer purement et simplement, la proposition de loi modifiant les articles 38, 52, 59, 60, 100, 101, 144 et 145 de la constitution du 14 octobre 1992 », a déclaré Jean Eklou, un élu de l'ANC, à la presse locale.

Selon lui, le peuple togolais ne demande que la Constitution dans sa «forme originelle», votée lors du référendum de septembre 1992 à plus de 95%. Cette «vieille-nouvelle » revendication risque de compliquer les choses.

Le gouvernement ayant déjà montré sa voie en adoptant les avant-projets de loi lors d'un conseil des ministres du 5 septembre, on aurait pu s'attendre à une évolution rapide de la situation.

Entre temps, une troisième possibilité a fait surface. Elle provient du compte rendu de la commission de réflexion sur les réformes politiques, institutionnelles et constitutionnelles (CRRPIC) transmis au chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, le 8 septembre, et qui fait état des recommandations sur les réformes. «Le dossier rendu est composé d'un rapport sur les auditions et consultations effectuées ; d'un document portant propositions de réformes par voie parlementaire, accompagné aussi d'une note explicative ; d'un document portant projet d'une nouvelle constitution, accompagné aussi d'une note explicative», reprend un communiqué de la CRRPIC, ce 12 septembre 2017.

Après l'ONU, la France appelle au consensus et à la responsabilité

La suspension et le report de la session extraordinaire du Parlement a eu des échos à l'extérieur du Togo. Attentive à la situation politique du pays, la France a réagi en appelant à la responsabilité et au consensus des acteurs politiques togolais. «La France a suivi avec attention les événements des dernières semaines au Togo. Elle appelle à un esprit de responsabilité et de consensus pour mettre en œuvre la révision constitutionnelle dont le principe est agréé tant par le gouvernement que par l'opposition, en cohérence avec l'accord politique global de 2006», peut-on lire dans un extrait d'un point de presse du Quai d'Orsay, ce 12 septembre 2017.

La France emprunte ainsi une voie similaire à celle des Nations Unies. Suite à une rencontre le 7 septembre dernier avec Faure Gnassingbé et Jean-Pierre Fabre, séparément, Mohamed Ibn Chambas, représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest avait appelé à un travail consensuel.

«J'ai invité tous les acteurs à préserver la paix et la sécurité qui constituent désormais des atouts précieux en Afrique de l'Ouest au vu de la situation sécuritaire dans notre sous-région et le Togo a su préserver ces atouts jusqu'à présent», avait confié le diplomate.

Selon lui, le pouvoir et l'opposition sont tous les deux «disposés» à faire évoluer les réformes par le «dialogue et dans un cadre républicain afin de parvenir à un consensus» qui réponde aux aspirations du peuple togolais.

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a écrit le 20/09/2017 à 6:50 :
Quel consensus au juste la France en train de parler! Le peuple reclame "Sa constitution de 1992" qui est vole et viole en commun accord avec eux. Au lieu que Macron appelle son fiston faure de remettre la constitution de 1992 en place et faire ce que le peuple lui demande c'est a dire se demissioner et il parle de consensus de consensus. Que Macron essai de faire un efforts d'appeller faure a l'ordre c'est a dire lui conseiller remttre la constitution de 1992 en place comme le demande le peuple...il oubli que la voix du peuple c'est la voix de Dieu?
a écrit le 20/09/2017 à 6:43 :
Quel consensus au juste la France en train de parler! Le peuple reclame "Sa constitution de 1992" qui est vole et viole en commun accord avec eux. Au lieu que Macron appelle son fiston faure de remettre la constitution de 1992 en place et faire ce que le peuple lui demande c'est a dire se demissioner et il parle de consensus de consensus. Que Macron essai de faire un efforts d'appeller faure a l'ordre c'est a dire lui conseiller remttre la constitution de 1992 en place comme le demande le peuple...il oubli que la voix du peuple c'est la voix de Dieu?
a écrit le 14/09/2017 à 6:25 :
Depuis 1963 la France est le mal dont le togo souffre. Elle a cause beaucoups de morts au Togo et partout en Afrique. Macron le peuple dit que les 50 ans, ca suffit, dit a Faure de donner sa demission, il ne faut encore commencer comme d'habitatude par parler de consensus et tuer encore des Togolais. Assez 1963 n'est pas 2017 ou on va se mesurer pour en finir avec cette dynasty que vous nous imposez
a écrit le 13/09/2017 à 18:52 :
Que la France ne se mele pas du tout de ce qui se passe au Togo. Nous Togolais avons l'intention de tout refaire au Togo et quiconque entravera notre chemin payera le prix fort.
Je veux que les Francais vivant au Togo devrons sérieusement s'inquiéter si leur pays venait à prendre parti pour le tyran.
Réponse de le 17/09/2017 à 18:48 :
La paix, oui la paix. Mais jusqu'à quand va durer la dynastie Gnansigbé? "On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs". Par ailleurs, le code de la route nous enseigne qu'il existe ce qu'on appelle "Le point de non retour" quand un conducteur de véhicule enclenche une manœuvre de dépassement. "
Nos frères Togolais ont intérêt à s'inspirer de la leçon assénée à la CEDEAO et à l'UA pour prendre en main son destin.
Si l'on se réfère aux agissements de la France depuis Sylvanus Olympio jusqu'à ce jour, ce pays-là est très mal placé pour donner des leçons au peuple togolais.
Cette situation me rapelle les paroles de l'Internationale : "Il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César ni tribun" (citation restituée de mémoire) et à laquelle je suis tenté d'ajouter "ni communauté internationale".

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